Après Wall Street, les Indignés s’attaquent à la crise immobilière

 
Après avoir dû évacuer les campements installés à travers les Etats-Unis, des Indignés ont choisi de ne pas rentrer chez eux et d’occuper des maisons abandonnées par des propriétaires victimes de la crise des subprimes.
 
Ainsi, dans une vingtaine de villes, les Indignés ont investi depuis le 6 décembre plusieurs maisons saisies par les banques. Ils ont commencé à les rénover afin de pouvoir les rendre de nouveau habitables. Cette nouvelle forme de protestation, qui a pris le nom de Occupy Our Homes [Occuper nos maisons], est pour eux une autre manière de dénoncer les "pratiques frauduleuses en matière de prêt " et les "expulsions illégales" menées par les banques.
 
Les participants de la campagne "Occupy Our Homes" ont aidé une famille sans-abri à emménager dans une maison saisie à New York.
 
La campagne "Occupy Our homes" a également pour objectif de perturber les mises aux enchères des maisons saisies et d’encourager les personnes recevant des avis de saisie à continuer à occuper leur maison. Selon une récente étude, la crise immobilière est loin d’être achevée alors que 4 millions de maisons sont menacées de saisie.
 
Squatter des maisons en signe de contestation n’est pas nouveau. Mais cette stratégie semble donner un second souffle au mouvement "Occupy Wall Street", après le démantèlement par la police des plus importants campements installés à travers le pays. Le 15 novembre, les Indignés du camp le plus emblématique, celui du Zucotti Square (près de Wall Street à New York), ont dû plier bagages. Des clôtures ont depuis été érigées autour de la place.
 
Contributeurs

"Ce n’est pas aussi facile pour la police de nous faire partir maintenant que nous sommes à l’intérieur d’une maison"

Karanja Gaçuça travaillait dans la finance. Après avoir été licencié en septembre, il a rejoint en octobre le mouvement "Occupy Wall Street".
 
Cela a toujours fait partie des projets du mouvement "Occupy Wall Street" de faire la lumière sur les injustices économiques en mettant un visage sur les pratiques dangereuses des banques, notamment les "prêts prédateurs" qui ont conduit aux saisies immobilières. C’est donc une progression naturelle pour nous.
 
Je fais partie d’un groupe qui occupe une maison dans l’est de New York. Nous sommes en train de la nettoyer et de la rénover pour permettre à une famille sans-abri de venir s’y installer. Cette famille occupe actuellement une autre maison menacée de saisie. C’est une mère célibataire avec deux enfants de cinq et neuf ans qui vivent dans une situation impossible : la maison où ils vivent n’a pas d’eau courante et n’avait pas d’électricité il y a encore peu de temps. La mère a été accueillie dans plusieurs centres d’hébergement au cours des dernières années. Quand elle a finit par recevoir l’autorisation d’emménager dans un nouvel appartement, son déménagement a été annulé presque aussitôt en raison du manque de ressources du programme social de la ville.
 
“D’une manière ou d’une autre, 'Occupy' sera présent pendant encore quelque temps"
 
 
Le voisinage a réagi de façon très positive à notre occupation. Les saisies immobilières se sont multipliées dans tout le quartier. Les voisins nous ont dit : "Notre communauté a été abandonnée par les banques et les autorités." Nous sommes ici pour leur montrer que nous nous intéressons à eux, que nous faisons tous partie des 99% . Les voisins sont ravis que nous nous engagions dans cette rénovation. Plusieurs maisons du quartier ont été condamnées, elles sont remplies d’ordures, ce qui attire des rongeurs, entre autre. Sans un entretien régulier, les maisons abandonnées finissent par s’effondrer.
 
Les politiques essaient de rejeter la faute sur les propriétaires qui ne paient pas leurs prêts. Mais on ne peut pas s’attendre à ce qu’une personne qui a commencé par payer 1 500 dollars par mois continue de faire des remboursements à hauteur de 4 000 dollars quelques années plus tard. Cela doit être rendu illégal d’augmenter à ce point les remboursements.
 
Je crois que "Occupy Our Homes" donne à notre mouvement un nouvel élan, mais nous prévoyons aussi beaucoup d’autres choses dans l’avenir, notamment des occupations de ports. D’une manière ou d’une autre, "Occupy" sera présent pendant encore quelque temps.”
 
 
Une maison "occupée" en Californie.
 
Une maison "occupée" dans le quartier est de New York.
 
Une maison "occupée" à Atlanta, en Géorgie.


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