Le parcours du combattant d’un cinéaste ivoirien en herbe

Hyacinthe Hounsou derrière la caméra.
 
"Ivoirian Crew Dance", c’est l’histoire de deux clans de danseurs - des break-dancers et des adeptes du "coupé-décalé" - qui s’affrontent à coups d’improvisations dans les rues d’Abidjan. Son réalisateur y croit, le film marchera. Mais, dans un pays où le cinéma local est quasi inexistant, ce projet tient du parcours du combattant.
 
L'une des affiches de promotion du film.
 
Un extrait du film. Scénariste: Kalilou Sylla. Casting : Kalilou Sylla et Marc Serge. Metteur en Scène : Marc Serge. Producteur : Konate Siratigui. Chef opérateur-Cadreur: Jean-Pierre Aka Tokou. Photographe: Guy Lasme Kouame.


Contributeurs

"Les Ivoiriens regardent bien des films nigérians ou brésiliens, alors pourquoi pas les nôtres ?"

Hyacinthe Hounsou Yao est employé au ministère de la Jeunesse, à Abidjan. Il a créé sa boite de production, Prodim, et travaille actuellement sur son film "Ivoirian Crew Dance".
 
J’ai essayé récemment de faire un premier film qui s’appelait 'Ultimatum' mais, pour différentes raisons, notamment budgétaires, j’ai dû abandonner le projet. J’avais tout fait, sauf le montage.  Mais cette fois-ci, mon nouveau film ira jusqu’au bout.
L’idée du scénario est venue d’un jeune ami passionné de cinéma, Kalil Sylla. J’ai tout de suite été séduit par ces histoires de 'battle' de danse et on s’est lancé dans l’aventure. Notre objectif, c’est de mettre en exergue la culture ivoirienne et ses valeurs à travers un art entièrement ivoirien : le 'coupé-décalé'.  
 
Une partie des acteurs et danseurs.
 
"Même si le travail n’est pas payé, 400 jeunes sans emploi se sont présentés au casting"
 
Sur ce projet, j’ai, à peu de choses près, toutes les casquettes : scénariste, réalisateur, cadreur, monteur… On se débrouille. Tous ceux qui travaillent sur le film 'Ivoirian Crew Dance' sont des bénévoles et tout le matériel est loué sur nos fonds propres. Deux chorégraphes qui travaillaient pour des émissions de télévision ont rejoint notre équipe. On a organisé un grand casting dans toute la ville pour trouver des acteurs et des danseurs. La nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre grâce au bouche à oreille. Résultat : lors du premier casting, 400 jeunes sont venus des dix communes d’Abidjan. On en a gardé 187 avec lesquels on travaille régulièrement. Nous avons lancé les répétitions et les premières journées de tournage il y a trois mois.
 
Répétition.
 
"La journée de tournage commence à 10 h normalement mais, à 7 h, les premiers acteurs bénévoles sont déjà là"
 
Nous avons décidé de travailler essentiellement avec de jeunes chômeurs. Ils ne sont pas payés pour l’instant, mais ils toucheront un pourcentage sur les éventuelles recettes du film. L’équipe ne fait pas ça pour l’argent. Le plus important, c’est l’aboutissement d’un projet commun. Même s’ils n’ont pas fait de grandes études, ces jeunes sont impressionnants. Ils n’ont qu’une seule idée en tête : montrer ce qu’ils savent faire. Depuis trois mois, ils viennent aux répétitions et aux tournages tous les mercredis, samedis et dimanches avec la même énergie. Certains viennent le ventre vide car ils n’ont pas même de quoi se payer à manger. Avec mes collaborateurs on essaie de trouver des solutions. La journée commence à 10 h normalement mais, à 7 h, les premiers arrivent. Ils rêvent de cinéma et croient en leur rêve. Et je vous assure qu’il y a parmi eux des acteurs nés.
 
"En Côte d’Ivoire, les procédures de financement de films sont extrêmement longues et n’aboutissent que très rarement"
 
Quelques-uns se sont malheureusement découragés en cours de route parce qu’ils trouvaient que ca n’allait pas assez vite. C’est vrai que nous manquons de matériel de tournage. Aujourd’hui, aucune structure viable ne permet aux cinéastes ivoiriens de financer correctement leurs films. Le seul système d’aide que je connaisse est le Fond national de solidarité (FNS) qui dépend du ministère de la Jeunesse. S’il est séduits par votre projet, il peut vous prêter un peu d’argent mais la somme doit intégralement être remboursée au bout de 5 ans. C’est un pari risqué. Il existe d’autres organismes mais les procédures sont extrêmement longues. Il faut faire des va-et-vient permanents et ça n’aboutit que très rarement.
 
Pendant le tournage.
 
"Le secteur du cinéma n’est pas professionnalisé en Côte d’Ivoire. Ceux qui ont filmé un baptême se disent caméraman !"
 
Cela dit, quand on voit ce qui se fait dans le cinéma ivoirien actuel, je comprends que personne n’ait envie de le financer. Il y a des exceptions, comme par exemple les films d’André Marouni [réalisateur de fiction] mais, globalement, les scénarios sont très souvent plats ou ne tiennent pas la route, les lieux de tournage trop restreints, les lumières mauvaises et le cadrage approximatif. C’est désolant, mais je ne suis pas capable de vous citer plus de cinq films qui ont marqué l’histoire de notre cinéma national. Le problème, c’est qu’ici le secteur du cinéma n’est pas encore professionnalisé. Ceux qui ont filmé un baptême se disent caméraman ! Il nous faut des écoles de cinéma de qualité et soutenues par les services publiques.
 
Avec les moyens du bord, nous allons essayer d’innover en rendant le tournage et le montage de notre film pour qu’il soit plus dynamique que ce que l’on voit habituellement. Avec une caméra amateur, mon stagiaire et moi avons réussi à faire cette bande annonce (voir ci-dessus). Cependant, pour être crédible, il faut correspondre aux standards internationaux à tous les niveaux et pour ça, il faut de l’argent. On met bien des milliards de francs CFA dans le football, non ?
 
"Nous, cinéastes, avons la responsabilité de faire de bons films pour ramener les gens dans les salles"
 
Les salles de cinéma se font malheureusement de plus en plus rares en Côte d’Ivoire. À Abidjan, il y en a deux principales, le Primavera et celui de Sococe-La Fontaine [en avril, le directeur du Centre national des arts et de la culture (Cnac) a lancé une vaste opération pour réhabiliter plusieurs cinémas de la ville. Beaucoup d’entre eux avaient été transformés en lieux de culte].
 
Pour autant, je pense que la demande est là. Les Ivoiriens regardent bien des productions nigérianes ou brésiliennes, alors pourquoi pas les nôtres ? Nous, cinéastes, avons la responsabilité de faire de bons films pour ramener les gens dans les salles.
 
"Le cinéma pourrait contribuer à montrer la beauté de nos paysages, loin des images de désolation habituelles"
 
Après ces dix années de crise violente, les gens, à l’étranger comme ici, ont du mal à se représenter positivement la Côte d’Ivoire. Le cinéma peut y contribuer en montrant la beauté de nos paysages et de notre culture, loin des images de désolation habituelles. Les membres de la diaspora devraient avoir accès à de beaux films ivoiriens qui les rendent fiers de leur pays.
 
Billet écrit avec la collaboration de Ségolène Malterre, journaliste à France 24. 

Commentaires

Félicitation à vous les gars,

Félicitation à vous les gars, notre pays la Côte d'Ivoire a beaucoup de valeurs. Mais ne faisons pas de confusion entre culture d'ivoirien et celle des autres.

Ivorien Crew Dance

chapeau mon frère!!!

Voila un exemple qui doit

Voila un exemple qui doit etre encourage sur tout les plans, cest la Cote d'Ivoire qui gagnera et par devers son equipe et lui toute cette jeunesse qui crie a la stabilite du pays pour pouvoir demontrer leur savoir faire quelque soit les moyens. Encore bravo a ton Equipe et toi et je vous souhaites beaucoup de success et que votre action interpelle plus d'un.

LE FILM IVOIRIAN'S CREW DANCE

BRAVO MON FRERE , VIVEMENT QUE LE MINIISTERE DE TUTELLE FASSE QUELQUE CHOSE POUR CE BOULOT ENORME QUE VOUS ABATTEZ SANS GRD MOYEN C CE GENRE D'INITIATIVE QU'IL FAUT ENCOURAGER ET SOUTENIR POUR UNE FOIS DE PLUS LES JEUNES IVOIRIENS MONTRENT DE QUOI ILS SONT CAPABLES ET SURTOUT DE REDORER L' IMAGE DU CINEMA IVOIRIEN .CHAPEAU LES GARS ON VS SOUTIEN DIEU POURVOIRA .SACHEZ QUE CE NEST PAS EN VAIN TS VOS EFFORTS CONSENTIS PR LA RÉALISATION DE CE CHEF D'OEUVRE

Bravo aux jeunes ivoiriens

Vraiment je suis content de vois les jeunes déterminer et de montrer leurs talents d'acteurs

Mabrouk frero du courage je

Mabrouk frero du courage je ss fier de toi ^^

Franchement, mon frère

Franchement, mon frère Hyacinthe je suis très fiers de toi! le pays a besoin de brave gens comme toi, toujours aussi meilleurs et surprenant. continue sur cette lancée. Encore une fois bravo

Félicitation mon cher ami, le

Félicitation mon cher ami, le travail bien fait fini toujours par payer. Je te souhaite toute la chance du monde pour cette merveilleuse. Puisse DIEU te soutenir afin que ce film ait du succès!!!!

a force de forger tu

a force de forger tu deviendra forgeron,,, du courage,,, le travail finira par payer

FILM IVORIAN'S CREW DANCE

FRANCHEMENT BRAVO A TOI MON FRÈRE ET TON EQUIPE VIVEMENT QUE LE MINISTÈRE DE TUTELLE FASSE QUELQUE CHOSE PR CE BOULOT ÉNORME QUE VOUS ABATTEZ SINCÈREMENT CHAPEAU A VOUS!!!



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