Sida en Chine : selon les ONG "tout reste à faire"

"Soutenir les personnes contaminées par le sida et promouvoir l'égalité au travail", "Les baisers ne transmettent pas le sida". Photo issue de la campagne "SMILE".
 
Le 1er décembre, le monde se mobilise à l’occasion de la journée de lutte contre le sida. La Chine est le pays où le virus se développe le plus vite, notamment chez les jeunes et les personnes de plus de 60 ans. Malgré la gratuité des traitements, le travail reste considérable pour les ONG, dans un pays où leur présence est encore considérée comme illégale. 
 
Le nombre de personnes infectées pourrait atteindre les 780 000 d’ici à la fin 2011. Un chiffre vertigineux auquel les organisations tentent de répondre par des campagnes spontanées pour exprimer leur solidarité mais aussi leur inquiétude. L’ONG "Justices for all" par exemple a lancé dernièrement la campagne "SMILE" invitant , qui le souhaite, à se prendre en photo tout sourire avec un message de soutien destiné aux patients infectés. Une initiative qui vise aussi à lutter contre la discrimination des malades. Pas moins de 12 621 clichés ont été collectés, puis envoyés par la poste au ministre de la Santé et au ministre des Ressources humaines et de la Sécurité sociale.
 
 
Photos issues de la campagne "Smile".
 
Contributeurs

"Lorsque je rencontre les malades, au départ, ils sont persuadés que le traitement ne leur servira à rien"

Thomas Cai dirige l’ONG chinoise Aids Care China. Il est basé à Nanning (province de Guangxi)
 
Mon organisation travaille dans trois provinces : le Yunnan, le Guangdong et le Guanxian. En Chine, le sida est apparu comme dans le reste du monde, à la fin des années 80. Il s’est d’abord propagé via les seringues infectées échangées entre les toxicomanes : c’était la première cause d’infection jusqu’à la fin des années 90. Puis, depuis le début des années 2000, la transmission sexuelle est devenue le facteur majeur de développement de la maladie. C’est à ce moment que le gouvernement chinois a commencé à réagir. La première grande campagne de prévention au niveau national a été lancée en 2002-2003. Depuis, le traitement antirétroviral est gratuit pour tous les malades en Chine.
 
Mais malgré cela, les personnes infectées sont peu nombreuses à en bénéficier. Un fort tabou pèse encore sur cette maladie : les gens ont honte de se faire dépister ou même de venir se soigner : ils ont peur d’être discriminés socialement. L’une de nos missions à nous, ONG, c’est d’arriver à les convaincre qu’ils ne doivent pas avoir peur, et qu’ils peuvent même retrouver une vie quasiment normale grâce à ces traitements.
 
Lorsque je rencontre les malades, au départ, ils sont persuadés que le traitement ne leur servira à rien, qu’ils n’ont plus beaucoup de temps à vivre. On réalise donc un énorme travail d’éducation et de pédagogie. Et les résultats sont plutôt satisfaisants : parmi les 20 000 patients que nous accompagnons, 95 % arrivent à retrouver une vie normale, à reprendre leur travail et à élever leurs enfants.
 
"N’étant pas légale sur le territoire chinois, nous travaillons en parallèle avec les pouvoirs publics au lieu de travailler ensemble"
 
Pourtant, tout n’est pas évident : la Chine est un pays immense. Et certaines populations sont très peu touchées par les campagnes parce qu’elles sont isolées géographiquement ou socialement. Les prisonniers, les marginaux, les minorités ethniques sont des cas difficiles à approcher. Nous devons donc aller à la rencontre du plus de monde, être présents dans leur vie quotidienne, faire de la prévention à la sortie du travail par exemple. C’est comme ça qu’ils nous connaissent, nous reconnaissent et finissent par accepter de se soigner.
 
Autre souci, les ONG sont encore illégales en Chine. [Selon la loi chinoise, les fondations étrangères sont autorisées à travailler sur le territoire, mais pas les ONG. Dans la pratique, cependant, certaines ONG chinoises et étrangères sont tolérées par les autorités. La police ne nous arrête pas pendant nos actions, mais nous ne sommes pas inscrits ni répertoriés dans les registres des autorités. De fait, nous ne recevons pas de soutien public, et cela rend notre mission plus délicate sur le terrain. On travaille en parallèle, au lieu de travailler ensemble. Au niveau financier, nous sommes tous entièrement dépendants des organisations internationales. Aids Care China travaille étroitement avec Sidaction et MSF depuis 2006 par exemple. Ensemble, nous avons réussi à ouvrir une clinique, leur aide nous est indispensable.
 
Pourtant, les structures comme la nôtre sont indispensables. Nous aidons le gouvernement à contrôler l’expansion du virus sur le territoire chinois. Je pense que l’État comprend notre importance, mais d’un point de vue politique, il y a encore du chemin à faire.
 
Les femmes d'Aids Care China se réunissent à Kunming pour évoquer le développement de l'organisation.Aids Care China
 
Activités en plein air pour des femmes atteintes du HIV et leurs familles.Aids Care China
 
 
 

Commentaires

le gouvernement hypocrite

Le gouvernement chinois se décharge de toute aide fiancière en se cachant derrière la loi chinoise interdisant toute représentation d' ONG sur son territoire natioanl. C'est trop facile, Ils ont une pregression économique fulgurante et se sont les aides internationale qui doivent financer les campagnes et aider à la construction de structures.
Il faut refuser de voir notre argent partir dans ce genre de projets c'est dur pour les malades mais il n existe pas d autre solurions afin d amener les gouvernement chinois à prendre ses resposabilités vis à vis de ses citoyens.

le gouvernement hypocrite

les adjectifs......orgueil,prétention,suffisance,primitif,émergent,impatient d'acquérir les technos occidentales
seraient plus adaptés.Mao avait limité le taux démographique à un mâle.Maintenant les filles se font acheter
Ces prétentieux veulent la lune,mars,et opposent leur véto,contre l'ONU.Qui trop embrasse mal étreint.Mais
comme chantait Sting en 1980 "Russians" envoyez la copie à "Chinois".



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