Les SDF hongrois passibles d’amendes pour… avoir dormi dans la rue

Sans-abri vivant dans un parc à Budapest. Photo publiée sur le site de l'association A Varos Mindenkie.
 
Depuis le 1er décembre, une loi hongroise punit les sans-abri "récidivistes" d’une amende de 150 000 forints (500 euros) – l’équivalent d’un mois de salaire moyen. Conséquences : de nombreux SDF, incapables de payer, risquent de passer l’hiver en prison.
 
Cette loi votée par les députés du Fidesz, le parti conservateur au pouvoir, sanctionne toute personne qui serait prise à dormir dans un espace public deux fois en moins de six mois dans les communes dotées de centres d’hébergement d’urgence.
 
Un des principaux soutiens de cette nouvelle réglementation est Mate Kocsis, le maire Fidesz du 8e arrondissement de Budapest, la capitale hongroise, où un dispositif anti-pauvreté a été mis en place dès le début de l’année. Ce dernier a affirmé que ce serait aux tribunaux de déterminer si les sans-abri insolvables seront condamnés à de la prison ou à des travaux d’intérêts généraux.
 
Une volonté affichée de cacher la pauvreté qui, selon les associations de défense des droits des plus démunis, s’accompagne d’un harcèlement inhumain des sans-abri. Après plusieurs manifestations et sit-in à Budapest, des militants hongrois ont ainsi publié une pétition en ligne pour demander l’abrogation de cette loi contre les sans-logis.
 
Vidéo comparant le coût de l'amende à celui d'hôtels de luxe :
 Vidéo publiée sur YouTube le 30 novembre 2011 par taszegyesulet.
Contributeurs

"Cette menace s’ajoute à tous les autres soucis quotidiens des sans-abri"

Balint Vojtonovszki milite à l’association A Varos Mindenkie ("La ville pour tous"), qui défend les droits des sans-abri.
 
Cette tentative de faire disparaître les SDF de l’espace public est vouée à l’échec. Rien qu’à Budapest, il y a près de 10 000 sans-abri pour seulement 5 500 places en centre d’accueil… Il est impossible de mettre autant de monde en prison alors que ces dernières sont déjà surchargées. Et puis ça n’a aucun sens au niveau économique : une personne en prison revient à 8 000 forints (26 euros) par jour à l’État, alors que les aides sociales aux plus défavorisés ne coûtent que 5 000 forints (16 euros) par mois.
 
Pour l’instant, nous n’avons pas noté d’exode des sans-abri. La plupart d’entre eux se disent que la police ne va pas du jour au lendemain se mobiliser pour les arrêter et les jeter en prison. Mais cette menace d’éviction s’ajoute à toutes les difficultés quotidiennes de la vie dans la rue… Étant donné le manque de places en centres d’hébergement, certains sans-abri se demandent où ils vont pouvoir vivre si on leur interdit réellement la rue et les parcs publics.
 
Ce n’est pas évident de mobiliser les gens sur ce problème car il y a un vrai ras-le-bol populaire concernant l’augmentation du nombre de SDF ces dernières années. Mais nous allons continuer notre campagne en demandant plus de logements à loyers modérés et en engageant des avocats pour examiner en détail la légalité constitutionnelle de cette nouvelle régulation."

Camps de sans-abris hongrois démantelés par les forces de police

Photos publiées sur la galerie Picasa de l’association A Varos Mindenkie

Sit-in pour protester contre la nouvelle loi visant les sans-abris

 


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