Après avoir découvert ce sport grâce aux médias en 2005, j’ai commencé à m’entraîner avec un petit groupe d’amis, de façon complètement informelle, dans des salles de sport. J’étais, en parallèle, professeur d’éducation physique. Deux ans plus tard, j’ai entendu dire qu’une équipe de 'parkour' se constituait au Caire et cherchait un coach. Je me suis proposé. Nous avons effectué notre premier vrai entraînement en tant qu’équipe de 'traceurs' le 31 mars 2008.
Grâce aux réseaux sociaux, le 'parkour' s’est fait connaître dans d’autres villes du pays. Aujourd’hui, nous comptons une soixantaine de membres répartis sur plusieurs sections comme celles d’Assiout, d’Alexandrie, ou de la ville du 6-Octobre.
Il existe deux types d’entraînement : outdoor et indoor. Les élèves commencent par apprendre les fondamentaux du 'parkour' en salle. Cela dure en moyenne deux semaines. À l’issue de cette période, le coach peut juger si l’élève est apte à s’entraîner en extérieur.
Désormais, nous effectuons régulièrement des cascades pour des films : une personne qui se fait renverser par une voiture, des courses-poursuites, etc. Nous sommes également invités à participer à des concours et à des performances à l’étranger. En 2009, nous avions ainsi participé à la première de 'Arab’s Got Talent' au Liban.
" Nous sommes parfois harcelés par la police et par des passants qui nous prennent pour des voyous"
Il n’existe pas de fédération ni de règles encadrant le 'parkour'. C’est un sport qui célèbre la liberté, une discipline qui permet à chacun d’exprimer ce qu’il a à l’intérieur de lui par le mouvement. Et puis c’est un sport d’obstacles. C’est comme dans la vraie vie : il faut les franchir pour avancer.
Démonstration de "free running".
Nous pratiquons aussi le 'free running', qui est davantage basé sur les acrobaties et qui relève plus de la performance artistique, du show, alors que le 'parkour' consiste plus en des mouvements efficaces et sobres.
La plus grande difficulté pour nous a été de trouver des salles pour s’entraîner, parce que les équipements coûtent très chers. En Égypte, il n’existe à ce jour aucun sponsoring pour ce genre d’activité. Par ailleurs, quand on s’entraîne en extérieur, on est parfois harcelé par la police, ou même par des passants qui nous prennent pour des voyous.
On aime particulièrement s’entraîner dans le quartier de Gizeh, près des pyramides, car le panorama est magnifique quand on est en hauteur.
Nos cours sont ouverts à tous. Le plus jeune de nos élèves est âgé de cinq ans. Nous avons aussi des personnes de 50 ans qui viennent s’entraîner avec leurs enfants. Il n’est pas nécessaire d’être sportif pour commencer le 'parkour', mais il est sûr qu’une bonne condition physique est un atout. Il faut, en moyenne, huit mois pour former un 'traceur'.