Les Frères musulmans accusés d’instrumentaliser la manifestation de la place Tahrir

 
Plusieurs milliers d'Égyptiens sont redescendus sur la place Tahrir, ce week-end, après l'annonce du verdict du procès de l'ancien président Hosni Moubarak. Hier encore, la place était noire de monde. Une foule hétéroclite réunissant des libéraux et des supporters des Frères musulmans. Deux populations qui partagent un même rejet de l'ancien régime, mais qui s'opposent diamétralement d'un point de vue idéologique. Or, lors du rassemblement de mardi, les Frères musulmans ont profité de l’occasion pour appeler à voter pour leur candidat, Mohamed Morsi, au deuxième tour de l'élection présidentielle, affirmant que c'était le meilleur moyen de barrer la route au candidat de l'ancien régime, Ahmed Chafik - un ancien Premier ministre de Moubarak qualifié pour le second tour.
 
Sur cette vidéo, on voit le député islamiste Mohamed Baltagi porté par les manifestants qui scandent : "Cette fois-ci, c’est pour de bon ! Nous ne la laisserons à personne d’autre !", en référence à la présidentielle, et ensuite : "D’une manière ou d’une autre, nous mettrons Chafik à terre".
 
Les slogans des Frères musulmans ont déplu aux révolutionnaires présents sur la place qui appellent, eux, à un boycott du second tour de l'élection. Ces derniers considèrent que le mouvement islamiste instrumentalise la manifestation de la place Tahrir.
 
"Ce genre de choses m'énerve réellement !" "Un Frère musulman dit que Dieu veut que vous votiez pour Morsi !"
 
"Les Frères musulmans utilisent la religion, le vote pour Chafik et le sang des martyrs pour attaquer ceux qui appellent au boycott."
 
"Les moutons des Frères musulmans sont venus me voir plus d'une fois. Ils me demandent pourquoi je boycotte, me disent qu'en faisant cela je soutiens Chafik et me narguent en me disant : 'Et tu te prétends révolutionnaire ?' Ils font de la surenchère !"
 
"Les Frères musulmans utilisent Tahrir aujourd'hui pour faire la promotion de Morsi et intimider ceux qui appellent au boycott."
 
"Un groupe d'hommes moyenâgeux qui refusaient d'avouer qu'ils faisaient partie des Frères musulmans disaient que nous soutenions Chafik en appelant au boycott et qu'il faut 'voter contre lui'."
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