En Chine, la colère de la rue fait plier les autorités sur la construction d'une usine polluante

 
La détermination des habitants de Shifang, une ville du sud-ouest de la Chine, a payé. Après s'être fortement mobilisés, non sans heurts pendant trois jours, ils sont parvenus à faire plier le gouvernement local qui a annoncé, mardi soir, l’arrêt de la construction d’une usine métallurgique qu'ils jugeaient polluante. 
 
Lundi 2 juillet, des milliers de personnes se sont rassemblées devant le siège du gouvernement local. Photo publiée sur ministryoftofu.
 
Le chef local du Parti communiste, Li Chengjing, avait pourtant vanter les bienfaits économiques d'un tel projet qui, selon lui, aurait permis la création de nombreux emplois. Mais, pour les habitants de Shifang - une ville réputée pour son eau minérale récompensée en 2006 du titre de  "meilleure eau de Chine" -, cette usine aurait surtout provoqué de graves dommages sur l’environnement.
 
Lundi, la mobilisation a tourné à l’émeute. Des dizaines de milliers de personnes ont envahi le siège de l’administration locale et détérioré des véhicules de police. La répression a également été brutale. Les manifestants ont essuyé des tirs de grenades lacrymogènes et des coups de matraque et 27 d’entre eux ont été arrêtés pour avoir brisé des vitres et lancé des pierres et des briques sur des policiers et des fonctionnaires.
 
Photo publiée sur ministryoftofu.
 
Un énorme sit-in a été organisé pour dénoncer ces arrestations. Et le gouvernement a fini par flancher. Après avoir déclaré lundi soir la suspension de la construction de l’usine, il a finalement annoncé son arrêt et 21 personnes ont été libérées.
 
Sit-in organisé mardi soir pour réclamer la libération des détenus. Photo publiée sur ministryoftofu.
 
Ce mouvement de protestation témoigne de l’intérêt croissant des Chinois pour la préservation de leur environnement. D’autres manifestations se sont produites durant ces 12 derniers mois, notamment à Dalian (nord-est), contre l’implantation d’une usine chimique. Ce mercredi, "Shifang" restait en tête des mots-clés sur les sites chinois de microblogging.
 
Mais la population de Shifang se méfie des promesses des autorités. Elle craint que l’annonce de l’arrêt de la construction ne soit qu’un leurre pour apaiser le mouvement de contestation. Quelques centaines de personnes étaient toujours rassemblées ce mercredi autour du siège du gouvernement de Shifang, prêtes à reprendre leur lutte.
 
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