La peur se propage parmi les habitants de Damas

Photo postée par @NMSyria, un activiste syrien, sur son compte Twitter jeudi 19 juillet.
 
Alors que les combats font rage à Damas, la majeure partie de la population se calfeutre chez elle. Des centaines de familles ont déjà fui les zones où s’affrontent l’Armée syrienne libre et les forces régulières, tandis que le pain et le carburant viennent déjà à manquer dans de nombreux quartiers.
  
Depuis l’attentant contre le bureau de la Sécurité nationale et le début des combats à Damas, la peur s’est emparée de la population. Alors que débute le mois de ramadan, les mêmes scènes se déroulent aux quatre coins de la ville : des files interminables devant les boulangeries et les stations-service et des centaines de réfugiés fuyant les combats qui s’installent dans des écoles réquisitionnées par le Croissant-Rouge syrien. Seuls les habitants des quartiers chics sont jusqu’à présent épargnés par les combats et la pénurie, mais eux aussi vivent dans la crainte que la situation dégénère.
 

"Les rues sont envahies par les immondices, les éboueurs ne se sont pas rendus au travail depuis deux jours"

Sara habite dans le quartier Tijara, en banlieue de Damas, non loin de la zone de Kaboun en proie à de violents affrontements.
    
Les gens n’osent plus sortir, sauf pour acheter des provisions. Là où je suis, beaucoup de magasins d’alimentation sont fermés. Dans les quelques boutiques qui sont restées ouvertes, j’ai vu beaucoup d’étagères vides. Et il y avait seulement deux pharmacies ouvertes dans tout le quartier. Quant aux commerces de vêtements et autres produits qui ne sont pas de première nécessité, je n’en ai vu aucun d’ouvert.
 
Photo prise par Sara P. à Tijara vendredi : "C'est l'un des quartiers les plus huppés de Tijara. Dans d'autres zones, notamment à Mezzé où vivent des amis à moi, la situation est bien pire". 
 
Nous n’avons pas eu d’eau dans les robinets pendant toute la journée d’hier, et les rues sont envahies par les immondices parce que les éboueurs, craignant les accrochages, ne se sont pas rendus au travail depuis deux jours. Des amis m’ont dit que même les quartiers huppés ne sont pas épargnés.
  
Ici, nous entendons en permanence les tirs d’obus et le bruit des hélicoptères qui survolent Kaboun. Des familles ont fui par dizaines cette zone. Elles ont été installées dans des écoles par le Croissant-Rouge, notamment à al-Qudsaya et Irmana. Je vais me porter volontaire pour aider ces familles, parce que certaines sont parties sans même avoir emporté de vêtements.
 
 
 
 "Un prêtre a ouvert l’école d’Assia à Baba Touma aux réfugiés. Ils ont besoin de denrées alimentaires." Tweet posté jeudi 19 juillet.
   

"J’ai vu de longues file d’attente devant les rares boulangeries encore ouvertes et les stations-service"

Kareem est employé dans une entreprise de marketing au centre de Damas
 
J’ai la chance de travailler dans un quartier aisé. Ici, nous entendons tout le temps des tirs et des explosions, mais aujourd’hui ils ont sensiblement baissé d’intensité.
 
Vidéo montrant une longue file d'attente devant une boulangerie dans une rue de Damas. Postée le 19 juillet.
 
J’ai vu de longues file d’attente devant les rares boulangeries encore ouvertes et les stations-service. En revanche, je n’ai pas remarqué de manque particulier dans les magasins d’alimentation au niveau de la zone située entre Abou Roumane et Mezzé, où je vis, à l’exception des bouteilles d’eau qui commencent à se faire rares.
 
À cause de l’insécurité, les transports assurant la liaison entre la capitale et ses environs sont pratiquement à l’arrêt. Du coup, les gens ne peuvent plus se rendre au travail. Je ne me suis pas rendu au bureau non plus depuis trois jours. Je ne cours aucun danger, mais je sais que je n’y trouverai personne.
  

"Je ne suis pas sorti de chez moi depuis trois jours"

Ahmad habite à New Cham, dans la banlieue ouest de la capitale. Il est étudiant à l’université de Damas.
 
Je ne suis pas sorti de chez moi depuis mercredi. Certes, la situation est calme dans mon quartier, mais nous avons peur. Les gens sont toujours sont le choc des affrontements survenus mardi dans la zone. Les produits alimentaires sont disponibles mais les prix ont légèrement augmenté, notamment les produits en conserves et les légumes, comme le concombre.
 
 
"Damas est confrontée à une grave pénurie de pain et de carburant. Les files d’attente devant les rares stations-service encore ouvertes sont inimaginables." Tweet posté jeudi 19 juillet. 
 
 
 

"Beaucoup de familles vivant à al-Midane sont venues trouver refuge dans mon quartier"

Nourane (pseudonyme) vit dans le quartier huppé de Rawda, à quelques pâtées de maisons du bâtiment de la Sécurité nationale qui a été visé par un attentat mercredi.
 
On entend des détonations de temps en temps, mais les rues sont calmes. Et il n’y a pas beaucoup de voitures qui circulent. La rue commerçante d’al-Hamra, non loin de chez moi, est quasi-déserte.
 
Les produits alimentaires sont toujours disponibles. Nous ne manquons de rien. À côté de chez moi, il y a une boulangerie qui reste ouverte 24 heures sur 24.
 
Ici, les gens se sentent en sécurité. Les unités de l’armée et de la police sont omniprésentes. D’ailleurs, beaucoup de familles vivant à al-Midane sont venues trouver refuge ici ces derniers jours. Certaines ont loué des appartements dans le quartier, d’autres ont été accueillies par des proches ou des amis.
 
 
 


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