Une banlieue de Californie en ébullition après plusieurs interventions meurtrières de la police

 
Mardi 24 juillet, pour le quatrième jour consécutif, les habitants d’Anaheim, en Californie, sont descendus dans la rue pour dénoncer le décès de deux personnes dans ce qu’ils considèrent comme des bavures policières. Un rassemblement qui a très vite dégénéré.
 
Les troubles ont éclaté à la suite du décès de deux hommes tués par balles par la police au cours d’incidents séparés. Manuel Angel Diaz a été atteint d’une balle dans la tête, samedi 21 juillet, alors qu’il tentait d’échapper à une intervention des forces de l’ordre. Sa mère a porté plainte contre le département de police auprès de la Cour fédérale. Ses avocats ont affirmé que Manuel Angel Diaz avait reçu une balle par derrière alors qu’il n’était pas armé et, qu’après être tombé sur ses genoux, il avait reçu une autre balle derrière la tête. La police a de son côté reconnu avoir commis une erreur d’appréciation en croyant qu’il était armé. Le même soir, un autre homme, Joel Matthew Acevedo, a été tué par balles après avoir lui-même ouvert le feu sur un officier de police.
 
Au total, cinq personnes ont été tuées par balles par la police à Anaheim au cours de cette année. Mardi, le maire de la ville a demandé au FBI d’enquêter sur les circonstances de la mort des deux dernières victimes. Comme celles-ci étaient d’origine latino-américaine, nombreux parmi cette communauté qui représente plus de la moitié de 340 000 habitants de la ville ont exprimé leur inquiétude.
 
Mardi soir, les forces de l’ordre sont parvenues à disperser les manifestants rassemblés spontanément et pour le quatrième jour consécutif, devant la mairie de la ville en faisant usage d’armes "non létales". Au moins 24 personnes ont été arrêtées et six blessées dans les affrontements. Parmi ces derniers figurent trois manifestants, deux journalistes et un officier de policier.
 
Cette vidéo a été diffusée en live-streaming pas notre Observateur à Anaheim, mardi soir. Dans les premières minutes, des policiers sont filmés alors qu’ils tirent des capsules de gaz au poivre sur les manifestants.
Contributeurs

"Nous avons un groupe de gens qui s’indigne des brutalités policières. Et que fait la police ? Elle tire sur eux"

Tim Pool travaille dans le secteur des technologies à Los Angeles. Il a diffusé en live-stream des images des émeutes de mardi soir. Il avait déjà diffusé des directs sur Internet du mouvement Occupy Wall Street l’an dernier à New York, et des manifestations survenues au printemps dernier à la suite de la mort de Trayvon Martin.
 
La tension est montée progressivement tout au long de l’après-midi. Quand je suis arrivé vers 20 heures, le climat était explosif. Ils étaient environ 200, pour la plupart des Latinos, à faire face à un nombre équivalent de policiers équipés de l’attirail complet des forces anti-émeute. Les policiers n’étaient pas tous d’Anaheim, certains étaient venus en renfort d’autres villes du comté.
 
La police a annoncé qu’elle allait procéder à des arrestations si la foule ne se dispersait pas. À peine une minute plus tard, et sans aucun avertissement, ils ont commencé à tirer sur les manifestants en faisant usage de toutes sortes d’armes qu’ils appellent 'non létales' - ils ont tiré des capsules de gaz au poivre, des 'sacs à fève'  et des balles en caoutchouc. Une adolescente a été atteinte par trois impacts au niveau de la jambe. Il me semble qu’elle a été blessée par des 'sacs à fève'. Les impacts lui avaient carrément arraché la peau. Elle ne pouvait pas marcher et a dû être évacuée. Parmi les manifestants, certains se sont enfuis, d’autres ont jeté des pierres et des bouteilles sur les policiers. Des feux ont été déclenchés en divers endroits par les manifestants.
 
Ce qui est choquant, c’est qu’il y avait beaucoup d’enfants - certains avaient 10, 11, peut-être 12 ans. Il y avait aussi des bébés dans des poussettes. Une femme avait même glissé des pierres dans les poches de la poussette où était installé son bébé. Apparemment, elle voulait les jeter sur les policiers.
 
" La police n’a effectué aucun tir de sommation "
 
Avant Anaheim, j’ai eu l’occasion de couvrir plusieurs émeutes où la police a fait usage d’armes dites 'non létales'. D’habitude, ils prennent la peine d’avertir avant de passer à l’acte. Ici, ils ne l’ont pas fait. Ils n’ont pas effectué de tir de sommation non plus. C’était à la fois un manque de professionnalisme et de coordination qui a alimenté la colère au lieu de calmer les esprits. Je les ai vu arrêter une personne qui essayait de leur expliquer qu’il se rendait à l’épicerie pour faire des courses, et qu’il n’avait rien à voir avec la manifestation. Ils ont aussi arrêté des enfants en skateboard et des personnes qui traversaient la rue : tout ceux qui étaient à portée de main, sans distinction.
 
" Si la police ne change pas de méthode, il y aura davantage d’émeutes "
 
À un moment, un véhicule de police a freiné tout près de moi, un officier a bondi de la voiture et pointé son fusil dans ma direction. Il était juste à quelques mètres. Heureusement, j’ai tout de suite brandi ma carte de presse [plusieurs journalistes ont indiqué que la police leur a tiré dessus, dans la soirée de mardi].
 
Cette manifestation était spontanée. Les manifestants n’étaient pas des activistes, juste des habitants d’Anaheim en colère. Nous avons un groupe de gens qui s’indigne des brutalités policières, et que fait la police ? Elle tire sur eux. Si la police ne change pas de méthode, il y aura davantage d’émeutes.
 
 
Sur cette vidéo, on peut entendre des jeunes crier "Justice!" and "N--- la police !" aux policiers.

Commentaires

La chimère !!!

C'est pas en Syrie ???

La oi c'est la loi

Mais la police c'est la loi, donc si vous ne respectez pas la loi, c'est normal que la police soit brutal.
Il faut obtempérer.

Oui mais !!!

Oui, la police c'est la loi, mais la loi, c'est le peuple qui la rédige via des élus. Et s'il le veut, le peuple peut gommer la loi pour en créer une autre. Bref, dans une "démocratie", la police est l'outil du peuple....pour se suicider !!!



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