J'habite au quartier Maliki, qui se trouve à 1,5 kilomètre du bâtiment de la sécurité nationale qui a été visé pas un attentat [ce mercredi matin 18 juillet].
À ma connaissance, il ne reste plus aucun expatrié à Damas, je suis le seul qui soit resté. Tous mes amis étrangers ont quitté le pays depuis au moins huit mois. Au lycée français de Damas, il n' y a plus que des enseignants syriens pour assurer les cours. Quant au Centre culturel français, il a fermé ses portes il y a quelques mois.
Malgré l'arrivée des combats à Damas, je n'ai pas vu les gens paniquer [les premiers affrotnements ont eu lieu le 15 juillet dans la capitale syrienne]. On entend tout le temps des tirs et des explosions qui viennent de la banlieue. Les gens s'y sont habitués. Mais les gens rentrent plus tôt du travail et reviennent directement chez eux, en général en milieu d'après-midi. Ils sont par contre préoccupés. Ils savent que quelque chose va se passer. Ce qui leur fait peur, ce n'est pas que l’opposition prenne le pouvoir, mais qu'il n'y ait plus de pouvoir central en Syrie, plus de police et d'armée, et que le pays sombre dans l'anarchie. La population à Damas n'est pas très politisée. Elle l'impression d'être prise en otage dans ce conflit.
Moi, je sors tard du travail et je dois passer par cinq check-points sur une distance de 5 kilomètres. À chaque check-point les militaires fouillent ma voiture et vérifient mes papiers d'identité. Je n'ai pas l'intention de quitter la Syrie, parce que j’ai mon affaire ici. En plus, ma campagne est une Syrienne chrétienne et elle veut rester ici. Nous avons l'intention de rester et ce qui doit arriver arrivera.