Loin de Homs, où en est la révolte syrienne ?

Des chars entrent dans le village d'Alfaya, près de Hama, le 27 février.
 
Alors que les medias du monde entier ont les yeux braqués sur la ville de Homs, toujours pilonnée sans relâche par l’armée syrienne, nous avons demandé à nos Observateurs dans le reste du pays, à Hama, Deraa et Zabadani, ce qu’il advenait de la contestation en bas de chez eux.

Depuis près d’un an, les chars de l’armée de Bachar al-Assad sillonnent le pays pour faire taire le mouvement de contestation. Les principales villes de Syrie se sont, une à une, retrouvées sous le feu des projecteurs alors qu’elles subissaient les violentes représailles du régime. À Deraa, point de départ de la contestation le 15 mars 2011, à Zabadani, première ville "libérée" par l’armée libre syrienne en janvier dernier, et, enfin, à Hama, ville-symbole de la résistance à la famille Assad depuis le massacre commis en 1982 par les troupes d’Hafez al-Assad, nos Observateurs font le point sur la révolte.
 
 

"À Zabadani, le pouvoir a tout fait pour éviter une ‘Benghazi syrienne’ et ça a marché"

 
Mohammad Ali est l'un des fondateurs du Comité révolutionnaire syrien de Zabadani.

J’ai fui Zabadani il y a deux semaines, après que la ville a été reprise par l’armée régulière aux déserteurs de l’Armée syrienne libre (ASL). Il faut savoir qu’au lendemain de la prise de la ville par l’ASL, les déserteurs se sont attaqués au bureau des forces sécurité centrales [Un des services de maintien de l'ordre rattaché au ministère de l'Intérieur] de la ville, ce qui a poussé les autorités à contre-attaquer en proportion. Par ailleurs, comme nous avions cherché à médiatiser la nouvelle de la "libération" de Zabadani et de Madaya, le pouvoir a commencé à craindre une contagion. Il ne voulait pas d’une 'Benghazi syrienne' [première ville de Libye à avoir échappé à l’autorité de Kadhafi]. La nouvelle d’un tel succès aurait pu avoir un impact très positif sur le moral de nos troupes et ébranler l’armée régulière.
 
C’est pourquoi l’armée syrienne a contre-attaqué de façon très violente, surtout les 13, 14 et 15 février. Le 15, l’ASL a était obligée de quitter la ville pour éviter que la population civile ne paie le prix de sa présence. Les soldats déserteurs sont partis se réfugier dans les montagnes voisines.

Aujourd’hui, la situation est bien plus difficile qu’avant les combats, car la communication avec la ville est quasi impossible à cause des coupures d’électricité. Le mouvement de contestation dans la ville est aujourd’hui neutralisé. Et l’armée régulière semble bien décidée à ne pas essuyer une deuxième défaite à Zabadani."

"Hama est toujours assiégée mais les villages de campagne ont pris le relais de la contestation"

 
Omar Rahmoun est membre du Comité révolutionnaire de Hama. Il vit dans le village de Halfaya, au nord de Hama.

La ville de Hama est assiégée par l’armée régulière depuis sa dernière attaque [en décembre 2011]. Les chars et les points de contrôle pullulent, ce qui rend les déplacements des opposants plus difficiles. C’est pour cela que, désormais, ce sont les villages aux alentours qui se mobilisent. Ces villages de la campagne de Hama s’étendent sur un rayon de 60 à 70 km. Il est donc plus compliqué pour l’armée régulière d’y contrôler les manifestants.

Les villages et les campagnes sont très mobilisés en Syrie. À Jabal Azzawiyah, un village près de la ville d'Idlib, au nord, la mobilisation est plus importante que dans la ville même. À Douma, à 20 km de Damas, la révolte dépasse de loin les mouvements qui ont eu lieu dans la capitale. En fait, la ville de Homs est une exception car la contestation s’est concentrée dans l’enceinte même de la ville - d’où une répression très ciblée.

En revanche, parmi les villages qui entourent Hama, certains sont sunnites [70 % de la population syrienne est sunnite] tandis que d’autre sont alaouites [minorité chiite dont fait partie la famille Assad]. Ce qui constitue un avantage pour les forces de l’ordre syriennes car il y a peu de chances de voir tous les villages joindre leurs forces contre le régime."
 
 
Lors d'une manifestation à Halfaya, village proche de Deraa, le 27 février.
 

"Dans la région de Deraa nous avons répertoriés plus de 70 points de manifestations régulièrement actifs"

Mounif Zaeem est militant dans un village de Houran, région dont le chef-lieu est Deraa.

C’est normal que l’on parle de Homs, car la répression y est plus brutale qu’ailleurs. Pour autant, dans la région, nous avons répertorié plus de 70 points de manifestation régulièrement actifs. Et que ce soit à Deraa [Des affrontements entre armée régulière et déserteurs y ont fait 5 morts, mardi ] ou dans les villages aux alentours, le mouvement de contestation demeure aussi fort.

Le tissu social de la région est très solide. Ici, les habitants sont structurés en tribus, toutes sont liées les unes aux autres. De fait, quand quelqu’un est touché par la répression des forces du régime, tous les autres se mobilisent par solidarité. Le lien de sang est une ligne rouge à ne pas dépasser à Houran."
 
Un magasin brûlé après une intervention des forces de sécurité à Gizah, dans la région de Houran.

Commentaires

Syrie Syrie

Il y des milliers de morts en Syrie et certains préfèrent fermer les yeux et ramener cela aux palestiniens!
J'appelle cela une manoeuvre de diversion et de propagande.

L'émetteur de la télé palestinienne compte plus que la vie des syriens?

nous connaissons tous les

nous connaissons tous les exactions ke subissent les palestiniens pendant plus de 50 ans meme ce matin les emetteurs de radio et televisions ont eté cassé et la saisi des materiel de communications par larmé israelienne na pas eté ni montré ni parler par les media et vous voulez resoudre un probleme ki vient juste de naitre... faut etre impartiale en tan ke informateur.....

Exact

Bien dit Poulloh
Malheuresement j'a ai deja posté un commentaire de ce genre sur kelkes articles de F24, mais j'ai été censuré...
ke voulez vous, c'est ainsi la lois des lobby politico-économique



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