Une matinée d’émeutes après la mort d’un travailleur migrant chinois

 
Plus d’un millier de travailleurs migrants se sont révoltés lundi dans la ville de Ruian, à l’ouest de la Chine, après la mort d’un des leurs dans des circonstances obscures. Les ouvriers ont réussi à mettre en déroute, pendant quelques heures, les forces de police. Des images amateurs de la scène sont sorties du pays, malgré la censure.

D’après le gouvernement local, les émeutes ont été déclenchées par la mort de Yang Zhi, un jeune migrant de 19 ans. Les manifestants accusent son employeur de l’avoir tué au cours d’une dispute sur la rémunération de l’ouvrier.
D’après l’agence officielle Xinhua, un millier de migrants se sont dirigés vers un bâtiment des autorités locales pour exiger des explications sur la mort de leur confrère. Ils seraient alors parvenus à passer la barrière située à l’entrée du bâtiment et auraient  vandalisé  des véhicules.

Le site "Révolution de jasmin chinoise" (référence à la "révolution de jasmin " en Tunisie), donne des précisions et a mis en ligne plusieurs photos et vidéos de l’événement. Selon cette source, la vague de violence a été déclenchée par une déclaration de soutien des autorités locales envers les responsables de l’usine incriminés par les manifestants. Le site évoque plusieurs milliers de migrants ayant participé à cette mobilisation.
 
 
Cette vidéo, qui semble avoir été filmée par un manifestant, a disparu du site de partage de vidéos chinois Youku, mais est toujours disponible sur YouTube et renvoie vers le site d’activistes "Révolution de jasmin chinoise". On y voit un petit groupe de policiers, protégés de casques et de boucliers, se réfugier derrière un bâtiment alors que la foule crie sa colère. À 1’06, les manifestants s’attaquent aux forces de l’ordre en leur jetant des projectiles, obligeant ces derniers à battre en retraite. Le site d’activistes affirme que des renforts de policiers sont ensuite arrivés pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, qui s’est apaisée dans l’après-midi.

Selon l’agence Xinhua, la police aurait finalement obligé l’employeur à payer la somme de 300 000 yuans (soit 38 400 euros) de dédommagement à la famille de la victime. Une information qui n’a pas été confirmée par d’autres sources.
D’après les études officielles quelques 90 000 “incidents de masse” ont lieu chaque année en Chine, un chiffre qui pourrait être volontairement sous-évalué par les autorités de Pékin. Et rares sont les images de ces incidents à passer le mur de la censure.
 
 
 
 

Toutes les images ont été postées sur le site Molihua.org
Contributeurs


Fermer