Incident dans la résidence de Jean-Pierre Fabre : pourquoi seulement quatre policiers sanctionnés ?

Soixante jours d’arrêt de rigueur et un passage en conseil de discipline. La police togolaise a sanctionné mercredi quatre de ses agents pour avoir frappé de jeunes soutiens de Jean-Pierre Fabre dans la résidence de l'opposant, en marge d’une manifestation le 14 juillet à Lomé. Or, notre Observateur souligne que sa vidéo tournée pendant les incidents montre qu'au moins six policiers sont impliqués.
 
Sur cette capture d’écran de la vidéo publiée par les Observateurs lundi, on voit en effet six policiers devant le domicile de Jean-Pierre Fabre. Selon notre Observateur, une dizaine de policiers auraient même pris part à l'attaque de la résidence de Jean-Pierre Fabre, et au moins cinq d'entre eux auraient frappé les manifestants. Contacté à plusieurs reprises par FRANCE 24 afin de donner une explication sur le nombre de policiers sanctionnés, le commissariat central de Lomé n'a pas donné suite à nos questions.
 
Capture d'écran de la vidéo de notre Observateur, montrant six policiers devant la résidence de Jean-Pierre Fabre, le 14 juillet à Lomé.
 
Contributeurs

"À chaque fois que des policiers sont sanctionnés par leur hiérarchie, ils sont au nombre de quatre"

Frédéric Attipou est photojournaliste mais aussi reporter pour TogoVi, un collectif créé en 2010 par des militants, des journalistes professionnels et citoyens qui filment les rassemblements et publient leurs images sur YouTube. Le 2 mars dernier, il a été violemment frappé par des policiers après les avoir filmés en train de voler une mobylette.
 
Jai vu en tout une dizaine de policiers autour de la maison et sept d’entre eux sont impliqués dans les exactions. Deux sont restés devant le portail, pendant que cinq autres frappaient les manifestants soutenant Jean-Pierre Fabre qui s’étaient réfugiés dans son domicile.
 
Ça fait un moment que la police togolaise commet des violences contre la population. Et je remarque qu’à chaque fois que des policiers sont sanctionnés par leur hiérarchie, ils sont quatre, alors qu’ils sont souvent bien plus à être fautifs. Par exemple, quand j’ai été tabassé début mars, quatre policiers ont été sanctionnés, mais ils avaient été plus d’une douzaine à se jeter sur moi. Je ne sais pas pourquoi la police prend toujours ce chiffre de quatre responsables, peut-être que cela représente quelque chose pour elle !
 
 


Fermer