L’attaque du gouvernement libyen par d’anciens rebelles était "prévisible"

Pour la deuxième fois en un mois, un groupe d’ex-rebelles a attaqué le siège du gouvernement à Tripoli. Suite à cet assaut, des affrontements ont eu lieu avec les forces de sécurité libyennes qui se sont soldées par un mort et trois blessés parmi ces dernières.
 
Ces anciens rebelles qui avaient pris les armes pour combattre l'armée de Kadhafi réclament aujourd'hui aux autorités le paiement de leurs primes. En effet, le gouvernement libyen avait commencé à verser de l’argent aux anciens rebelles mais des "irrégularités" l’ont poussé à suspendre l’opération.
 
 
Cette vidéo, filmée quelques minutes après les affrontements entre l’armée libyenne et les miliciens, montre une scène d’agitation près du siège du gouvernement. On y voit des civils armés marchant aux côtés des militaires, un véhicule de police (en bleu foncé) garé à côté d'une voiture de miliciens (voiture blanche), mais aussi un pick-up de l’ancienne rébellion. À un moment, le convoi du ministre de la Défense est pris à partie par des badauds. On entend aussi des tirs sporadiques.
 
Le gouvernement a annoncé qu’il ne comptait pas se laisser intimider par des "hors-la-loi" mais cette nouvelle attaque illustre les difficultés des nouvelles autorités libyennes à garantir la sécurité. Beaucoup de milices refusent encore de rendre leurs armes et font la loi dans plusieurs régions du pays.
 
"Malgré les checkpoints, les armes circulent partout"
 
Tariq Elmeri est un Libyen de 28 ans qui a suivi des études d’informatique aux États-Unis avant de revenir habiter à Tripoli.
 
Ce genre d’attaque était prévisible, mais les habitants de Tripoli ne cèdent pas pour autant à la panique parce qu'ils y sont habitués. Les armes circulent partout. Et puis les gens ici n’accordent pas une grande confiance au gouvernement. Ils le disent corrompu. C’est pour ça que pour nous, ce n’est pas étonnant de voir d’anciens rebelles s’impatienter de cette manière, même si c’est stupide. Bien sûr, l’inquiétude pourrait grandir dans la population avec l'approche des élections, qui se tiendront le mois prochain [début juin, les Libyens vont élire une Assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution, ndlr]. 
 
Dans la ville, il y a encore beaucoup de checkpoints pour contrôler les allers et venues mais les armes continuent de circuler.
 
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