Pendant la marche de l’opposition, les forces de sécurité n’ont pas levé le petit doigt. Elles ont regardé passer le cortège. Mais à la fin, quand nous avons voulu nous diriger vers la place, ils nous ont bloqués avant même que nous puissions nous approcher. Et quelques minutes après, nous avons été aspergés par des tonnes de gaz lacrymogènes [Produit dont l'utilisation fréquente a déjà été
dénoncée par les manifestants] et ils ont tiré dans la foule avec des balles en caoutchouc. J’étais en première ligne. Rapidement, j’ai eu beaucoup de mal à respirer. D’autres manifestants m’ont aidé à sortir de la foule et ils m'ont mis dans une voiture. Beaucoup d’autres participants ont été emmenés pour être soignés - chez eux et non à l’hôpital car on ne fait pas confiance aux autorités. Il y avait aussi des femmes et des enfants dans la foule.
Les organisateurs de la marche nous avaient dit de ne pas aller place de la Perle, mais c’est difficile pour des gens qui ont été torturés ou qui ont perdu des proches dans cette contestation de rester à l’écart du lieu où tout a commencé. C’est bien plus qu’une simple place : c’est un symbole. C’est là que les forces de l’ordre nous ont attaqués pour la première fois, l’année dernière. Et c’est aussi là que nous voulons nous rendre pour montrer aux autorités que nous n’avons pas oublié toutes les victimes de la répression. Mais, pour le gouvernement, cet endroit est devenu une ligne rouge à ne pas dépasser. Mais le fait que l'on nous empêche d’y retourner ne nous laisse pas beaucoup d’espoirs sur d’éventuelles avancées démocratique dans le pays. "