Le tueur présumé de Toulouse se serait entraîné au Pakistan : "Là-bas, on leur lave le cerveau pour tuer de sang-froid"

 
Selon les autorités françaises, l'auteur présumé des meurtres de trois enfants et d’un père de famille juifs ainsi que de trois soldats français aurait des liens avec des organisations djihadistes et aurait séjourné par le passé au Pakistan et en Afghanistan. Un expert pakistanais décrit les entraînements terroristes dispensés dans la région.

Selon le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, l’homme était sous surveillance depuis plusieurs années pour ses activités à l’étranger, sans pour autant faire quoi que ce soit permettant de suspecter un acte criminel.    
Le tueur présumé, Mohamed Merah, est un Français d’origine algérienne âgé de 24 ans. Il a affirmé à la police qu'il faisait partie du réseau terroriste Al-Qaïda et aurait perpétré ces meurtres pour venger la mort d’enfants palestiniens et protester contre la présence de troupes françaises en Afghanistan.

Un expert pakistanais des groupes extrémistes nous explique en quoi consistent ces entraînements djihadistes dispensés aux étrangers au Pakistan ainsi que de l’autre côté de la frontière, en Afghanistan.
 

Un camp d’entraînement de Taliban, dans la vallée de Swat au Pakistan. Vidéo non datée.
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"Ce genre d’actes nécessite une détermination à toute épreuve"

Irfan Husain est journaliste.  Il a publié en novembre 2011 "Fatal Faultlines", un livre sur la radicalisation islamiste au Pakistan.  

En général, les étrangers qui viennent au Pakistan et s’entraînent dans des camps de terroristes ont des origines pakistanaises mais pas seulement. L’homme qui avait dissimulé des explosifs dans ses semelles de chaussures par exemple [tentative d’attentat de Richard Reid en 2001 sur le vol 63 American Airlines] était Britannique, de mère anglaise et de père jamaïcain.

Ceci dit, vous ne pouvez pas entrer comme ça dans un de ces camps. Ce jeune homme connaît forcément quelqu’un à l’intérieur ou a contacté des prédicateurs sur Internet. Par ailleurs, quand les étrangers arrivent au Pakistan, ils passent d’abord par une école islamique pour recevoir un enseignement religieux. Les recruteurs prennent le temps de les connaître afin de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’espions infiltrés. Une fois qu’ils sont certains que ce sont de "bons éléments", ils leurs donnent des habits traditionnels et les emmènent dans les montagnes – parfois les yeux bandés – dans des camps où ils sont formés à l’utilisation des armes légères et des explosifs.

En ce qui concerne la fusillade de Toulouse, pas besoin d’apprendre à se servir de toute une panoplie d’armes. Mais ce genre d’actes nécessite une détermination à toute épreuve. Et le lavage de cerveaux dont font l’objet les personnes formées peut permettre d’arriver à un tel degré de sang-froid.

Le deuxième scénario, c’est que cet homme est venu au Pakistan pour un enseignement religieux et c'est seulement ensuite qu'il aurait été convaincu de devenir un activiste djihadiste. Mais même dans ce cas, il faut être prédisposé à adhérer aux idéologies extrémistes.

La plupart de ces camps sont situés dans les zones tribales du nord de la province du Waziristan. Et malgré les pressions des Etats-Unis, l’armée pakistanaise ferme les yeux sur leur existence. La logique des autorités pakistanaises est de considérer que ces militants [étrangers] ne sont pas hostiles au Pakistan. Par ailleurs, il est ensuite très simple d’aller en Afghanistan puisque la frontière est poreuse et là-bas, ils peuvent recevoir exactement le même type d'entraînement.

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