Le camp des bérets rouges pris par les ex-putschistes : "Un symbole de l’ancien pouvoir vient de s’écrouler"

 
Pour la deuxième journée consécutive à Bamako, des affrontements ont opposé les bérets verts (ex-putschistes) et les bérets rouges, une unité de parachutistes loyale à l’ancien président Amadou Toumani Touré (ATT).
 
Après leur coup d’Etat le 22 mars, des militaires menés par le capitaine Sanogo ont accepté d’entamer des négociations pour une transition démocratique au Mali avec la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Ils ont d’ailleurs accepté, le 6 avril, de transmettre le pouvoir à un gouvernement civil de transition. Mais depuis quatre jours, les discussions entre les différentes parties semblent au point mort car les ex-putschistes refusent de signer le plan de sortie de crise de la Cédéao.
 
Dans ce contexte de crise politique, des militaires de la garde présidentielle fidèles au président déchu ATT ont tenté d’attaquer les anciens putschistes en visant trois sites stratégiques : la radio-télévision d’Etat (ORTM), le camp de Kati (quartier général de l’ancienne junte) et l’aéroport de Bamako.
 
Ces affrontements auraient fait entre 11 et 14 morts selon les sources et une quarantaine de blessés. Au cours de la nuit, les ex-putschistes ont progressivement pris l’avantage sur les bérets rouges, si bien qu’ils ont affirmé ce matin avoir déjoué un "contre coup d’État". Cet après-midi, ils ont contre-attaqué en investissant le camp des parachutistes, à côté duquel habite notre Observateur.
 
Vidéo prise mardi après-midi près du camp des paras et publiée sur Facebook.
Contributeurs

"Le symbole d’ATT vient de s’écrouler"

Mohammed Dicko vit à côté du camp des parachutistes situé dans le quartier de Djicoroni Para, dans le centre-ville de Bamako. 
 
Un béret vert vient de me dire qu’ils avaient pris le contrôle du camp de parachutistes de Djicoroni Para. Pour nous, les habitants, un symbole vient de s’écrouler. Celui du système ATT. Ce camp de paras, c’est là où avait été enfermé Moussa Traoré [ancien président du Mali] après le coup d’État de 1991 mené par Amadou Toumani Touré.
 
 
Les tirs sporadiques se sont intensifiés à la mi-journée près du camp. J’ai vu dans la matinée des bérets rouges fuir à pied ou au volant de leur 4x4 et aller en direction du camp d’entraînement de Samako, à l’ouest de Bamako. Ils évacuaient aussi femmes et enfants. Le camp s’est très rapidement vidé au fil des heures. Les troupes de Kati étaient positionnées pas loin, au niveau d’ACI 2000 [quartier voisin ndlr]. Ils ont dû investir le camp et désarmer les derniers paras qui faisaient de la résistance.
 
Depuis le putsch, les militaires de Kati n’avaient pas cherché d’ennuis aux parachutistes restés loyaux à ATT. Mais hier, ils se sont rendus compte qu’ils pouvaient leur nuire. Alors ils ont dû décider de les mettre aux pas.

Commentaires

ATT

amadou toumami toure.doit laisser la place aux autre afin de rendre le mali l'un des pays le moins pauvre de l'afrique.avec cette classement mondiale,le mali doit recupere sa place.



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