La première réaction des forces de sécurité samedi soir a été de faire une descente dans le dortoir des filles où a commencé la manifestation. Elles ont été insultées et frappées à coups de matraques. D’après leurs témoignages, les forces de l’ordre étaient assistées par des étudiants membres du NCP, le parti au pouvoir. [Depuis plusieurs années, les étudiants pro-régime sont
accusés de faire la loi sur les campus ] Je peux effectivement confirmer que certains de ces étudiants se baladent avec des
barres de métal et des couteaux.
Intervention des forces de sécurité, dimanche, dans l'université de Khartoum.
J’ai personnellement vu passer un de ces groupes dans une rue qui mène à l’université. Leur objectif est d’intimider ceux qui tentent de manifester pacifiquement. Hier [lundi], ça a fonctionné puisqu’ils ont réussi à récupérer par la force les locaux du campus central occupé depuis la veille par les manifestants.
"La partition du Soudan n’est pas la véritable raison de ce marasme économique. Le gouvernement a tout simplement été incapable de penser à long terme"
Manifester est très risqué. Hier, j’ai vu deux étudiants se faire violemment tabasser par la police sous mes yeux et j’ai croisé beaucoup de blessés. [Des évanouissement et des vomissements dus aux gaz lacrymogènes ont été signalés par les groupes d’activistes].
Par ailleurs, j’ai appris que des éléments du NISS (services nationaux de la sureté et du renseignement) ont saccagé les locaux du mouvement d’opposition HAQ dans la soirée d’hier et arrêté une quarantaine de personnes, dont plusieurs de mes amis. Pour nous, il s’agit clairement d’enlèvements. C’est la technique des NISS: ils enlèvent les activistes les plus impliqués dans la mobilisation et les
torturent. C’est déjà arrivé à nombre de mes proches.
Cette vidéo d'affrontements (1'58 min), postée sur la page Facebook Sudan Motion, aurait été filmée ces derniers jours à proximité de l'université du Soudan, près de Khartoum.
La hausse des prix est tellement importante qu’aujourd’hui une majorité de gens ne peut plus se permettre de prendre le bus. [Le prix du repas traditionnel soudanais a plus que doublé en un an.] Et avec les nouvelles suppressions de subventions, les consommateurs vont être plus démunis que jamais.
Je ne crois pas que la partition du Soudan soit la véritable raison de ce marasme économique. Le pétrole est à eux maintenant et il ne s’agit pas de le récupérer. Le gouvernement a tout simplement été incapable de penser à long terme. [Selon les spécialistes, le Soudan n’a pas su diversifier son économie et aucune industrie ne peut remplacer rapidement le manque à gagner des revenus pétroliers].
Commentaires
soudan
Submitted by omda55 (non vérifié) on mer, 20/06/2012 - 08:57.La contagion révolutionnaire dans le monde arabe ne s'arrêtera qu'après la chute de tous les dictateurs...
Le soudan ne fera pas l'exception