Pour nous, les défections sont toujours les bienvenues. Nous ne cessons d’exhorter les membres de l’armée à déserter et à rejoindre nos rangs, qu’ils soient simples soldats ou hauts gradés, issus de la Garde républicaine ou des Moukhabarate [services secrets]. Ils ont le devoir de le faire s’ils veulent que le peuple syrien leur pardonne un jour.
Nous avons salué la défection de hauts gradés de l’armée précédemment, comme nous saluons aujourd’hui celle de Manaf Tlass. Nous espérons maintenant qu’il rejoigne nos rangs.
Nous avons appris dans la presse qu’il a refusé de prendre la tête d’une unité pour attaquer le quartier de Baba Amr. Mais cela reste à prouver. Nous ne savons pas s’il a participé à la répression menée par le régime et s’il a du sang sur les mains.
Dans tous les cas, s’il ne rejoint pas l’Armée libre syrienne (ALS) et ne dénonce pas publiquement ce régime, il ne nous sera d’aucune utilité. Et il devra le payer cher. Il est d’ailleurs étonnant qu’il ait attendu aussi longtemps pour déserter. Pourquoi lui a-t-il fallu 16 mois [la révolte en Syrie a débuté par des manifestations à Damas le 15 mars 2011, ndlr] pour le faire, pour se rendre compte que ce régime est criminel ?
Sur cette vidéo, des insurgés de Homs réagissent à la défection du général Tlass. À 10'' : "Il ne s'agit pas d'une défection mais d'une fuite. Inchallah, il sera le permier des prisonniers" à la fin de la guerre.
Nous ne pouvons pas accepter que des gens qui ont fait défection au dernier moment viennent prendre la tête de la révolution, qui nous a déjà coûté des milliers de martyrs. Nous ne voulons pas non plus qu’il soit l’un de nos leaders pendant la phase de transition, ni qu’il occupe un poste à haute responsabilité dans la Syrie de demain. C’est à nous, les résistants, à qui il revient de choisir celui qui mènera la transition. Et ce sera ensuite au peuple syrien de prendre son destin en main, en choisissant ceux qui gouverneront le pays par des élections libres et indépendantes.
Ici à Homs, on parle beaucoup de sa défection. Bien sûr, la population s’est réjouie de cette nouvelle mais, dans le même temps, les gens connaissent son passé, savent qu’il a toujours fait partie du sérail [Issu d’une puissante famille sunnite, le général est le fils de l’ancien ministre de la Défense, Mustapha Tlass, ndlr].