Le retour des pro-Kadhafi ? Ce qu'il s'est vraiment passé à Bani Walid


Des affrontements ont éclaté lundi dans la ville de Bani Walid, au sud-ouest de Tripoli. Depuis, les déclarations officielles sur l’origine du conflit sont contradictoires. Selon un habitant de la ville, il s’agirait d’un conflit entre des notables de la ville, ancien bastion de Khadafi, et une des brigades des ex-rebelles, qui font toujours la loi chez eux.
 
La ville de Bani Walid se trouve à 170 kilomètres au sud-ouest de la capitale libyenne. Elle a été l’un des derniers bastions de Mouammar Kadhafi à tomber entre les mains des rebelles.
 
Le dernier bilan de l’affrontement fait état de 4 morts parmi les anciens rebelles libyens. Selon les premières dépêches de l’AFP, les ex-rebelles auraient été attaqués par des hommes armés qui brandissaient des drapeaux "pro-Kadhafi" et des drapeaux verts (drapeau libyen sous Mouammar Kadhafi). Une information démentie quelques heures plus tard par le ministre de l’Intérieur libyen, qui affirme que l’attaque n’a pas été menée par des partisans de l’ancien dictateur.
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"Le conseil régional de transition fait peser la menace des pro-Kadhafi pour se maintenir au pouvoir"

Nasser Mohamed est étudiant en dernière année de médecine. Il a aidé au transport des blessés vers l’hôpital.
 
Il ne s’agit pas du retour des pro-Kadhafi à Bani Walid mais d’un affrontement entre des habitants et la brigade du 28 mai, une des milices armées qui n’a toujours pas déposé les armes.
 
"Les membres de cette brigade procèdent souvent à des arrestations arbitraires"
 
Les membres de cette brigade ont enlevé un habitant dimanche sans expliquer pourquoi. Ce n’est pas la première fois que cela arrive. Les membres de cette brigade procèdent souvent à des arrestations arbitraires, alors que seuls les policiers y sont normalement autorisés. Les notables de la ville et la famille de l’homme enlevé leur ont donc laissé jusqu’à lundi matin pour le libérer, mais la brigade a refusé. Ils sont donc allés les voir pour exiger sa libération et c’est là que des affrontements ont éclaté. La bataille a duré quelques heures.
 
 
[Note des journalistes de FRANCE 24 : un soldat de la brigade du 28 mai confirme dans cette vidéo qu’un homme avait disparu à Bani Walid. Il rapporte également que les habitants sont venus réclamer sa libération auprès de la brigade. Il affirme toutefois que sa brigade ne détenait pas cet homme et que l’attaque a été menée par des pro-Kadhafi qui se sont servis de cet incident comme prétexte ]. 
 
C’est un membre du Conseil régional de transition qui a parlé d’une attaque de pro-Kadhafi. Hors ce Conseil n’a aucune légitimité aux yeux des habitants de Bani Walid. [Depuis le mois de décembre, l’autorité du CNT et des différents conseils régionaux est contestée dans plusieurs villes de Libye. Le vice-président du CNT, sous pression, a d’ailleurs démissionné dimanche 22 janvier ]. Le seul moyen pour cette cellule régionale du CNT de se maintenir en place est de continuer à faire peser la menace des pro-Kadhafi et de laisser les armes circuler dans la ville."

Un responsable militaire nie la présence de pro-Kadhafi à Bani Walid.

Commentaires

En libye ce n'est pas fini

Nous avons cru que les révolutionnaires libyens serait beaucoup plus sages. Mais j'ai peur que la lybie ne devient un deuxième Irak ou les diverses factions s'entretuent entre elles. Peut on dire il vaut mieux le calme avec un dictateur que le chaos avec les révolutionnaires?

en lybie ce n'est pas fini

Que peuvent apporter de bon des rebelles révolutionnaires à un pays?
Au lieu de soutenir les rebellions,l'ONU et les grandes puissances devraient exercer des pressions politiques de manière à ce que la démocratie et les libertés soit respectés.Cela doit se faire de manière progressive.Et non de manière brutale.L'Europe a construit son modèle démocratique pendant des siècles.Mais ailleurs elle pense pouvoir imposer ce modèle en quelque jours.De cette manière ,l'échec est inévitable.Imposer la démocratie par la force ne peut que contribuer à déstabiliser davantage les États.Et à la longue,le monde entier pourrait devenir un vaste champ de bataille.



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