Retour en images sur les émeutes qui ont fait reculer le pouvoir sur un projet de pipeline polluant

Selon les internautes et notre Observateur en Chine, cette photo montre Sun Jianhua, le secrétaire du Parti communiste de Qidong, pris à parti par les manifestants.
 
La violente manifestation de samedi à Qidong, ville côtière de l’est de la Chine, a conduit à l’abandon total de la construction d’un pipeline jugé polluant par les habitants. D’après les images amateurs de cette journée, qui s’est soldée par des émeutes, les écologistes semblaient prêts à tout pour ne pas laisser faire.
 
Samedi, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Qidong, n’hésitant pas à basculer dans la violence. Plus d’un millier de protestataires ont forcé les portes du siège du gouvernement. Les émeutiers ont brisé des fenêtres, saccagé des bureaux et dérobé des caisses d’alcool et de cigarettes, considérées généralement comme des symboles de pot-de-vin dans le pays. Les images qui circulent sur les sites de microblogging témoignent de ces actes de vandalisme. Les protestataires auraient par ailleurs battu deux policiers, selon Reuters.
 
Deux policiers agressés par les manifestants. 
 
Les habitants de la ville ne supportaient pas l’idée qu’une canalisation longue de 100 kilomètres puisse rejeter chaque jour, dans la mer qui borde leur ville, 150 000 tonnes d’eaux usées déversées par une papeterie japonaise. Depuis le début du mois de juillet, ils sont mobilisés, notamment sur Internet, et ont finalement réussi à faire plier, samedi, le gouvernement local sur la construction de ce projet, pourtant lancé en 2007.
 
 
 
 
En plus des risques qu’il faisait peser sur l’environnement maritime - et donc sur les activités de pêche de Qidong - ce projet de pipeline leur était d’autant plus insupportable qu’il est piloté par une entreprise japonaise, Oji Paper Co. Or, la Chine et le Japon ont actuellement des relations délicates, les deux pays se disputant depuis deux ans la souveraineté d’un archipel en mer de Chine orientale (les îles Senkaku en nippon, les îles Diaoyu en chinois). Dans ce contexte, certains manifestants ont accusé les autorités de "vendre le pays".
 
Sur ces affiches de campagne diffusées sur Internet début juillet, les pertes de l'industrie de la pêche dûes à la pollution du pipeline étaient estimées à 200 000 tonnes par les manifestants.
 

 
Les événements de samedi ainsi que la volte-face du gouvernement ont inspiré un éditorial du Quotidien du peuple. Dans son édition de lundi, le journal officiel du Parti communiste chinois enjoint les autorités à "mettre sur pied un mécanisme de prise de décision ouvert et transparent. […] Le mécontentement croissant des Chinois face à la dégradation accélérée de leur environnement doit être l'occasion, pour Pékin, de développer des industries moins polluantes", une prise de position inédite de la part du média officiel.
 
Plusieurs villes chinoises ont récemment été le théâtre d’importantes manifestations contre des projets jugés dangereux pour l’environnement et certaines mobilisations ont réussi à faire plier les autorités.
 
Vidéo tournée dans les rues de Qidong samedi 28 juillet. 
 
Toutes ces photos ont été diffusées sur les sites de microblogging chinois, puis traduites et légendées sur le blog Ministry of Tofu
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