Les manifestants bahreïnis réussiront-ils à saboter le Grand Prix de Formule 1 ?

Graffiti défendant le boycott du Grand Prix de Formule 1 : "Ne faites pas la course sur notre sang". Photo postée sur Twitter par Dr Ala'a Shehabi. 
 
Après plusieurs semaines de manifestations contre le Grand Prix de Formule 1 prévu dimanche 22 avril, plusieurs activistes du royaume ont décidé de passer à la vitesse supérieure en décrétant "trois jours de colère" de vendredi à dimanche. Côté piste, la séance d'essais commence ce vendredi 20 avril sur le circuit de Sakhir, au sud de la capitale Manama.

Les manifestants considèrent que la monarchie bahreïnie, qu’ils accusent d’atteintes aux droits de l’Homme, ne devrait pas avoir le privilège d’organiser une telle compétition. Ces dernières semaines, des slogans hostiles à l’organisation du Grand Prix ont été scandés par les manifestants, mais aussi postés sur les réseaux sociaux afin de convaincre les fans de ne pas y assister.
 
Les manifestations ont pris une tournure plus violente en milieu de semaine. Mercredi soir, des activistes ont brûlé des pneus à Manama et bloqué plusieurs artères de la capitale. Le lendemain, des affrontements ont opposé des manifestants à la police dans plusieurs villages chiites du pays.
 

Manifestants à Manama, mercredi soir.
 
"Chères équipes de F1, dites 'non' au Grand Prix de F1 du Bahreïn... si vous respectez le peuple bahreïni."
 
"Les fans de F1 devraient se préparer à respirer des gaz lacrymogènes plus que de la fumée de pneus !"
 
"Nous boycottons le Grand Prix car notre roi est un assassin. Nous ne roulerons pas sur les corps de nos martyrs. Nous n'arrêterons pas de manifester."
 
Le pilote espagnol Pedro de la Rosa (HRT), président de l'Association des pilotes de Grand Prix (GPDA), a pourtant déclaré jeudi qu'il n'était "pas inquiet pour la sécurité" des pilotes qui, selon lui, font confiance à l'instance organisatrice, la Fédération internationale de l'automobile (FIA), qui a assuré que la course se déroulerait dans de bonnes conditions de sécurité.
 
Pourtant, un premier incident impliquant un coureur a eu lieu jeudi. Un membre de l'équipe Force India a quitté le pays après qu'un cocktail Molotov a explosé près de sa voiture, sur le chemin qui le ramenait à l'hôtel.

Pays à majorité chiite (environ 75 % de la population), le Bahreïn est une monarchie gouvernée exclusivement par des sunnites. Depuis le mois de février 2011, des membres de la communauté chiite, qui s’estiment victimes de discrimination, descendent régulièrement dans la rue pour demander une réforme constitutionnelle. Lors de ces manifestations, ils bloquent les rues, brûlent parfois des véhicules et n'hésitent pas à utiliser des cocktails Molotov contre la police.
 
 
Des manifestants déguisés en pilotes de F1 portant des armes. Photo postée sur Twitter par Ali.
 
Photo postée par Feb14guy.
Contributeurs

Commentaires

Et cette année 2013 que va t'il se passer ?

L'année dernière c'est vrai que l'on a presque faillit voir l'annulation du Grand Prix de Barheïn que va t'il se passer cette année j'ai l'impression que le pouvoir en place a mit une grosse pression pour que tout se "passe bien" cette saison mais a quel prix ? cela vaut-il la peine d'aller courir dans des pays comme ceux-ci ?



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