Les habitants de Homs attendent l’assaut final

 
Ce mercredi, au moins 47 civils ont été tués à Homs, selon des activistes. Pour suivre en direct l’offensive militaire dans cette ville, consultez notre liveblogging
 
La ville syrienne de Homs, haut lieu de la résistance au régime du président Bachar al-Assad, est assiégée et bombardée de plus en plus intensivement depuis cinq jours par l’armée régulière. Nos Observateurs racontent que des chars ont envahi pour la première fois le quartier d'Inchaat et que les soldats s’apprêtent à lancer l’assaut final sur les quartiers de Khalidiyé et de Baba Amr, bastion de la contestation. 
 

"Ils ont transformé l’hôpital en lieu de détention"

Mahmoud Arabi, 25 ans, est étudiant. Il habite le quartier de Baba Amr, à Homs.
 
À 6 heures du matin, les chars de l’armée syrienne ont envahi le quartier voisin, Inchaat.
 
Les chars de l’armée régulière entrent dans le quartier d'Inchaat, à Homs, le 8 février. soshoms42011 sur YouTube.
 
Ils ont occupé l’hôpital public Al-Hikma où nous transportions les blessés. Cet hôpital avait déjà été bombardé il y a trois jours. Ils l’ont maintenant transformé en une sorte de caserne militaire et en prison où ils retiennent et torturent les citoyens
 
Une pluie d’obus est tombée sur Baba Amr ce matin. Plus de 200 bâtiments ont été bombardés et plus de 30 maisons brûlées. Il n’y a pas de voitures de pompiers pour éteindre les incendies, ni de matériel de secours, ni de médicaments. Et l’hôpital de campagne installé à Baba Amr a été bombardé à deux reprises.
 
"Nous demandons l’intervention du Croissant-Rouge, de la Croix-Rouge ou de n’importe quelle autre organisation humanitaire"
 
Nous avons plus de 200 blessés ici dont nous ne pouvons pas nous occuper. Ils finissent tous par mourir, faute de soins. Nous avons besoin de couloirs humanitaires sécurisés pour transporter les blessés de Baba Amr, Karm al-Zeitoun, Inchaat et des autres quartiers voisins, dans des hôpitaux sûrs. Les hôpitaux publics sont trop dangereux car les policiers et les milices de Bachar s’en prennent aux blessés. Nous demandons l’intervention du Croissant-Rouge, de la Croix-Rouge ou de n’importe quelle autre organisation humanitaire."

"Ils finiront par lancer un assaut terrestre"

Majed al-Homsi, 20 ans, est étudiant. Il habite le quartier de Khalidiyé, à Homs.
 
Les forces armées se regroupent un peu partout. Il y a aussi des chars sur la route de Hama et sur celle de Damas. Nous entendons les tirs des snipers et les bombardements sur Baba Amr. L’étau se resserre aussi autour de mon quartier [Khalidiyé, NDLR]. Ils vont finir par lancer un assaut terrestre, comme à Inchaat juste à côté."

L'intensification de la crise syrienne en images amateur

Renforcement de la présence militaire à Hama.
 
On voit des camions militaires et des snipers sur les toits. Le 7 février, dans la ville de Kafr Zita dans le gouvernorat de Hama. safyloux sur YouTube. 
 
Pénurie de pétrole à Deir Ezzor.
 
Une file interminable de voitures et de camions attendent le ravitaillement. Le 7 février à Deir Ezzor. DeirAlZorPNEng sur Youtube.
 
À Hama, manifestation de soutien aux habitants de Homs.
 
Dans le quartier de Kafr Zita (Hama), le 7 février. Ils chantent "Révolution syrienne, révolution de la dignité". safyloux sur YouTube.

Une habitante raconte son calvaire
 
Le 7 février. Une habitante de Karm al-Zeitoun (Homs) raconte les difficultés de la vie quotidienne. Entourée d’enfants qui crient "On veut du pain", "Le peuple veut faire tomber le régime" et "Allah Akbar", elle raconte : "Nous n’avons plus de pain, l’électricité et le gaz sont coupés. Que fait la nation arabe ? Plus personne n’a peur de Dieu ! Où est l'Arabie saoudite ? La Russie et la Chine aussi complotent contre la Syrie, tous les peuples sont contre la Syrie. Où est Bachar, qui dit que le peuple syrien c’est lui ? Baba Amr est bombardé depuis 5 heures du matin, nous avons des morts et des blessés. Nous sommes morts de froid. On leur a demandé d’égorger les enfants. On nous humilie pour un bout de pain. Où sont les pays du Golfe qui ont promis des aides ? Les médicaments sont volés, la nourriture est volée".
 
Comment frappent les snipers de Bachar

Le 7 février. Un activiste montre comment les snipers et les policiers, qu’il appelle "les gangs de Bachar", se positionnent dans une école de Karm al-Zeitoun à Homs. Sur le mur, on voit écrit : "Dieu, la Syrie, Bachar (et c’est tout)". L’homme dit : "Cette école où nos enfants sont éduqués est remplie de munitions".
 
"Bombardement sauvage"
 
Le 6 février, dans le quartier de Baba Amr (Homs). On entend : "Bombardement sauvage, obus lourds, Hawn, que Dieu nous aide".
 
 
Article écrit avec la collaboration de Maha Ben Abdeladhim, journaliste à FRANCE 24.


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