Les gens n’osent plus sortir, sauf pour acheter des provisions. Là où je suis, beaucoup de magasins d’alimentation sont fermés. Dans les quelques boutiques qui sont restées ouvertes, j’ai vu beaucoup d’étagères vides. Et il y avait seulement deux pharmacies ouvertes dans tout le quartier. Quant aux commerces de vêtements et autres produits qui ne sont pas de première nécessité, je n’en ai vu aucun d’ouvert.
Photo prise par Sara P. à Tijara vendredi : "C'est l'un des quartiers les plus huppés de Tijara. Dans d'autres zones, notamment à Mezzé où vivent des amis à moi, la situation est bien pire".
Nous n’avons pas eu d’eau dans les robinets pendant toute la journée d’hier, et les rues sont envahies par les immondices parce que les éboueurs, craignant les accrochages, ne se sont pas rendus au travail depuis deux jours. Des amis m’ont dit que même les quartiers huppés ne sont pas épargnés.
Ici, nous entendons en permanence les tirs d’obus et le bruit des hélicoptères qui survolent Kaboun. Des familles ont fui par dizaines cette zone. Elles ont été installées dans des écoles par le Croissant-Rouge, notamment à al-Qudsaya et Irmana. Je vais me porter volontaire pour aider ces familles, parce que certaines sont parties sans même avoir emporté de vêtements.