Au Cap, un quartier populaire s’illumine grâce au "street art"

Photo postée par Carole Moreau sur sa page Facebook.
 
Un chat qui s’étale sur toute la largeur d’une façade, un paon portant sur ses plumes les noms des enfants du quartier : d’ immenses œuvres d’art dessinées sur les maisons de la banlieue populaire de Woodstock, à l’est du Cap ( sud du pays), redonnent vie aux murs délabrés.
 
Certaines œuvres sont réalisées par des artistes professionnels, d'autres par des amateurs. Ces graffitis, qui recouvrent des pans entiers de maisons, sont devenus une véritable attraction pour les aficionados de "street art" et de photographie. Ces derniers ont fait de ce musée à ciel ouvert leur terrain de jeu.
 
Photo par Jose Romeu de Abreu.
 
À l’origine de cette initiative, Ricky Lee Gordon alias Freddy Sam, un artiste sud-africain de 28 ans habitant le quartier. En 2011, il lance un projet visant à redonner des couleurs aux murs de Woodstock à grand renfort de pinceaux, bombes et pots de peinture. Son objectif : contredire la mauvaise réputation du quartier en mettant en valeur ses habitants et son histoire. Depuis, une quinzaine de maisons ont été peintes par des artistes locaux et internationaux venus à la rencontre des résidents. Et en Afrique du Sud, où l’apartheid n’est pas si loin, beaucoup ont choisi des messages de paix et de tolérance.
 
Le projet se décline aujourd’hui en ateliers organisés avec les habitants du quartier par l’ONG Write on Africa. C’est dans ce cadre que les enfants de l’orphelinat local de Percy Bartley ont par exemple entièrement repeint les murs de leur établissement.
 
Photo postée par Carole Moreau sur sa page
Facebook.
 
 
Contributeurs

"Le projet plaît parce que les œuvres sont pleines de réalisme"

Jose Romeu de Abreu habite au Cap.
 
J’ai commencé à prendre des photos de graffitis il y a deux ans, dans le quartier de Woodstock et aux alentours. Il y en a toujours de nouveaux. Ces œuvres portent le plus souvent sur la cruauté du monde, l’argent ou encore sur le bien et le mal.
 
Photo par Jose Romeu de Abreu.
 
Pendant l’apartheid, Woodstock était une sorte de zone grise où Blancs, Noirs, juifs, Grecs et Portugais etc… vivaient côte à côte. Les immigrants pouvaient y trouver un logement pas cher dès leur arrivée. Quartier pauvre, Woodstock était aussi, jusqu'à présent, connu pour ses dealers de drogue et ses vendeurs d’alcool présents à toute heure et à tous les coins de rue. C’est certes toujours un peu le cas aujourd’hui, mais le quartier s’est récemment développé et accueille maintenant de nombreux bureaux, mais aussi des cafés, des boutiques un peu chic  et des lofts ont été construits dans les anciennes usines textiles. Désormais, les riches et les pauvres s’y côtoient.
 
Le projet de Ricky Lee plaît aux habitants, parce que les œuvres sont pleines de réalisme. Les résidents apprécient aussi le fait qu’il fasse participer les enfants du quartier, car cela les occupe et les détourne de la délinquance.
 
Les trois photos ci-dessus ont été postées par Carole Moreau sur sa page Facebook.
 
Billet écrit avec la collaboration de Marie Desgré, journaliste.


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