Le dissident bahreïni Nabil Rajab arrêté par des policiers cagoulés

 
Condamné à trois mois de prison pour des tweets jugés insultants envers les résidents de la ville de Muharaq, majoritairement sunnite, Nabil Rajab, l’un des chefs de file de l’opposition chiite au Bahreïn, a été arrêté lundi matin à Manama, la capitale, par des policiers aux visages masqués.
 
 
Postée lundi 9 juillet sur Youtube, cette vidéo est présentée comme le film de l’arrestation du dissident. Elle a été relayée le même jour par une militante bahreïnie, Om Ahmad, via son compte Twitter.
 
Sur les images, Nabil Rajab est poussé par un groupe d’hommes masqués, portant des gilets jaunes estampillés "Police", hors d’un domicile. Le groupe traverse une cour sous des cris d’enfants, avant d’atteindre le portail. Puis, le dissident est embarqué dans une fourgonnette blanche tandis que des hommes en armes grimpent dans des 4X4 de la police. Un des hommes masqués filme un moment en direction de la maison, avant de monter à son tour dans le fourgon. Puis les véhiculent quittent les lieux.
 
 
Sur une autre vidéo postée sur le même compte Youtube [bahrain2012] un des hommes masqués est filmée devant le même portail en train de demander : "Nabil est à l’intérieur ?".
 
Nabil Rajab, qui dirige le Centre bahreïni des droits de l'homme, est accusé d’avoir tenu sur Twitter "des propos sur les habitants de Muharaq mettant en doute leur patriotisme et les insultant", indique l’AFP qui cite l’acte d’accusation. Le dissident avait sous-entendu que des résidents de la ville avaient organisé une soirée de soutien au premier ministre, en échange d’une somme d’argent. Pour cette même affaire, il avait déjà fait trois semaines de détention en juin. Les autorités assurent que ces trois semaines seront décomptées des trois mois de prison auxquelles il vient d'être condamné.
 
Nabil Rajab est par ailleurs poursuivi dans trois autres affaires liées à sa participation à des manifestations interdites.
 
Pays à majorité chiite (environ 75 % de la population), le Bahreïn est une monarchie exclusivement gouvernée par des sunnites. Depuis février 2011, des membres de la communauté chiite, qui s’estiment victimes de discrimination, descendent régulièrement dans la rue pour demander une réforme constitutionnelle.
 
 
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