Bo Xilai, l’étoile déchue de la politique chinoise, censuré sur le Web

Le 10 avril, l’agence de presse officielle Xinhua a annoncé que le "camarade Bo Xilai", ex-dirigeant de la province du Chongqing et étoile montante Parti communiste chinois (PCC), était suspendu du bureau politique (25 membres) et du comité central du parti. Un peu plus tard, l’agence annonçait en outre que la femme de Bo Xilai pourrait être impliquée dans le décès du Britannique Neil Heywood, homme d’affaire retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Chongqing en 2011.

La PCC a justifié sa décision de suspendre Bo Xilai en expliquant qu’il avait violé les règles "régissant la discipline du parti" et ainsi terni l’image du pays. Selon les analystes, Bo Xilai incarne un style politique atypique en décalage complet avec la ligne du parti, basée sur la discrétion.

Surnommé le "Kennedy chinois" par les médias internationaux, Bo Xilai est un homme politique populaire au profil complexe : à la fois nostalgique du maoïsme, pourfendeur de corruption dans la province du Chongqing qu’il dirigeait depuis 2007, il était aussi impliqué dans des histoires obscures.

Immédiatement après son éviction, les commentaires sur les réseaux sociaux ont explosé. Le premier communiqué de Xinhua, a été retweeté 50 000 fois en 15 minutes. Mais rapidement la censure chinoise a contre-attaqué. Le nom de l’homme politique, ainsi que celui de sa femme, sont désormais introuvables sur le site de microblogging Weibo. Les options de republication de certaines personnalités de gauche, comme Sima Nan, ont été bloqués et la photo de profil de Bo Xilai, que ce dernier avait postée il y a quelques jours, a été supprimée.

L’accès à la plupart des sites maoïstes, notamment Mao Flag  ou Utopia,  a également été bloqué.
 
En haut, le site de MaoFlag, en bas, le site d'Utopia.


 
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