Mais qui se cache derrière les "Ladies in Red" de Téhéran ?

 
Chaque jour sur la place Ferdowsi à Téhéran, une femme vêtue entièrement de rouge semble attendre quelqu’un…
 
C’est une étrange scène qui a lieu depuis plusieurs mois sur cette place du centre de la capitale iranienne. Tous les jours, entre 18 et 19 heures, les passantes peuvent apercevoir une jeune femme, vêtue de rouge, se tenir debout au coin nord-ouest de la place. Cette performance artistique, qui a nécessité l’aval des autorités, dure depuis près de trois mois. La première vidéo date du 19 juillet et la dernière de la mi-octobre. Le recrutement des participantes s’est fait sur la base du volontariat. Et pour la dernière performance, qui a eu lieu le jeudi 13 octobre, pas moins d’une quarantaine de "Ladies in Red" ont été aperçues à 17 heures sur toute la place.
 
Photo postée sur le groupe Facebook "Lady in Red".
 
L’événement, dont la promotion a été faite sur Facebook, a pour titre "Lady in Red, Reperformance", car il s’agit en fait de faire revivre une vieille légende de la capitale iranienne. L’histoire, familière pour ceux qui ont connu le Téhéran d’avant la Révolution islamique de1979, évoque le souvenir d’une "femme en rouge maquillée, de taille moyenne et au visage osseux, creusé par l’âge et les vicissitudes de la vie" restée postée aux abords de la place Ferdowsi pendant plus de vingt ans, du matin au soir. Tout ce qu’elle portait était rouge : sac, chaussures, chaussettes, jupe, robe, bandeau, le bouton de rose qu’elle avait toujours à la main, mais aussi, vers la fin de sa vie, son voile et sa canne. Son regard était tel que les passants s’attendaient à tout moment à voir surgir la personne qu’elle attendait.
 

"La légende dit que cette dame avait un rendez-vous avec son amoureux sur la place mais qu’il n’est jamais venu"

Tara est étudiante à Téhéran.
 
J’ai entendu cette histoire il y a un moment déjà, peut-être était-ce de ma mère. La légende dit que cette dame avait un rendez vous avec son amoureux sur la place mais qu’il n’est jamais venu. Depuis ce jour, elle est revenue chaque jour pour l’attendre, à chaque fois habillée en rouge de la tête aux pieds. Les gens l’ont surnommée Yâqût (rubis). Et on dit qu’elle est restée dans le coin pendant vingt ou trente ans. Certains affirment qu’elle a été vue pour la dernière fois en 1981 ou 1982 et qu’à la fin de sa vie, elle marchait avec une canne. Ce ne sont que des on-dit, mais mon père m’a affirmé qu’il l’a vue quand il était écolier.
 
Jusqu’à ce que j’entende parler de cette performance, l’histoire m’était un peu sortie de la tête, et ce n’est qu’en me renseignant alors que j’ai appris tous ces détails. Il y a une interview d’elle datant de 1976, où le journaliste Massoud Behnoud [journaliste et écrivain iranien, ndlr] lui demande : "Les gens disent que vous attendez quelqu’un…" et Yâqût de répondre : "C’est un mensonge."
 
"Une amie m’a emprunté mes chaussures rouges pour participer"
 
J’ai entendu parler de la performance quant une amie m’a appelée en demandant : "Tara, je peux t’emprunter tes chaussures rouges  pour une journée ?" Elle m’a ensuite parlé de la performance et du fait qu’elle allait être la "Lady in Red" le vendredi suivant. Elle m’a ensuite envoyé le lien sur Facebook, et, lorsque j’ai vu la page, j’ai remarqué que d’autres de mes amies y avaient pris part. Celles que je connaissais étaient toutes des étudiantes en art dramatique. L’une d’elles donnait des roses aux gens (car on dit que Yâqut avait toujours une rose rouge, quant à savoir si tout cela est vrai…), une autre parlait, une autre encore restait silencieuse. J’ai appris il y a quelques jours que cette performance faisait partie d’une compétition annuelle d’art contemporain iranien et qu’elle faisait partie des favoris.   
 
J’ai aimé cette œuvre, son idée, et même la façon dont elle a été réalisée (chaque jour une volontaire vient et joue le rôle de la femme en rouge). Comme on dit que la femme en rouge est le symbole de l’amour à Téhéran, et que de nos jours les gens associent notre ville à tout sauf à l’amour, et bien je crois que c’est très positif. Je pense cependant que certaines comédiennes ont rendu la chose trop sentimentale - surtout quant on sait que la vraie Yâqût avait dit: "Amoureuse ? Non… ca ne veut rien dire d’être amoureux."
 
Le trop plein de sentiments gâche un peu le côté sympathique de leur présence. La communication avec les gens aurait pu être meilleure, mais, bien sûr, c’est impossible à prévoir. J’aurais aimé être la femme en rouge  pour un jour, mais je n’en ai malheureusement pas eu le temps."
 
 

"Des hommes en uniforme nous ont interrompus à plusieurs reprises"

Mariam (pseudonyme) est une des "Ladies in Red" ayant participé à l’évènement.
 
La performance était officiellement autorisée et le directeur artistique a utilisé deux caméras pour la filmer. Beaucoup de personnes sont venues nous demander si nous avions l’autorisation et des hommes en uniforme nous ont interrompus à plusieurs reprises.
 
Les gens étaient très curieux et même intimidés. Au final, près de 70 femmes ont participé, et, à la fin, les gens venaient même nous filmer ou nous prendre en photo.
 
Des habitants nous ont félicités de faire revivre cette histoire qu’ils avaient entendue, tandis que d’autres ont moins apprécié. Finalement beaucoup de familles ou de couples ont aimé l’idée, mais j’ai entendu que c’était moins le cas pour certains maris ou compagnons."
 

Commentaires

Répondre au commentaire | The Observers

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ma theorie sur ceux qui se cache derière les ladies

bon moi je pense que ce sont des personnes qui farde la vérité et aussi quels sont obliger de le faire a causse de leurs époux ou aussi quel cherche a camouflé des cicatrice stupéfiante, choquante.

ma théorie sur les ladies in red de Teheran

J'aime bien cette histoire ou légende mais ne se pourrait-il pas qu'elles attendent le RDV avec l'Histoire.



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