Affrontements meurtriers au Caire : qui étaient les assaillants ?

 
Mercredi matin à l'aube, des manifestants opposés au régime militaire ont été attaqués par des hommes armés devant le ministère de la Défense. Le bilan est pour l’instant de vingt morts. Notre Observateur sur place s’interroge sur l’identité des assaillants, qui étaient particulièrement bien armés.
 
Ces incidents interviennent alors que l’Egypte organise dans quelques semaines sa première élection présidentielle depuis la chute d’Hosni Moubarak. Trois candidats à la présidentielle des 23 et 24 mai - celui des Frères musulmans Mohammed Morsi, l'islamiste Abdel Moneim Aboul Foutouh et l'avocat de gauche Khaled Ali - ont décidé de suspendre leur campagne en raison des violences.
 
Tirs de cocktails Molotov de la part des assaillants à Al Abassiya.
Contributeurs

"Ils ont attaqué avec des gaz lacrymogènes"

Mohamed Salah @MhmdSalah1, blogueur égyptien de 25 ans, était sur place au moment des incidents.
 
J’étais sur place depuis 19 heures hier soir [mardi]. Environ 2 000 manifestants pacifiques étaient rassemblés sur la place, près du ministère de la Défense. Tous scandaient "À bas le pouvoir militaire", réclamant le retour immédiat à un pouvoir civil. Je tiens à préciser que les manifestants étaient de toutes sensibilités : il y avait des libéraux, des salafistes, des laïcs, des jeunes du Mouvement du 6-avril [d’après d’autres témoignages, les partisans de l’homme politique salafiste Abou Ismaïl, dont la candidature à l’élection présidentielle a été disqualifiée par la commission électorale, étaient majoritaires dans le rassemblement ndlr]. Quatre blindés étaient stationnés à proximité. Ils n’ont d’ailleurs pas bougé pendant l’attaque.
 
Vers 1 heure du matin, environ une centaine de "baltaguiyas" [nom donné aux hommes de main du pouvoir sous Hosni Moubarak ndlr] les ont attaqués avec des gaz lacrymogènes et en tirant à balles réelles [sur Twitter, les internautes s’interrogent sur la façon dont des civils se sont procurés des gaz lacrymogènes ndlr]. Certains rodaient autour des manifestants depuis un moment, d’autres sont arrivés pour l’attaque. Ils étaient tous habillés en civil. Ce ne sont donc pas "officiellement" des militaires, mais ils étaient particulièrement bien équipés [d’autres témoignages parlent également de barres de fer et de bâtons ndlr]. En revanche, les manifestants que j’ai vu n’étaient pas armés. Ils ne jetaient que des pierres [selon les services de sécurité, les deux côtés ont fait usage de cocktails Molotov ndlr].
Au moment de l’attaque, j’ai vu cinq hommes tomber à terre à quelques mètres à peine de moi, touchés par balles. L’un d’entre eux était mon ami. Il s’appellait Talaat, il avait 20 ans et étudiait à l’université Ain Shams. Ils ont tout de suite été amenés par des manifestants vers les hôpitaux de fortune installés à côté de la place.
 
Vidéo des affrontements dans la nuit de mardi à mercredi.
 
Photo postée sur Twitter par @3mo_shehab.
 
Un des motards qui transportaient les blessés de la place Al Abassiya. Photo postée sur Yfrog par Ruwaydah Mostafa.
 
Une des cartouches retrouvées sur place. Photo prise par notre Observateur Mohamed Salah.
 
Endroit ensanglanté de la place Al Abassiya. Photo prise par notre Observateur Mohamed Salah.
 
 
 

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Pourquoi tant de violences

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