La guerre civile gronde aux portes de Damas

Capture d'écran d'une vidéo amateur tournée à Hama (postée mardi 26  juin).
 
Les combats entre les insurgés et les forces gouvernementales ont redoublé d’intensité ces dernières semaines, enfonçant encore plus la Syrie dans la guerre civile. Pour la deuxième journée consécutive, les violences se sont concentrées dans la périphérie de Damas. Les habitants de la capitale craignent de ne plus être très longtemps épargnés, comme l’explique notre Observateur.
 
Le siège de la télévision officielle Al-Ikhbariya, situé à Droucha, à 20 kilomètres au sud de Damas, a été attaqué mercredi matin, tuant au moins trois journalistes et quatre gardiens, selon l’agence de presse syrienne Sana. Il s’agit de la première attaque du genre contre une télévision d’Etat, après plus de 15 mois de conflit. Les autorités ont aussitôt dénoncé un geste "barbare" et une "agression odieuse contre la liberté de la presse".
 
 Vidéo amateur où l'on entend des explosions et des tirs nourris dans la banlieue de Damas (postée le 27 juin).
 
Mardi, de violents combats ont opposé les forces de Bachar al-Assad et l’Armée syrienne libre autour des positions de la Garde républicaine, situées à Qoudsaya et Hama, soit à moins de 10 kilomètres seulement de la place des Omeyyades, au centre de la capitale. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), six personnes y ont trouvé la mort.
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"Les deux parties se sont rendues responsables de la mort de civils"

Rania est fonctionnaire à Damas.
 
Aujourd’hui, la situation est encore calme à Damas. Il faut dire que depuis le début de la crise en Syrie, la vie se déroule plus ou moins normalement dans la capitale car les affrontements ont le plus généralement lieu en banlieue. Les gens peuvent aller au travail quotidiennement, même si les déplacements sont de plus en plus difficiles à cause des nombreux check-point.
 
Vidéo amateur tournée aux alentours de Qoudsaya. On y voit, notamment, des façades criblées de balles et des voitures détruites (postée mercredi 27 juin).
 
Pourtant, ces violences des deux derniers jours me donnent la nette impression que la crise est entrée dans une phase nouvelle. D’abord parce que désormais les deux parties se sont rendues responsables de la mort de civils [les autorités syriennes ont accusé les rebelles d’avoir mené l’attaque de mercredi après-midi qui a tué trois journalistes, ndlr]. Et puis parce qu’on ressent à Damas une inquiétude croissante au sein de la population. Elle sent que les violences se rapprochent de plus en plus du cœur de la capitale. Ces craintes n’ont pas été atténuées par le discours prononcé par Bachar al-Assad mardi, qui a clairement parlé d’un pays en "état de guerre". On sent en effet une grande tension chez les gens qui ne parlent que de ça dans les rues.


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