Élan de solidarité à Alger envers les réfugiés syriens

Des membres de l'association algérienne Ness el Khir aux côtés des réfugiés syriens dans le square de Port Saïd. Toutes les photos ont été envoyées par notre Observatrice.
 
Ces derniers mois, des centaines de milliers de personnes ont fui la Syrie, pays en guerre. Un exode massif qui ne concerne pas uniquement les pays limitrophes mais touche aussi des pays plus éloignés comme l’Algérie. Dans la capitale, plusieurs associations travaillent sans relâche pour venir en aide aux plus indigents d’entre eux. 
 
En un mois, plus de 12 000 réfugiés syriens sont arrivés en Algérie. Les plus démunis ont d’abord élu domicile dans le square de Port Saïd, en plein centre de la capitale, avant d’être pris en charge par des associations locales.
 
Les autorités algériennes ont, quant à elles, proposé mardi dernier d’aménager des camps avec le concours du Croissant rouge, la branche locale du Comité international de la Croix rouge. Parallèlement, le gouvernement tente de contenir l’afflux de réfugiés : depuis quelques jours, les autorités algériennes vérifient à l’aéroport que les nouveaux arrivants syriens ont bien un billet de retour pour Damas.
 
Les réfugiés syriens dans le square de Port Saïd à Alger.
Contributeurs

"Ils disent tous qu’aussitôt que la situation se calmera, ils retourneront en Syrie. Ils ne veulent pas être associés à l’opposition de quelque manière que ce soit."

Nassima Guettal est membre du Réseau de défense des libertés et de la dignité (RDLD), une association humanitaire qui vient en aide aux familles besogneuses en Algérie.
 
 
Les réfugiés syriens ont choisi l’Algérie par élimination : Air Algérie est une des rares compagnies à continuer à desservir la Syrie. Ses vols partent de Damas vers l’Algérie, le Soudan ou l’Egypte. Les réfugiés ont opté pour la première destination, sans doute par souci de sécurité.
 
Au début, ils se sont installés dans des hôtels. Mais au bout de quelques semaines, les plus modestes d’entre eux n’avaient plus d’argent pour payer et ils ont commencé à squatter le square de Port Saïd. Le patron d’un restaurant qui se trouve à quelques mètres du square les a remarqués. Pour leur venir en aide, il leur a préparé un dîner le premier jour du ramadan. Alertée par les journaux locaux, je me suis également rendue sur les lieux et j’ai proposé l’aide de notre association au restaurateur. Dès le troisième jour, nous avons commencé à partager l’information notamment sur Facebook pour inciter les gens à participer.
 
J’avoue que l’élan de solidarité des Algériens m’a agréablement surprise. Je ne m’attendais pas à ce que les gens soient aussi réactifs et généreux. Très vite, nous avons reçu des dons en nourriture, des vêtements ou de l’argent. On recevait jusqu'à plus de 80 appels par jour de gens qui voulaient faire des dons ! Pour l’anecdote, les Syriens n’ont pas beaucoup aimé la cuisine algérienne, nous avons donc ramené un chef syrien pour leur cuisiner les plats auxquels ils sont habitués.
 
"La menace de l’expulsion plane toujours sur les réfugiés"
 
Ce n’est qu’à partir de mardi dernier que les organismes officiels ou internationaux se sont penchés sur le cas de ces réfugiés. Les autorités ont déclaré qu’elles allaient les loger dans des camps de réfugiés mis en place par le Croissant rouge à Sidi Fredj [à 30 kilomètres à l’ouest d’Alger]. Mais les réfugiés ont refusé de passer plus d’une nuit là-bas et je les comprends : ils ne disposaient que de deux toilettes et deux douches pour 160 personnes ! Ils ont donc préféré revenir au square. Heureusement, là encore, la solidarité a été au rendez-vous : grâce aux dons d’argent, nous avons pu les loger dans les hôtels et certains ont même été accueillis par des familles algériennes. Mais en journée, ils continuent à se retrouver dans le square. C’est là que nous continuons à leur distribuer quotidiennement des repas.
 
Malheureusement, la menace de l’expulsion plane toujours. Hier, des policiers sont venus au square et leur ont demandé leurs passeports pour vérifier leurs dates d’entrée en Algérie. Théoriquement, ils n’ont pas le droit de rester ici plus de 90 jours sans carte de résidence. Le Haut commissariat aux refugiés leur a distribué des documents leur permettant de faire une demande de réfugiés politiques mais ils refusent. Ils disent tous qu’aussitôt que la situation se calmera, ils retourneront en Syrie et ils ne veulent pas être associés à l’opposition de quelque manière que ce soit. Ils ont peur pour leur sécurité, d’ailleurs, ils refusent catégoriquement de parler avec la presse ou de se laisser filmer.
 
Dans la cuisine du restaurant, avec le chef syrien.
 
 
La préparation des plateaux repas.
 

Commentaires

Syrien tout simplement

Ils sont partis parce que c'est certainement très difficile de vivre sous les bombardements, ils ne sont ni pro régime ni opposants, syriens tout simplement qui aiment leur pays ; pour ma part je suis choqué par les réponses d'une extrême méchanceté laissées à mon encontre de la part des opposants dès qu'un commentaire n'est pas à leur goût, les médias jouent le jeu de vilains, mais qui ne comprennent pas les commentaires en arabe laissés par des opposants et qui incitent à la haine inter-religieux, je m'arrête là sinon mon commentaire sans utilité ne sera pas publié ; comme disait Coluche : je suis ni pour ni contre, bien au contraire.

Enfin quelqu'un pourra m'expliquer quelle différence y a t il entre un musulman chiite, alaouite, sunnite, wahabite, ... ? Aucune, même si j'ajouterai chrétien orthodoxe, protestant ou catholique, la réponse reste la même. Des femmes et des hommes avant tout.

Rendons à César ce que est à César

Je reconnais les T-Shirts bleus de l'association Ness el Khir. C'est une association non gouvernementale de jeunes. Ces personnes ne sont nullement du HCR;



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