Privés d’écoles, les enfants de migrants apostrophent le Premier ministre Wen Jiabao

Sur les pancartes des enfants, on peut lire "Grand-père Wen, nous voulons aller à l’école." Photo postée sur Weibo.
 
À l’approche de la prochaine rentrée scolaire, un petit groupe d’écoliers, accompagné de leurs parents, a manifesté la semaine dernière devant un bâtiment officiel du district de Fengtai à Pékin, pour supplier les autorités de les laisser retourner sur les bancs de l’école l’année prochaine. Assis en rang sur des chaises, ils tenaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Grand-père Wen [Wen Jiabao, premier ministre chinois], nous voulons aller à l’école." Enfants de migrants, ils craignent d’être déclaré persona non grata dans la province où travaillent leurs parents.
 
En effet, selon le système chinois de "hukou", mis en place en 1958 afin de contrôler les flux migratoires dans le pays, tout citoyen doit s’enregistrer auprès de l’État chinois comme habitant d’un lieu précis. Ce système crée de fait une sorte de citoyenneté régionale. Et alors qu’un habitant peut jouir de tous ses droits là où il a enregistré son "hukou", ces mêmes droits sont limités dès lors qu’il déménage. Dans la situation où un enfant de travailleurs migrants naîtrait dans la ville où ont migré ses parents, son "hukou" reste par ailleurs lié à celui de ces derniers et quasiment impossible à modifier.
 
 
Au nom de ce système, en septembre 2011, les autorités de Pékin ont fermé subitement une vingtaine d’écoles fréquentées uniquement par les enfants de travailleurs migrants non détenteurs du "hukou" de Pékin, sacrifiant l’année scolaire de 14 000 écoliers dans toute la ville.
 
 
En février dernier, des centaines de travailleurs migrants avaient déjà manifesté devant le ministère de l’Éducation, à Pékin, pour dénoncer ce système qui empêche leurs enfants lycéens de briguer des places dans les universités de la capitale.
 

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