Une bavure des FRCI sème la zizanie à Vavoua

 
À Vavoua, une ville située à 400 km au nord d’Abidjan, une manifestation organisée dimanche matin contre les violences perpétrées par les FRCI (les Forces républicaines de Côte d’Ivoire) a dégénéré. Les soldats ont tiré dans la foule et cinq personnes ont été tuées. À l’origine de cette explosion de violence, l’explosion d’un pétard.
 
Les membres des FRCI sont majoritairement issus des rangs de l’ancienne rébellion du nord de la Côte d’Ivoire, appelées Forces nouvelles jusqu’en mars dernier. Après la crise postélectorale, ces ex-rebelles qui ont soutenu Alassane Ouattara jusqu’à son accession au pouvoir en mai 2011, ont été enrôlés par le ministère de la Défense. Aujourd’hui, les membres des FRCI sont dans l’attente d’une intégration officielle dans la nouvelle armée ivoirienne, "l’armée républicaine" que les autorités souhaitent mettre en place. Un chantier d’autant plus sensible qu’il consiste à fusioner des FRCI et des ex-Forces de défense et de sécurité (FDS) fidèles à l’ancien chef d’Etat Laurent Gbagbo.
 
Cette réforme doit être pilotée par le futur Premier ministre que le président Ouattara devrait nommer prochainement. En attendant, la situation sur le terrain reste confuse. La sécurité et le maintien de l’ordre doivent redevenir une des prérogatives de la police et de la gendarmerie (anciennement regroupées sous le nom de FDS) mais les FRCI contrôlent encore une partie du territoire. C’est le cas dans la ville de Vavoua, située dans une zone administrée par les ex-rebelles depuis la guerre de 2002. En septembre dernier, les autorités ont lancé le redéploiement de la gendarmerie et de la police dans cette zone mais la reprise en main est loin d’être achevée.
 
Joint par téléphone, Hamadoun Touré, porte-parole de l’ONUCI (mission de l’ONU en Côte d’Ivoire) a indiqué à FRANCE 24 que le "déficit sécuritaire" du pays obligeait les autorités à compter sur les FRCI pour faire respecter l’ordre.
 
Les éléments des FRCI de Vavoua soupçonnés d’avoir tiré dans la foule font aujourd’hui l’objet d’une enquête menée par la gendarmerie, selon un communiqué de l'Etat major des FRCI. 
 
Cette vidéo a été filmée par notre Observateur le 18 décembre, devant le camp militaire des FRCI à Vavoua. La scène se déroule après les coups de feu et le départ des soldats.
Contributeurs

"J’ai vu le chef des FRCI donner à ses hommes l’ordre de tirer"

Chico Kone, commerçant à Vavoua, était présent dimanche lors de la manifestation devant le camp armé des FRCI et a filmé cette vidéo après les coups de feu.
 
Tout a commencé avec un pétard. Vendredi soir, un jeune a fait exploser un "Banger" [Marque de pétard très répandue en Côte d’Ivoire] dans une rue. S’en sont suivies de violentes bagarres entre des groupes de jeunes appartenant à deux ethnies différentes, les Malinké et les Baoulé. [Plusieurs versions circulent sur le lien entre l’explosion du pétard et les bagarres]. Les FRCI sont intervenues pour retrouver les responsables de ces violences dès vendredi. La soirée a été marquée par des courses poursuites entre les jeunes et les éléments des forces armées. Le lendemain soir, les FRCI ont patrouillé dans la ville. Elles s’en sont pris à des jeunes qui étaient de sortie ce soir-là [Ces jeunes se trouvaient dans un "maquis", c'est-à-dire un bar, selon la presse nationale]. Plusieurs d’entre eux ont été frappés. Un des jeunes est mort des coups qu’il a reçus [Selon un communiqué de l’Etat major des FRCI, interpellés par les FRCI, les jeunes avaient refusé d’"obtempérer", déclenchant une "rixe"].
  
Le lendemain, la famille et les amis de la victime ont organisé une marche de protestation jusqu’au camp militaire des FRCI pour demander des explications et réclamer justice. Les jeunes étaient armés de gourdins et ont commencé à jeter des pierres sur le bâtiment. À plusieurs reprises, les FRCI ont lancé des gaz lacrymogènes sur la foule mais les jeunes ne se calmaient pas. Tout à coup, j’ai vu le chef des FRCI donner à ses hommes l’ordre de tirer. Au moins quatre personnes ont reçu des balles [Le bilan officiel fait état de cinq morts lors de cette manifestation en plus du jeune tué la veille]. Après les coups de feu, les éléments des FRCI se sont enfuis. Les manifestants ont alors investi et pillé l’Etat major."
 
Ce billet a été rédigé avec la collaboration de Peggy Bruguière, journaliste à FRANCE 24. 

Commentaires

et ça c'est pas prêt à

et ça c'est pas prêt à s’arrêter tant que Mr Allassane le Drame mane de la Côte d'Ivoire est au pouvoir. Vous l'avez soutenu alors soyez responsables de ces actes France 24.
continuer dans cette animosité et vous serez heureux.

Tu as bien dit ce st des

Tu as bien dit ce st des nouvelles comme ça qui plaisent au médias occidentaux...ça doit vous réjouir france 24 et rfi on nous tue là ...



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