Des bougies sont allumées mercredi soir en hommage à Dimitris Christoulas.
Mercredi matin, Dimitris Christoulas, un pharmacien retraité
pris à la gorge par ses dettes, a mis fin à ses jours sur la très symbolique place Syntagma, devant le Parlement d’Athènes. Quelques heures plus tard, un flot ininterrompu de citoyens venait rendre hommage à un "héros" de la révolte grecque.
À 77 ans, Christoulas s’est tiré une balle dans la tête en public au centre d’Athènes.
Dans un message expliquant son geste, l’homme expliquait que le gouvernement avait "anéanti" toutes ses "possibilités de survivre". Sa retraite avait été drastiquement réduite et il ne voulait pas se retrouver "à chercher à manger dans les poubelles". Dimitris Christoulas a par ailleurs écrit : "Je pense que les jeunes sans avenir de ce pays prendront un jour les armes et pendront les traîtres du pays".
Des milliers de personnes ont rejoint hier le lieu où il s’est donné la mort pour une veillée nocturne, y déposant des fleurs et des messages de solidarité.
Les manifestants rassemblés en hommage à Dimitris Christoulas se dirigent vers le parlement. Vidéo publiée sur YouTube par Kimadenprilono du mouvement grec "I Won't Pay".
Plus tard dans la nuit, des affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre (vidéo ci-dessous). La police répondant aux cocktails Molotov et aux jets de pierres par des gaz lacrymogènes. Mais toute la journée de jeudi les habitants ont continué à venir très nombreux sur le site.
Dans un communiqué, le Premier ministre grec, Lucas Papadémos, a déclaré que "dans la période très difficile que traverse le pays, tout le monde, l’État comme les citoyens, doit soutenir les plus désespérés."
À mesure que la Grèce s’engouffre un peu plus dans la crise économique, les tentatives de suicide augmentent. Entre 2010 et 2011, le nombre d’appels reçu par la ligne d’urgence pour les candidats au suicide a doublé. En contrepartie du plan de sauvetage financier décidé par l’Eurozone, des baisses de dépenses drastiques ont été imposées à la population grecque par le gouvernement. Les retraites, les prestations sociales des chômeurs mais aussi les salaires ont été revus à la baisse et des pans entiers du secteur public ont été sacrifié faute de moyens.