Quand Valence ne paie plus la facture d’électricité, les étudiants trinquent

 
"Primavera valenciana", le printemps de Valence, c’est le nom qu’ont donné les jeunes Espagnols au mouvement qui agite les rues de la ville côtière depuis quelques semaines. Des manifestations d’étudiants hostiles aux restrictions budgétaires dans le secteur de l’éducation ont dégénéré lundi et ont été réprimées par la police à coup de matraques.
 
Une "force physique proportionnée", c’est en ces termes que le chef de la police régionale, Antonio Moreno, a qualifié l’intervention des forces de l’ordre contre les étudiants de Valence, capitale de la province autonome la plus endettée d’Espagne. Lundi, en fin d’après midi, l'opposition socialiste demandait aux autorités de s'expliquer sur ce qu'elle qualifie de "répression brutale". Et le lendemain, c’était au tour des responsables de l’université de Valence, une des plus anciennes et des plus importantes d’Espagne, de dénoncer sur son site Internet l’usage excessif de la violence. Une levée de boucliers à laquelle le ministre de l'Intérieur Jorge Fernandez Diaz a répondu en admettant que "quelques excès" avaient pu être commis.
 
Les policiers anti-émeutes barrent la route aux manifestants, lundi 20 février à Valence.
 
Des incidents avaient déjà éclaté la semaine précédente dans la même ville. Cette vague de contestation fait suite à la mise en place d’un plan de rigueur par les autorités de la région début janvier. Des mesures d’austérité qui se traduisent par des augmentations d'impôts ainsi que des coupes budgétaires d’un montant de plus d'un milliard d'euros. Et depuis quelques semaines, plusieurs établissements se sont vu couper leur alimentation en chauffage
 
La police charge les manifestants et frappe à coups de matraques à Valence, le lundi 20 février à Valence
 
La police charge les manifestants et frappe à coups de matraques à Valence, le lundi 20 février à Valence. 
 
Contributeurs

"Au début, c'était seulement des coups de bâtons, mais ensuite il y avait aussi des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène"

Shereezade est étudiante en biologie à Valence, elle a participé aux manifestations des derniers jours.
 
Nous défendons nos droits d'étudiants, sans violence. Il y avait environ 300 manifestants lundi, dont beaucoup de mineurs. Ils protestaient contre l'arrestation d’autres étudiants jeudi dernier devant le collège Luis Vives. [un établissement privé d'électricité, d’eau, et de gaz, où avait commencé la manifestation lundi, et où les cours ont été suspendus mardi, ndlr]. La réaction de la police a été très dure, ils poussaient les gens contre les voitures et frappaient à l'aveugle... C’était vraiment excessif.
 
Des policiers matraquent des manifestants et l'un d'eux pousse deux jeunes filles contre une voiture.
Vidéo publiée sur Youtube.
 
Il y a toujours des "radicaux" qui incitent à la violence, mais la manifestation de lundi était relativement calme. Je ne sais vraiment pas pourquoi elle a dégénéré. Je pense que c'est parce que le rassemblement n’était pas autorisé donc pas légal. Mais ça ne justifie pas cette violence. C’était une honte.
 
Dès le départ, les policiers ont eu une attitude agressive. Ils ont essayé de disperser les étudiants par des menaces, mais quand ils ont vu que cela ne fonctionne pas, ils les ont battus avec des matraques. Ensuite il y a eu des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène. Ils ont finalement réussi à nous encercler.
 
Il n’y avait pas seulement des étudiants et des jeunes, il y avait aussi des professeurs, des parents... Ils manifestaient pour qu’on reçoive une éducation décente. Le gouvernement fait tellement de coupes budgétaires que nous n'avons même pas de chauffage dans les salles de classe.
 
Comme slogan, les étudiants montrent leurs mains ou leurs livres et scandent "Estas son nuestras armas" (Ce sont nos armes).  Au rythme où vont les choses il est probable que la situation s’envenime même si je ne le souhaite pas."
 
Lycéens et étudiants ont été rejoints par leurs aînés, lundi 20 février à Valence.
Photo publiée sur Twitter.
 
Des étudiants brandissent leurs livres de classe, mardi 21 février à Valence.
Photo publiée sur Twitter.
 
Un policier tente de faire évacuer la chaussée et donne une claque à un adolescent apparement calme, le lundi 20 février à Valence.
 
Vives tensions entre manifestants et policiers quand ces derniers tentent d'interpeller un jeune homme, le lundi 20 février à Valence.
 
Mardi de nouvelles manifestations se sont déroulées à Valence. Des milliers de personnes sont cette fois descendues dans les rues.
 
Manifestation étudiante à Valence, le mardi 21 février 2012.
 
Manifestation étudiante à Valence, le mardi 21 février 2012.
 
Lundi, une vingtaine de personnes auraient été interpellées selon les médias locaux.


Fermer