"Cette menace s’ajoute à tous les autres soucis quotidiens des sans-abri"
Balint Vojtonovszki milite à l’association A Varos Mindenkie ("La ville pour tous"), qui défend les droits des sans-abri.

Cette tentative de faire disparaître les SDF de l’espace public est vouée à l’échec. Rien qu’à Budapest, il y a près de 10 000 sans-abri pour seulement 5 500 places en centre d’accueil… Il est impossible de mettre autant de monde en prison alors que ces dernières sont déjà surchargées. Et puis ça n’a aucun sens au niveau économique : une personne en prison revient à 8 000 forints (26 euros) par jour à l’État, alors que les aides sociales aux plus défavorisés ne coûtent que 5 000 forints (16 euros) par mois.
Pour l’instant, nous n’avons pas noté d’exode des sans-abri. La plupart d’entre eux se disent que la police ne va pas du jour au lendemain se mobiliser pour les arrêter et les jeter en prison. Mais cette menace d’éviction s’ajoute à toutes les difficultés quotidiennes de la vie dans la rue… Étant donné le manque de places en centres d’hébergement, certains sans-abri se demandent où ils vont pouvoir vivre si on leur interdit réellement la rue et les parcs publics.
Ce n’est pas évident de mobiliser les gens sur ce problème car il y a un vrai ras-le-bol populaire concernant l’augmentation du nombre de SDF ces dernières années. Mais nous allons continuer notre campagne en demandant plus de logements à loyers modérés et en engageant des avocats pour examiner en détail la légalité constitutionnelle de cette nouvelle régulation."