Violences entre hindous et musulmans en Inde : "Ils sont tellement choqués qu’ils n’ouvrent plus la bouche"

Toutes les photos ont été prises par notre Observateur au sein de son établissement qui abrite des réfugiés.
 
Les affrontements interethniques entre hindous et musulmans qui secouent l’État de l’Assam, dans le nord-est de l’Inde, ont déjà fait 50 morts et près de 400 000 déplacés. La plupart d’entre eux ont trouvé refuge dans des écoles où ils vivent entassés, grâce à l’aide humanitaire. Témoignage d’un directeur de lycée qui accueille 2 000 réfugiés.
 
L’origine du conflit entre les Bodos, une ethnie hindoue autochtone de l’État de l'Assam, et les musulmans originaires du Bangladesh voisin arrivés dans les années 1970 reste difficile à déterminer, même pour ses propres acteurs. Les affrontements, qui éclatent régulièrement depuis plusieurs décennies entre ces communautés culturellement et linguistiquement différentes, sont souvent liés à des différends territoriaux. En 2008, 70 personnes avaient déjà été tuées à Kokrajhar dans des violences entre Bodos et musulmans.
 
Cette fois-ci, c’est un groupe de jeunes musulmans de Kokrajhar qui aurait mis le feu aux poudres en appelant à manifester contre le retrait d’un panneau aux abords d’une mosquée. S’en sont suivis de violents affrontements entre des bandes armées se réclamant des deux communautés. Des maisons ont été incendiées, obligeant de nombreux habitants à fuir.
 
Première communauté tribale de l'Assam, les autochtones bodos représentent 10 % de la population de cet État où cohabitent une cinquantaine d’ethnies. Les Bodos craignent que l’arrivée, très importante ces dernières années, de nombreux musulmans du Bangladesh ne remette en cause leur espoir d’obtenir un jour l’indépendance de l’État de l’Assam.
 
Le Premier ministre Manmohan Singh, qui s’est rendu dimanche dans deux camps de réfugiés, l’un peuplé de Bodos, l’autre de musulmans, a promis qu’une enquête serait ouverte sur ces incidents et que trois milliards de roupies [44 millions d’euros] d’aides humanitaires seraient débloquées pour la région.
 

Contributeurs

"Il m’ont dit qu’il était hors de question qu’ils rentrent chez eux dans l’état actuel des choses"

Monowar Hussain est directeur d’un lycée de Raniganj, une cité située à la périphérie de la ville de Bilasipara, dans l’État de l’Assam. Environ 2 000 déplacés musulmans ont trouvé refuge dans son établissement après les violences.
 
J’ai accueilli les premiers réfugiés le 20 juillet et, encore aujourd’hui, ils continuent d’arriver par petits groupes. Il y a des hommes, des femmes, des personnes âgées et énormément d’enfants. La plupart ont fait une dizaine de kilomètres pour nous trouver [ils viennent de Kokrajhar, la ville la plus affectée par les violences, NDLR].
 
Pendant l’année scolaire, environ un millier d’élèves sont inscrits ici. En ce moment, il y a 2 000 réfugiés : l’établissement est bondé. Les élèves devaient reprendre les cours cette semaine, mais la rentrée a été repoussée par les autorités locales afin qu’elles puissent trouver une autre solution. Pour l’heure, il n’y a aucune structure adaptée à la situation.
 
Les conditions de vie, et notamment d’hygiène, sont dramatiques. On manque de latrines, par conséquent les enfants doivent se contenter d’aller aux toilettes à l’extérieur. Les odeurs sont vraiment difficiles à supporter. On leur a apporté des médicaments, mais aucun de ces réfugiés n’a bénéficié d’un examen médical approfondi. Heureusement, aucun d’entre eux n’a été blessé dans les violences. Le gouvernement a distribué de la nourriture - du riz, de l’huile, du sel - et des voisins ont apporté des vêtements. Pour autant, cette situation ne peut pas durer.
 
"Certains sont tellement choqués qu’ils n’ouvrent plus la bouche"
 
 
Ce matin, j’ai demandé à certains d’entre eux s’ils voulaient rentrer chez eux. 'Hors de question', m’ont-ils répondu. La plupart ont vu leur maison détruite et se retrouvent sans domicile. Ils craignent en plus d’être attaqués s’ils rentrent. Certains ont tout de même précisé que, si les autorités assuraient leur sécurité, ils retourneraient chez eux.
 
Ils sont dans un véritable état de panique et discuter avec eux est très compliqué. Je n’ose pas tellement leur demander de parler des choses qu’ils ont vécues. Certains sont tellement choqués qu’ils n’ouvrent plus la bouche.
 
Personne n’est aujourd’hui capable de dire comment tout ça a commencé. Ils m’expliquent qu’ils ont normalement de bonnes relations avec les Bodos. Ils ont vécu très longtemps côte à côte, certain parlent même bodo. Ce n’est certes pas la première fois que des affrontements éclatent entre les deux communautés mais la violence des récents affrontements les a pris par surprise.

Commentaires

génocide birmani contre musulman

http://www.youtube.com/watch?v=Fw5duzKEwLQ&feature=plcp
voilà ce qui ce passe réellement la bas vidéo violente +18

C'est quand méme bizarre que

C'est quand méme bizarre que dans ces commentaires(inde,birmanie) on commence toujours en disant que c'est la faute des musulmans,qu'ils ont allumé la mèche!!ensuite en faisant quelques recherches on se rend compte que ces mémes musulmans font partis des minorités les plus persecuté au monde et que ca dure depuis très longtemps sans pour autant que les gouvernements de ces pays fasse quoi que ce soit pour les protéger!!!au contraire ils soutiennent les massacre de musulman,parfois méme tres ouvertement comme c'est le cas en birmanie!



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