Guerre des pupitres dans les universités chinoises

 
En Chine, la concurrence entre étudiants est rude, alors quand il s’agit de réviser pour l’entrée en master, sésame pour obtenir un travail, ils sont prêts à livrer bataille. En premier lieu, il faut obtenir une chaise et une table pour bachoter tranquillement. Et certains vont jusqu’à enchaîner leurs sièges pour ne pas se faire piquer leurs places.
 
Des étudiants de l’université de Shandong, dans l’est de la Chine, en sont venus aux mains lundi après un désaccord sur l’attribution d’une place pour réviser car les sièges se font très rares à l’approche de la période des examens. Selon le "China Daily", les autorités universitaires ont mis en application une nouvelle réglementation ce mois-ci qui oblige les étudiants à réviser uniquement dans les salles rattachées à leur département d’études. Dans ce cas précis, les étudiants du département de sciences humaines et sociales auraient essayé de s’installer à des bureaux attribués à un autre département.
 
 
Les étudiants ne sont pas les seuls à dérailler à l’approche des examens. Le mois dernier, dans la province du Hunan, des collégiens, épuisés par le rythme scolaire qui leur est imposé, ont brûlé tous leurs livres de cours.
 
Contributeurs

“Le marché du travail est très tendu en ce moment et beaucoup d’étudiants pensent que faire un troisième cycle à l’université leur permettra de trouver un emploi”

Cheng Wenting est étudiante à X’ian, à l’ouest de la Chine.
 
J’ai passé mon examen d’entrée en master cette année. Comme beaucoup d’étudiants, j’ai dû sévèrement batailler pour obtenir une place. Dans mon université, on pose en général son sac et ses livres pour réserver les tables. C’est vrai que c’est une période tendue mais nous n’en sommes jamais venus aux mains !
 
Ces étudiants doivent subir une pression particulièrement forte et ne sont certainement pas très matures. Pour autant, je pense que les universités doivent absolument résoudre ce problème. La plupart d’entre elles n’ont pas assez de sièges dans les bibliothèques ou les classes pour accueillir tous les étudiants [les dortoirs des étudiants sont généralement trop bondés pour pouvoir y travailler ndlr]. Ceux qui en souffrent le plus sont les établissements de seconde rang, dont fait partie l’université de Shangdong. Ils ont plus de mal à obtenir des aides financières de la part du gouvernement.
 
Le marché du travail est très tendu en ce moment et beaucoup d’étudiants pensent que faire un master leur permettra de trouver un emploi. Ce qui est particulièrement vrai pour ceux qui sont allés dans des universités moins prestigieuses car la licence ne suffit pas.
 
Pour garder leur places, des étudiants de l'université de Shandong ont enchainé leurs sièges. Photo publiée sur le site Ministry of Tofu.
 
Un mot sur un bureau: "Ces sièges sont à moi, et je n'ai pas peur de me battre. Cette rangée est occupée. Ne me cherchez pas. Et n'enlevez pas ce mot. Merci!!' Photo publiée sur le site Ministry of Tofu.
 
Une salle de classe ou les étudiants révisent leurs examens. Photo publiée sur Weibo. 
 
Une façon ingénieuse de garder sa place... Photo publiée sur Weibo.


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