Cette marche a été organisée par des mouvements indigènes et des organisations sociales d’Équateur. Elle a été placée sous le signe de l’eau parce que ce projet de mines menace, notamment, les nappes phréatiques, surtout dans le sud du pays où la plus grande partie de ce projet va être lancée. Il s’agit aussi d'une question de dignité car des populations indigènes risquent d’être déplacées de leurs terres.
Ce voyage de 700 km n’a pas été facile pour eux. Les autorités locales ont tout fait pour les empêcher d’arriver jusqu’à Quito. Des manifestants ont été empêchés, par exemple, de traverser le centre de certaines villes comme Latacunga ou Riodanda. Des bus qui se dirigeaient vers Quito ont également été arrêtés et les voyageurs, dont certains n’avaient rien à voir avec la manifestation, ont été obligés de descendre avant la fin du voyage. Ces pressions des autorités ont continué jusqu’à l’arrivée des manifestants à Quito : le président lui-même avait appelé à un contre-rassemblement pour dénoncer nos revendications.
"Le droit à l’eau et à la protection de l’écosystème sont inscrits dans notre Constitution"
Ce projet est anticonstitutionnel car le droit à l’eau et à la protection de l’écosystème sont inscrits dans notre Constitution. Si nous sommes déterminés dans notre lutte, c’est parce que nous avons déjà fait l’expérience de mines par le passé, notamment avec
l’exploitation pétrolière de la société Chevron [fermé aujourd’hui] pendant les 40 dernières années dans le nord du pays qui avait eut des conséquences désastreuses. À cause de ces puits de pétrole, les nappes phréatiques de la région ont été contaminées, ce qui a conduit à la dégradation de la forêt tropicale et au déplacement de populations indigènes. Parmi ces tribus, celle des
Tetetes n’a pas survécu à la perte de sa culture et de ses terres. Elle a aujourd’hui complètement disparu. Et ce n’est pas non plus un hasard si le nombre de
personnes atteintes de cancers dans cette région est largement supérieur à la moyenne nationale.
Le président Rafael Correa a, certes, promis que 10 % des bénéfices de cette exploitation minérale iraient aux populations locales déplacées, mais que vaut cet argent quand vous déplacez une population en la chassant de ses terres ? Pour notre part, nous ne comptons pas nous laisser intimider par les pressions gouvernementales. Nous continuerons notre combat par tous les moyens légaux qui sont à notre disposition, jusqu’à appeler à la désobéissance civile s’il le faut. Le droit à la résistance est, lui aussi, inscrit dans la Constitution de l’Équateur.