Nous avons déjà vécu des grosses tempêtes ici, mais elles durent généralement une heure ou deux. Celle-ci a duré presque dix heures [dans le centre de Pékin]. Quand ça a commencé samedi après-midi, on ne pouvait pas mettre le pied dehors et cela ne s’est pas arrêté jusqu’à 23 heures. C’était absolument terrifiant.
Des passants aident une automobiliste à pousser sa voiture dans une rue inondée.
Les inondations ont été d’autant plus terribles que la ville de Pékin manque cruellement de bouches d’égouts. Dans ma rue, il y avait au moins un mètre d’eau. Cette ville est totalement plate. Elle n’est pas construite pour faire face à un tel déluge. De nombreuses stations de métro et des tunnels souterrains ont été inondés car l’eau n’avait nulle part d’autre où aller. D'ailleurs, même lors de petites tempêtes, ma rue se retrouve très vite avec un demi-mètre d’eau.
Pour autant, je ne pense pas que la ville a aussi mal géré la situation que certains le disent. Vingt-quatre heures avant que la tempête ne commence, les autorités ont alerté les habitants ; j’ai donc eu le temps de me préparer. Comme ma rue est propice aux inondations, des employés de la ville se sont positionner avec des machines à pomper avant même que la tempête commence ; sans eux, ça aurait certainement été bien pire.
Pékin est une ville tellement grande qu’on ne peut pas envoyer des employés drainer toutes les rues inondées. Ce serait le chaos, mais surtout ils n’ont pas assez d’employés pour cela ! La catastrophe était donc inévitable dans une ville immense, plate et qui manque d’égouts
Le ciel s’est éclairé dimanche, et quasiment toute l’eau a disparu. Dans le centre de la ville, c’est presque comme s’il ne s’était jamais rien passé. Cependant, dans les banlieues, qui ont vécu les pires heures de la tempête, les habitants et les autorités continuent à débarrasser les rues des décombres.