Hier, j’ai été témoin de toutes les destructions. Les assaillants étaient entre quarante et cinquante. Après avoir bloqué la circulation, ils ont détruit les deux mausolées attenants à la grande mosquée de Djingareyber. Puis, ils ont recouvert de sable les décombres. Après quoi, ils se sont employés à réparer les parties de la mosquée qu’ils avaient eux-mêmes endommagées en passant. [Deux des mausolées détruits se trouvaient contre le mur extérieur de la grande mosquée.]
Ces tombeaux qu’ils ont détruits ont une réputation nationale et internationale et ont contribué à faire connaitre notre ville à travers le monde. En plus d’être parfaitement indignée, la population est aujourd’hui totalement abattue, que ce soit moralement ou spirituellement, car c’est toute la culture de Tombouctou qui disparait.
"Ils ont ensuite réparé les morceaux de la mosquée qu’ils avaient malencontreusement endommagé pendant la destruction"
Nous sommes en colère contre le gouvernement qui nous a abandonné aux mains de ces insurgés. Et nous sommes révoltés car ces derniers nous occupent de façon coloniale. Ils nous imposent absolument tout et notamment cet islam de rigueur, un islam jamais vu à Tombouctou. Même la parole des imams n’est plus libre.
Nous n’avons plus accès à la télévision, à la radio, aux spectacles. Avant la vie était douce ici, désormais tout est compliqué. À cela s’ajoute le fardeau de l’économie. Je ne connais pas une famille qui ait plus de l’équivalent d’un dollar en poche actuellement. Les camions de ravitaillement arrivent quasiment vide. L’électricité aussi se fait rare.
On a même perdu la liberté de se déplacer. Hier, par exemple, il y a eu des tirs de sommation. Les rassemblements, les marches et les réunions sont immédiatement empêchées. Aujourd’hui, les rues de la ville sont vides. Les Tombouctiens restent chez eux, plus abattus que jamais.
Commentaires
courage et patience
Submitted by mcbg (non vérifié) on mer, 08/08/2012 - 13:19.je vous souhaite du courage devant ces envahisseurs qui saccagent tout et veulent imposer leur façon de penser qui est plutôt une interdiction de penser individuellement. Tout est interdit, la personne n'est plus rien. tenez bon.