Violences à Tunis : actes de salafistes ou de casseurs ?

Façade du commissariat de la Marsa.
 
Au lendemain des affrontements entre forces de l’ordre et émeutiers à Tunis, les habitants de la capitale s'interrogent sur les véritables responsables de ces violences. Si nombre d’entre eux y ont vu la main des salafistes qui avaient saccagé la veille une exposition d’art, d’autres affirment n’avoir vu lundi soir que de jeunes casseurs.
 
Les violences, qui ont visé des bâtiments administratifs dont des commissariats et un tribunal, ont éclaté au même moment dans plusieurs endroits de la capitale : dans les quartiers populaires d’El-Intilaka, Ettadhamen, Essijoumi et Carthage Byrsa mais aussi dans le quartier de la Marsa, dans la banlieue cossue de Tunis, où les troubles se sont concentrés dans la zone du palais Abdellia. Ce même bâtiment avait été saccagé dans la nuit de dimanche à lundi par des extrémistes qui protestaient contre l'exposition "Le printemps des arts" qu’ils jugent attentatoire à l'islam.
 
Le porte parole tunisien du ministère de l'Intérieur, Khaled Tarrouche, a indiqué à l'AFP que les groupes assaillants étaient "mixtes" et mêlaient des "gens de mouvances salafistes et des malfaiteurs". Il a fait état de plus de 160 arrestations, dont de nombreux délinquants ayant un passé judiciaire, et de sept blessés parmi les policiers.
 
Mise à jour : des heurts ont été signalés cette nuit dans la banlieue de Tunis malgré l'instauration d'un couvre-feu.
 
Les dégâts du saccage au commissariat de la Marsa.

"Dans le quartier de Carthage Byrsa, les violences ont été provoquées par des jeunes vandales et non par les salafistes"

Fatma habite dans le quartier du Kram. Un de ses voisins salafiste s’est rendu lundi soir au palais d’El-Abdellia pour protester contre l'exposition "Le Printemps des arts".
 
Mon voisin voulait se rendre, avec un groupe de salafistes de mon quartier, au palais d’El-Abdellia pour manifester contre l'exposition. [La veille, des salafistes s’étaient infiltrés dans le palais pour y détruire des œuvres]. Sur le chemin, il s'est arrêté avec ses amis à la mosquée Khadija au niveau du quartier Carthage Byrsa pour effectuer la prière du soir (‘Ichaa). En reprenant la route pour La Marsa, ils sont tombés sur une autre manifestation. Mon voisin était en communication téléphonique avec mon frère et lui décrivait ce qui se passait. Des jeunes vandales étaient en train d'attaquer le poste de police de Carthage Byrsa. Ils ont vandalisé et incendié le commissariat en y lançant des cocktails Molotov. Les forces de l'ordre les ont dispersés en tirant à balles réelles puis les assaillants se sont enfuis. Mon voisin dit que les salafistes n'ont pas participé à la casse.

"Au palais d’El Abdellia, des hommes barbus criaient ‘Allah Akbar’ en jetant des pierres sur la police"

Erik Chruchill, consultant et blogueur, était hier à côté du palais El-Abdellia.
 
Je me suis rendu au palais El-Abdellia vers 23h30. Les troubles avaient commencé un peu plus tôt. Sur place, j'ai vu une quarantaine de policiers des forces anti-émeutes ainsi que des militaires. Des affrontements entre la police et des manifestations avaient encore lieu dans les rues adjacentes. Je ne peux pas dire qu'il s'agissait d’une marée de salafistes mais parmi les manifestants j'ai vu pas mal de barbus qui criaient "Allah Akbar" en lançant des pierres sur les policiers. Il y a avait aussi des groupes de jeunes, des adolescents qu’on imaginerait plutôt en train de jouer chez eux aux jeux vidéo.
 
Les manifestants n’arrêtaient pas de charger les policiers et ces derniers répondaient par des gaz lacrymogènes. Mais je n'ai pas vu de répression féroce de la part des policiers. Au contraire, ils étaient beaucoup moins nombreux que les manifestants et semblaient avoir du mal à maîtriser la situation. Par ailleurs, ils étaient uniquement munis de gaz lacrymogènes et de matraques.
 
La Marsa est une banlieue chic, abritant une importante communauté d'expatriés. Au palais d'El-Abdellia, il y a eu depuis la révolution beaucoup d'expositions sulfureuses, parfois plus osées que celle qui a été détruite dimanche soir. Je ne comprends pas pourquoi celle-ci a tant choqué.

"Sur les réseaux sociaux, les gens affirmaient que les salfistes étaient en train de casser mais sur place je n’ai vu que des adolescents"

Lina ben Mhenni, blogueuse tunisienne, était dans le quartier de La Marsa pendant les évènements.
 
Je me suis rendue hier vers 22 heures avec des amis au bar le Plug, situé dans le quartier de Kobbet Lahwa, à La Marsa. Sur la route, à l 'entrée du quartier, nous avons remarqué la présence de trois fourgons de police qui roulaient à grande vitesse, les feux de détresse allumés. Je les ai suivis par curiosité. Ils allaient en direction du palais El-Abdellia. Nous avons été surpris par le grand nombre de forces de l'ordre déployées devant le bâtiment. Puis nous sommes repartis vers le Plug. Une fois sur place, et après un certain temps, des agents de sécurité nous ont demandé d'évacuer les lieux de toute urgence, indiquant que des salafistes allaient attaquer le bar et que des coups de feu venaient d'être tirés à proximité. Nous avons de nouveau pris la direction du palais El-Abdellia. Il y avait des policiers partout et la chaussée était tapissée de pierres et de verre cassé. J'ai aperçu au loin des policiers en train de jeter des projectiles, mais je n’ai vu personne en face d'eux. Nous nous sommes arrêtés pour en savoir plus, mais des membres des forces de l’ordre nous ont insultés et chassés. Un de mes amis a demandé aux policiers "Où sont les salafistes ?" ce qui lui a valu de se prendre un coup sur le bras. J'ai alors démarré et peu après, notre voiture a essuyé des jets de pierre.
 
Nous n'avons pas vu qui que ce soit qui ressemblait à un salafiste, mais plutôt de jeunes adolescents, des casseurs. Nous sommes ensuite allés chez un ami. Sur les réseaux sociaux, les gens affirmaient que les salafistes étaient en train de tout casser. Je voulais en avoir le cœur net et suis retournée à La Marsa. Le nombre de policiers y était moins important que lors de notre premier passage. Des militaires patrouillaient dans les environs. Un officier nous a expliqué que ceux qui s’étaient attaqués au palais la veille étaient bien des salafistes, mais que les gens qui étaient là hier soir pour semer la pagaille étaient des groupes de jeunes casseurs.
 
Nous sommes également passés au poste de police de la Marsa qui a été saccagé et à celui de Carthage Byrsa, incendié le soir même. Et un ami a pris des photos.
 
Je n'ai pu trouver aucune trace de présence de salafistes dans ces troubles. J'ai demandé aux gens qui les accusent de me fournir des preuves. Mais jusqu'à présent, je ne trouve ni photos ni vidéo les impliquant.
Des traces d'essence sur les bureaux saccagés du commissariat de la Marsa. Les photos du saccage ont été prises par Emine M'tiraoui et publiées sur le blog de Lina Ben M'henni.
 
Quelques-unes des œuvres exposées au Palais El-Abdellia, dont un tableau sur lequel il a été écrit "Gloire à Dieu" avec fourmis qui sortent du cartable d'un élève (à gauche de la photo).
 
Autre tableau exposé à El-Abdellia. Ces photos ont été prises par le photographe Wassim Ghozlani et publiées sur Facebook.

Commentaires

violences à tunis

après toute révolution la violence existe parce que le peuple veut présenter ce qui ressent au fond du cœur après l écartement du dictateur il veut vivre la liberté la démocratie et tout faire sans dépasser la liberté d autrui mais cette violence est due par des personnes tajammouistes qui veulent tout déranger et laisser le pays en état de peur et qui sont encouragées par les salafistes mais le droit de la Tunisie battra fort ces extrémistes.

violences à tunis

je ne comprend plus rien de ce qui se passe à tunis,on met sur le dos des salafistes tout les méfaits et agréssivités,mais là apparement d'après un observatrice, les slafistes ne sont pas responsables mais des jeunes casseurs! franchement les gens font des accusations a tort et à travers et on ne sait plus du tout qui est qui? et qui fait quoi? c'est allucinant, les gens se font des points de vues sur des ragôts en fait, mon dieu et on parle de démocratie? si seulement ils savait de quoi ils parle ce peuple tunisien

Tout est vrai, même son contraire

La confusion règne! Tout est vrai, même son contraire... Une exposition est dénoncée, mais parmi les oeuvres dénoncées, la plus critiquée qui a été publiée partout, donc dans Facebook, se trouve au Sénégal. Des huissiers viennent pour faire un constat, mais on ne sait pas trop qui les a envoyés. "Certains" annoncent qu'ils vont venir dans la nuit de lundi, la Police arrive, mais les assaillants fantômes rentrent sans heurt dans la gallerie pour détruire les oeuvres. Des établissements sont détruits, même un poste de Police et la Police semble ne pas savoir qui sont les attaquants. On annonce même dans les médias tunisiens la destruction du très fameux café des Délices de Sidi Bou Saïd, mais on ne tarde pas à déclarer que l'information est fausse. Dans de nombreux points de la Tunisie, des violences se déclarent au même moment, mais ce sont des événements isolés et indépendants. Pourtant, partout, les commentaires décrivent les mêmes "profils d'intervenants": des Salafistes mais aussi des adolescents, des casseurs. Les autorités décrètent que ce sont des attaques terroristes. Le résultat est que le Ministre de la Culture, en conférence de presse, dans sa défense de l'Art, porte plainte contre les organisateurs de l'exposition et déclare que les artistes ne sont pas des artistes car dans leur CV, ils n'ont pas pas fait d'études en Beaux Arts... L'accumulation de confusions pourraient se poursuivre, mais le résultat? Ou plutôt les conséquences car le mot "résultat" me semble inapproprié: un couvre-feu sous le feu des médias internationaux; l'Art sérieusement attaqué; l'appel aux Touristes étrangers étrangement diminué, surtout un mois avant la période de Ramadan qui risque d'amplifier la situation. Last but not least, un jeune de 22 ans tué par balle... Y a-t-il un Pilote dans l'avion? Peut-être mais qui est le Pilote ou plutôt qui sont les Pilotes et qui dirige la tour de contrôle?

je suis de cet avis je ne

je suis de cet avis je ne comprend toujours pas ce qui se passe réellement,je répond sur des faits lorsque ma condiction de femme est touchée ou menacée selon les infod que reçois sur facebooks, mais franchement c"est à devenir dingue, je vais décrocher et ,ne plus faire de commentaires puisque les infos ,peuvent parfois des intox

lois Génocide arménien

vous parlez de liberté d'expression revoyer loi lois de sarkozy du Génocide arménien (1ans de prison et une amande) et apres en purra discuter de liberter d'expression

retourne à l'école

Retourne à l'école si tant est que tu y soit allé un jour. Tu y apprendrais entre autre l'histoire ( le génocide à eu lieu parce que des officiers supérieurs turcs croyaient que les arméniens préparaient le terrain aux russes qui "devaient" attaquer alors qu'ils avaient de grandes difficultés en europe contre l'allemagne )mais aussi et surout l'orthographe.

A propos des derniers événements

Leena ben Mhenni, êtes-vous à ce point-là atteinte d'une cécité sélective? Alors que dans tous les médias, on parle de salafistes, vous, vous n'avez vu que des "jeunes casseurs"; je veux bien... Mais, même le ministre de l'intérieur, qui veut minimiser leurs violences, parle (entre autre)de salafistes (du bout des lèvres et contraint et forcé... il ne peut faire autrement!). bravo! vous faites plus fort que le ministre.... vous n'avez pas vu de salafistes.... je ne vous reproche pas de ne pas en avoir vu.... je vous reproche de laisser entendre, dans votre article, que les salafistes sont hors de cause...et là, vous les défendez (ils doivent jubiler, eux qui n'arrêtent de vous menacer!!!)

soit avec moi ou crève!!!!

Mme je vous invite, comme c'est cité dans l'article, à prouver par quelque moyen que ce soit que les salafistes sont à l'origine de ce qui se passe, sur facebook pleins de vidéos confirment ce qui est dit dans l'article que c'est des jeunes qui font la pagaille partout, il y a même des vidéos où des policiers sont entrain de mettre le feu dans des commerces. Alors Mme, sauf si vous faites partie du défunt RCD ou de l'opposition qui veut faire couler le navire avec ses occupants, vérifiez bien avant de parler!!!
PS: à Bizerte une manifestation de quelques milliers de personnes est sortie sans qu'il y est aucun dégât que ce soit(source fb)!!!

non, monsieur je ne fait

non, monsieur je ne fait partis d'aucun partis ,ni avant ,ni maintenant ,moi je suis complètement larguée,je lis des commentaires sur facebooks et j'éssaie sinplement de comprendre moi ce qui m'importe c'est le sort du pays,je serais partisante de ceux qui redresserons le pays et lui redonnera sa dignité,quels qu'ils soit 'je suis simplement inquiète et complètement désorientée

Relisez bien l'article de

Relisez bien l'article de lina, cette dernière ne nie pas que des salafistes aient participé à ces évènements, elle déclare simplement n'en avoir pas vu de ses yeux... En revanche les heurts de la nuit précédente le policier qu'elle interroge lui déclare bel et bien la présence de salafistes dans le groupe. Elle ne laisse en rien entendre, elle ne met pas hors de cause les salafistes. Son article n'est rien d'autre qu'un rapport de faits.



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