Des photos amateurs inédites de la place Tiananmen au lendemain du massacre

Des soldats brûlent ce qui semble être les restes de la présence des manifestants sur la place. Photo prise le 5 juin 1989. 
 
Il y a 23 ans, les autorités chinoises réprimaient dans le sang les manifestations étudiantes de la place Tiananmen, à Pékin. Depuis, le gouvernement chinois met tout en œuvre pour effacer les traces du massacre. Mais un blogueur est tombé par hasard sur des photos prises par un soldat le lendemain des évènements. Des documents rares et précieux sur la répression menée par l’armée, le 4 juin 1989, que Pékin s’efforce, une fois de plus, de dissimuler.
 
Un soldat à proximité de la place, le 5 juin 1989.
 
Un autre soldat armé d'une mitraillette. 

 
Contributeurs

"La femme qui avait ces photos n’avait pas conscience de ce qu’elles représentent. Moi, je sais."

Zola est un blogueur et activiste chinois. Il vit actuellement à Taipei, à Taïwan.

En 2007, j’ai rencontré une femme dans un train et nous en sommes venus à parler de Tiananmen. Elle m’a ensuite montré des photos de son album de famille. Son mari, qui était soldat, avait été envoyé à Tiananmen en 1989. C’est lui qui a pris ces photos le 5 juin 1989, soit le lendemain de la répression. Elle ne m’a pas donné plus de détails. Je crois qu’elle ne réalisait pas que ce qui était pour elle un album de souvenir de famille était, pour beaucoup d’autres, une preuve des violences qui ont eu lieu ce jour-là. Moi, j’avais conscience de ce que ces images représentaient. Je lui ai demandé si je pouvais les prendre, elle a refusé. Alors je les ai prises en photo.

Elle a ajouté que beaucoup de soldats qui avaient participé au massacre ne s’étaient jamais vu attribuer de postes, comme c’était généralement le cas dans notre système communiste. J’imagine que les autorités avaient peur qu’après ce qu’ils avaient fait et vu, les soldats ne deviennent finalement eux-mêmes des défenseurs de la démocratie.

"Trente minutes après avoir posté les photos sur Weibo, elles ont disparu"

J’ai publié les photos une première fois en 2009 sur Twitter [inaccessible en Chine sans passer par un proxy, NDLR], à l’occasion des 20 ans de la commémoration de la répression. À l’époque, seules quelques personnes en ont parlé. Puis, je les ai repostées sur Flickr et sur Twitpic cette année et les gens en parlent beaucoup plus. Il n’y pas de règles sur les réseaux sociaux !

En ce qui concerne le Net chinois, j’ai posté les photos hier sur Sina Weibo [l’équivalent de Twitter, en Chine]. Beaucoup d’internautes les ont repostées immédiatement. Mais, 30 minutes après, le site avait réussi à faire disparaître mes posts.

La propagande extrêmement puissante du gouvernement a réussi à convaincre beaucoup de gens que rien ne s’est passé à Tiananmen. En publiant ces photos, je veux prouver qu’une répression sanglante a bien eu lieu le 4 juin 1989.

 
Trois soldats posent sur la place, devant la Cité interdite, le 5 juin 1989.
 

Massacre du 4 juin : un évènement occulté par le pouvoir


À la mi-avril 1989, les étudiants chinois lancent un mouvement de protestation pour demander une réforme démocratique, ainsi que la fin du népotisme et de la corruption dans le pays. Appuyé par des intellectuels et des ouvriers, le mouvement s’installe sur la place Tiananmen, au centre de la capitale. Après presque deux mois de manifestations, l’armée chinoise est envoyée sur place pour briser la contestation, le 4 juin 1989. Pendant plusieurs heures, des combats vont opposer les manifestants, qui dressent des barricades sur les grands axes menant à la place, et les soldats qui tentent d’avancer pour reprendre le contrôle de la zone. Plusieurs témoins ont rapporté des tirs d’armes à feu. Dans la nuit du 4 au 5 juin, les chars investissent finalement la place, roulant sur les véhicules mais aussi sur les manifestants.

Le bilan du "massacre de la place Tiananmen" va de quelques centaines de morts - dont des soldats - selon le gouvernement chinois, à des milliers selon plusieurs organisations occidentales.

Les autorités chinoises font tout pour censurer les informations circulant sur ces évènements ; les requêtes intitulées "Tiananmen" sur les moteurs de recherche d’images chinois n’aboutissent par exemple qu’à un diaporama touristique de la place. Les commémorations de cet évènement sont par ailleurs interdites et, chaque année, à l’approche du 4 juin, les autorités redoublent de vigilance sur le terrain, comme sur Internet ( les mots-clés tels que "quatre-six", "bougie" ou encore "23" sont actuellement censurés sur le site de microblogging Sina Weibo). 

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont, en revanche, attendues à une veillée de commémoration à Hong Kong, où les organisateurs ont érigé une copie de la Déesse de la démocratie, en référence à la statue installée par les manifestants sur la place Tiananmen juste avant la répression.

Près d'une dizaine de personnes seraient toujours emprisonnées pour leur implication dans le mouvement de protestation.

 

Commentaires

LEGENDE PHOTO

La dernière photo n'est pas sur la place mais DANS la cité interdite, dans la cour principale DEVANT le pavillon de l'empereur !

Même s'il n'est pas question

Même s'il n'est pas question de nier le massacre ces photos ne montrent rien de probant sur celui ci.

En fait, la place Tian An

En fait, la place Tian An Men, de part le symbole qu'elle représente, puisqu'elle commande l'entrée de la Cité Impériale et donc l'accès direct à de nombreux monuments dont le mausolée du dictateur communiste Mao Zedong, est toujours entretenue de manière stricte. Ces clichés montrent bien qu'il s'y est passé un événement majeur et rappellent donc au gouvernement en place que l'oubli ne sera jamais effectif.

BOF !

Bof ! Tout le monde s'en fout à Taiwan, comme tout le monde s'en fout des 30.000 morts de la "Commune de Paris" et des millions de morts de Vietnamiens, lors de la guerre d'Indochine, causée par la France et sa "Légion Etrangère" composée à 80% d'anciens SS !

A ton avis !!

Alors pourquoi les faire disparaître !! ??



Fermer