"Au début, c'était seulement des coups de bâtons, mais ensuite il y avait aussi des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène"
Shereezade est étudiante en biologie à Valence, elle a participé aux manifestations des derniers jours.

Nous défendons nos droits d'étudiants, sans violence. Il y avait environ 300 manifestants lundi, dont beaucoup de mineurs. Ils protestaient contre
l'arrestation d’autres étudiants jeudi dernier devant le collège Luis Vives. [un établissement privé d'électricité, d’eau, et de gaz, où avait commencé la manifestation lundi, et où les cours ont été suspendus mardi, ndlr]. La réaction de la police a été très dure, ils poussaient les gens contre les voitures et frappaient à l'aveugle... C’était vraiment excessif.
Des policiers matraquent des manifestants et l'un d'eux pousse deux jeunes filles contre une voiture. Vidéo publiée sur Youtube.
Il y a toujours des "radicaux" qui incitent à la violence, mais la manifestation de lundi était relativement calme. Je ne sais vraiment pas pourquoi elle a dégénéré. Je pense que c'est parce que le rassemblement n’était pas autorisé donc pas légal. Mais ça ne justifie pas cette violence. C’était une honte.
Dès le départ, les policiers ont eu une attitude agressive. Ils ont essayé de disperser les étudiants par des menaces, mais quand ils ont vu que cela ne fonctionne pas, ils les ont battus avec des matraques. Ensuite il y a eu des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène. Ils ont finalement réussi à nous encercler.
Il n’y avait pas seulement des étudiants et des jeunes, il y avait aussi des professeurs, des parents... Ils manifestaient pour qu’on reçoive une éducation décente. Le gouvernement fait tellement de coupes budgétaires que nous n'avons même pas de chauffage dans les salles de classe.
Comme slogan, les étudiants montrent leurs mains ou leurs livres et scandent "Estas son nuestras armas" (Ce sont nos armes). Au rythme où vont les choses il est probable que la situation s’envenime même si je ne le souhaite pas."
Lycéens et étudiants ont été rejoints par leurs aînés, lundi 20 février à Valence. P
hoto publiée sur Twitter.
Des étudiants brandissent leurs livres de classe, mardi 21 février à Valence. Photo publiée sur Twitter.
Un policier tente de faire évacuer la chaussée et donne une claque à un adolescent apparement calme, le lundi 20 février à Valence.
Vives tensions entre manifestants et policiers quand ces derniers tentent d'interpeller un jeune homme, le lundi 20 février à Valence.