Photos exclusives de la ligne de front entre les deux Soudans

Photo de soldats sud-soudanais à la frontière. Toutes ces photos ont été prises par Nenad Marinkovic/Enough Project.
 
Notre Observateur, chercheur pour l’association américaine Enough Project, a pu se rendre à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, où les "frères ennemis" s'affrontent depuis plusieurs semaines pour des tracés de frontières et surtout des ressources pétrolières.
 
Depuis leur séparation officielle il y a un an, le Soudan et le Soudan du Sud continuent de se déchirer sur des questions laissées en suspens au moment des accords de paix signés en 2005, après 22 années d’une guerre dévastatrice. Car le Soudan du Sud a proclamé son indépendance sans être parvenu à se mettre d’accord avec Khartoum sur le partage des revenus du pétrole et le tracé des frontières.
 
À la fin du mois de mars, des combats ont éclaté dans la région d’Heglig, une zone pétrolifère située à la frontière des deux pays revendiquée par le Soudan du Sud. En avril, l’armée sud-soudanaise a occupé cette région pendant dix jours avant de retirer ses troupes sous la pression de la communauté internationale. Heglig est aujourd’hui sous le contrôle de Khartoum, mais les deux pays s’accusent toujours mutuellement de continuer à mener des attaques.
 
La semaine dernière, Khartoum et Juba ont affiché leur volonté de mettre un terme aux hostilités, mais il a fallu attendre ce week-end pour que les menaces brandies par l’ONU se traduisent effectivement par une pause dans les combats.
 
Ces photos ont été prises la semaine dernière par notre Observateur à Unité, un État pétrolier situé au nord du Soudan du Sud, à la frontière avec le Soudan.
 

 
Enfants de Bentiu. 
Contributeurs

"Pour les soldats sud-soudanais, la seule option pour ramener la paix serait une grande offensive contre l’armée du nord"

Nenad Marinkovic est chercheur au sein de l’association Enough Project. Il s’est rendu dans l’État d’Unité, près de Bentiu, sa capitale, où les affrontements entre les deux armées faisaient rage. Il a également publié ses photos et son témoignage sur son blog.
 
La semaine dernière, j’étais sur la base militaire de l’APLS [l'armée sud-soudanaise, NDLR] à Panakuac, une ville située sur la ligne de front, à trois kilomètres des positions de l’armée soudanaise. C’est là que les troupes sud-soudanaises ont été attaquées par un raid de l’armée soudanaise [le 29 avril].
 
À Bentiu, on ressent une véritable indignation contre la communauté internationale. Les soldats sud-soudanais s’impatientent. Ils veulent reconquérir Heglig. Ils disent qu’ils se sont retirés de cette zone à cause de la pression internationale. Pour eux, ce retrait était un moyen de montrer qu’ils voulaient la paix. Maintenant, ils demandent que la communauté internationale mette un terme à ce qu’ils considèrent comme une "agression d’Omar el-Bachir" [le président du Soudan].
 
'L’Union africaine et Thabo Mbeki [le chef de l’UA] ne font que parler', m’a dit un soldat à Bentiu, de retour de la ligne de front. Le gouvernement de Juba négocie en ce moment pour tenter de trouver une issue pacifique à ce conflit. Mais, pour les habitants de l’État d’Unité, la seule option qui vaille pour ramener la paix serait de lancer une grande offensive contre l’armée du nord.
 
Une femme sud-soudanaise.
 

 

 

 

 

Commentaires

Quand je vois ces horribles

Quand je vois ces horribles images, je me demande comment ainsi s'armer et combattre ses propres compatriotes, vraiment c'est triste, surtout que ce sont sur les civiles que retombent les conséquences.
Je me demande à quand le changement de ce continent!!!



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