Manifestation à Tunis : "Un gouvernement qui manipule la justice pourrait falsifier les élections"

Manifestants devant le Théâtre municipal sur la grande avenue de Tunis. Photo publiée sur Facebook.
 
Des manifestants ont défilé lundi matin dans les rues de Tunis pour sommer le gouvernement de transition de rompre définitivement avec le régime du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali. Ils dénonçaient notamment une justice aux ordres qui laisse filer les cadres corrompus de l’ancien régime.
 
La semaine dernière, plusieurs annonces ont fait sortir de leurs gonds ceux qui étaient descendus dans la rue pour faire chuter Ben Ali. D’abord la libération de Béchir Tekkari, un ancien ministre poursuivi dans une affaire de falsification de contrat au profit d'un de ses proches. Ensuite la fuite de Saida Agrebi, une proche de la famille Ben Ali, et ancienne présidente de l’association des mères tunisiennes, qui s’est envolée pour Paris le 30 juillet. Alors qu’elle est soupçonnée d’être impliquée dans des affaires de corruption, le ministère de la Justice a déclaré n’avoir pas eu le temps de traiter son affaire "eu égard au volume du travail dans les tribunaux".
 
Ces affaires éclatent alors que plusieurs proches de l’ancien régime ont déjà été acquittés dans des circonstances douteuses et que d’autres tardent à comparaître devant la justice, notamment les deux derniers ministres de l’Intérieur sous Ben Ali. Des errements judiciaires dénoncés par le Groupe des 25, un collectif d’avocats qui accuse le gouvernement de protéger les caciques du régime.
 
Vidéo de la manifestation sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis.
Contributeurs

"Un gouvernement qui manipule la justice pourrait falsifier les élections"

Alaa Talbi est doctorant en histoire, il a participé à la manifestation du 8 août.
 
Nous nous sommes réunis place Mohamed Ali, devant le siège de l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens [lieu des rassemblement des anti-Ben Ali durant les quatre semaines de manifestations]. L’appel avait été lancé sur les réseaux sociaux.Il y avait principalement des jeunes, mais également des avocats et des syndicalistes. Également quelques représentants de petits partis politiques. Vers 11 heures, le cortège s’est ébranlé et nous nous sommes dirigés vers l’avenue Habib Bourguiba, l’avenue principale au centre de Tunis. C’était émouvant car nous avons fait le même chemin que le 14 janvier [le jour de la chute de Ben Ali].
 
Nous souhaitions manifester devant le ministère de l’Intérieur qui demeure pour nous le symbole du régime de Ben Ali. Mais trois fourgons de CRS et un bus rempli de policiers nous ont bloqués la route. On a donc poursuivi la manifestation devant le Théâtre municipal.
 
Nos slogans appelaient à la mise en place d’une justice indépendante et à des procès impartiaux pour les anciens responsables politiques. Dans cette affaire, le gouvernement de transition n’est pas uniquement passif, il protège les caciques de l’ancien régime. Des slogans ont été criés contre le RCD [Rassemblement constitutionnel démocratique, ancien parti de Ben Ali, aujourd’hui dissous], ainsi que des appels à la démission du Premier ministre Béji Caid Essebsi. À nos yeux, Ben Ali est parti, mais son système, lui, est toujours bien implanté. Et nous craignons qu’un gouvernement qui manipule la justice n’aille jusqu’à falsifier les élections de l’Assemblée constituante, prévues le 23 octobre prochain, ou que cette date marque le retour des anciens du RCD sur la scène politique.
 
"Pendant que l’on marchait vers l’avenue, des passants nous regardaient de travers"
 
Lors de cette manifestation, nous n’étions toutefois pas plus de 200 personnes. Pendant que l’on marchait vers l’avenue, des passants nous regardaient d’ailleurs de travers. Certains nous ont même insulté, nous traitant de bons à rien qui sèment encore une fois la pagaille. Mais cela n’est pas grave, car après tout nous étions encore moins nombreux à investir les rues de Tunis une semaine avant le 14 janvier. Le plus important c’est que cette minorité se mobilise et qu’elle soit visible, car le gouvernement compte sur le silence et l’indifférence de la rue pour continuer sur la même voie."
 
 
 
Photos publiées sur Facebook.
Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à France 24.

Commentaires

tres tres difficle cette période

on ne peut se substituer à la juste et surtout en période de transition :dictature-révolution: c'est vital et il faut bien comprendre célà -autrement et si l'on s'enmelle célà ne fait que brouiller encore les idées et stopper la marche de création des composantes fondamentales d'une nation démocratique -des dépassements et des erreurs ont est habitués et célà ne s'arretera jamais - l'on proteste c'est normal ! mais ne jamais toucher aux racines trés fragiles de l'état méme provisoire car célà c'est ce qui nous permettent de subvenir à nos besoins vitaux si futiles soient-ils pour assurer le minimum vital d'existence et de pérénité !

La verite en face

J'ai bien aime la fin de l'article ou les gens regardent de travers et insultent les manifestants. Si ca prouve quelque chose, c'est que le peuple tunisien est un peuple ignorant et sans dignite pour se soulever et l'ex-RCD a reussi sans pari en tuant tout sentiment nationaliste chez les gens qui ne cherchent plus que des opportunites d'enrichissement pour les uns et la bassaisse pour les autres.

Je suis Tunisien et j'ai honte de mon peuple car on a decu le monde entier avec notre lachetete qui est montre du doigt. Il suffit de nous comparer aux egyptiens qui n'arretent de pousser leur gouvernement et la haute instance militaire a ceder du terrain de jour en jour. Ils ont au moins reussi a graver leur nom avec l'inculpation de Moubarak meme si on sait tous que ca va mener a rien a la fin. J'en passe des heros LYBIENS, SYRIENS et YEMENIS qui affrontent les balles pour leur pays.

La honte pour la Tunisie et espere que le prochain sera pire que Ben Ali meme si ce n'est plus un voeux mais c'est une quasi certitude pour moi. Mon dernier conseil sera de fuir le pays pour ceux qui ont la chance, c'est perdu d'avance.

RIP Tunisia

patiente -patience ! mon ami

moi je te le dis tout de suite : calme toi mon vieux c'est trés important au moins pour avoir la téte sur les épaules -c'est pas une mince affaire de gérer un pays en état d'ébullition et de révolution ! mais une chose est certaine : NE QUITTE PAS TON PAYS CAR NOTRE PATRIOTISME NOUS APPELLE TOI ET MOI ET TOUS LE PEUPLE TUNISIEN A RESISTER ET PERSISTER POUR SORTIR DE CETTE ORNIERE - AUTREMENT C'EST DU DEFAITISME -AVEC TOUTES MES AMITIES !!!

Six mois de patience et le resultat n'est pas fameux

Salut Kraiem,

Personne n'a dit que ca allait etre facile parcontre quand tu vois l'attitude des tunisiens, ca fait craindre le futur. Un desinteret total de ce qui se passe dans le pays et pire il y a des gens qui regrettent deja Ban Ali.
Il faut dire que le gouvernement y ait pour beaucoup car il sait tres bien la mentalite des tunisiens chose que les gens ne veulent pas entendre car on leur a fait comprendre qu'ils sont les meilleurs, la Tunisie le bon eleve et qu'on est les plus eduques, etc ...
Les conseillers de Ben Ali n'etaient pas des politiciens mais des specialistes tres pointueux sur les dernieres techniques dans le domaine de la psychologie collective, sociologie, media, marketing... Ils ont reussi a modeler le peuple et savent ses points faibles.
Par exemple, le taux de participation au future election prouve que les tetes pensantes du RCD ont reussi a desinteresser les gens de la politique et que les prochaine election doit etre libre mais les principal ineteresse, qu'est le peuple, soit absent du jeu.
Autre exemple, l'assemblee consutitutionnelle, c'est une trouvaille a la tunisienne, c'est le parfait exemple ou on a mis devant la scene une assemblee sans legitimite de un et de deux on a fait une machine tellement compliquee et lourde a faire tourner que tout s'est arrete et comme tout bon tunisien, on a tous perdu le fil des idees et ont fini par nous desinteresser de ce qui se passe et se discute. pire ils ont interdit la transmission televisee afin que tout rappele l'air de l'ex- RCD.

Si le peuple ne se souleve pas et fout dehors tous ses ingras de la republique, ses traitres de la politique et voleurs de reve de toute une jeunesse, je continuerai a porter le deuil de la Tunisie.

A bas la dictature !!

Se TAIRE face à ce qui se passe actuellement en Tunisie, en particulier les défaillances du système judiciaire et la volonté politique -qui ne se cache plus- de protéger ce système corrompu jusqu'à la moelle, est tout bonnement de la TRAHISON.

Je peux comprendre que certains nostalgiques viennent "spontanément" perturber ce genre de manifestations vu qu'ils n'ont rien à cirer de ce qui dépasse leurs intérêts propres. Mais permettez-moi de m' INDIGNER !!

QuTmGaPvkjaYaBZTYDM

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bon courage

Bravo, c un bon pas

Fouad Mbazaa n'y est pas pour rien !! qu'il dégage lui aussi, s'il a placé BCS c'est qu'il a bcp de choses à se reprocher et n'a pas trouver mieux que BCS pr calmer les gens au moins pr une bonne période...

Je pense que le système doit tomber d'en haut parce que BCS peut être remplacé par qqun de pire et ça repart ...

Merci à tous les participants

Tunisien de loin

en avant pour faire chuter les manipulateurs

Je suis content que la résistance s'organise.Il ne faut pas que la flamme de la révolution s'éteigne pas. Ce gouvernement de BCS croit profiter du mois de Ramadhan pour nous rouler; c'est ce qu'on appelle la mauvaise foi. Je suis avec vous de tout mon coeur pour instaurer la justice et la démocratie.

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