À Alep, on bloque les fidèles dans les mosquées pour empêcher les manifestations

 
Lors de ce vendredi de manifestations en Syrie, baptisé "Vendredi des prisonniers de la liberté", les opposants au régime de Bachar al-Assad ont à nouveau battu le pavé dans tout le pays. Mais à Alep (nord-ouest du pays), le cortège a mis un peu plus de temps à se former qu'ailleurs. Et pour cause : les manifestants ont été enfermés dans une mosquée par les forces de l’ordre.
 
Les manifestations de ce vendredi avaient pour but de dénoncer la vague d’arrestations organisée par le régime. Des arrestations qui ont notamment visé les intellectuels syriens ayant défilé mercredi dans la capitale syrienne. Et, comme chaque semaine, des heurts ont éclaté dans plusieurs villes. À Damas, des témoins affirment que l’armée a tiré à balles réelles sur les manifestants.
 
À Alep, deuxième plus grande ville de Syrie et principale place commerciale du pays, les manifestations contre le régime ont été plutôt rares depuis le début de la contestation. À tel point que l’opposition accuse les commerçants et les hommes d’affaires implantés dans la ville de craindre qu’une révolte ne desserve leurs intérêts économiques.
 
Les fidèles, enfermés dans la mosquée après la prière du vendredi, ont réussi à sortir par les fenêtres (voir la vidéo).
 
Vidéo tournée à l'intérieur de la mosquée, à Alep. À la fin de l'enregistrement, on voit les fidèles prendre des échelles et tenter de sortir par les fenêtres. Vidéo postée sur YouTube.
Contributeurs

"Si Alep répond à l’appel de l’opposition, ce sera la fin du régime de Bachar al-Assad"

Deldar, étudiant, milite au sein du Comité de coordination d’Alep.
 
Les contestataires s’apprêtaient à battre le pavé à la sortie de la mosquée Amina Bent Wahab, dans le quartier Sayf Addawla, pas loin du centre d’Alep, et ce dès la fin de la prière du vendredi. Mais alors qu’ils allaient sortir, ils ont été surpris de constater que les forces de l’ordre encerclaient non seulement le quartier, mais plus spécifiquement la mosquée.
 
Cette pratique est particulièrement courante dans la ville d’Alep, où les autorités font tout pour étouffer dans l’œuf la plus petite manifestation. Plus encore que dans les autres régions du pays, le régime a peur que la moindre contestation ne prenne de l’ampleur. De fait, Internet est bien souvent coupé et la présence des forces de l’ordre est très importante, et pas seulement les vendredis. J’ai moi-même été témoin de violences totalement injustifiées, des groupes d’étudiants ont été molesté dans la rue juste parce qu’ils s’étaient rassemblés. De plus, la situation de cette mosquée est un peu particulière : elle se situe non loin du campus d’Alep d’où sont parties les rares manifestations qu’a connu la ville.
 
Il faut aussi rappeler que le quartier Sayf Addawla est réputé être une zone particulièrement politisée car il a été, pendant les années 1980, le fief des Frères musulmans.
 
Alep est désormais une ville stratégique que se disputent le pouvoir et l’opposition. Elle compte plus d’un million et demi d’habitants, ce qui représente un potentiel important de manifestants pour les contestataires. Mais c’est également la deuxième ville du pays et sa capitale économique : si elle répond à l’appel de l’opposition, ce sera la fin du régime de Bachar al-Assad."
Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à FRANCE 24.

Commentaires

Les jours de ce régime criminel sont desormais comptés:

Avec la conduite criminelle du régime syrien, Alep et Damas vont se rejoindre aux manifestations dans les semaines qui viennent. Les soutiens au président syrien à l’intérieur ni à l’extérieur du pays sont devenus très rares quand ils ne sont pas forcés (des fonctionnaires obligés de manifester pour le régime..). Car ce régime a complétement perdu sa légitimité depuis très longtemps. Rappelez vous, le président syrien a annoncé une amnistie le 20 juin. Ce n'est qu'une annonce car personne n’a entendu parlé ensuite de prisonniers libérés suite à cette annonce. Au contraire, l'armée de Bachar El-Assad et de son frère le criminel Maher El-Assad a au même moment investi de nouvelle villes et de nouveau villages syriens au tour d'Idleb au nord-Ouest de la Syrie à coté des frontières turques. Ce régime essaie de manœuvrer pour gagner du temps et tuer et arrêter le plus de syriens contestataires. Ce régime criminel doit dégager....

frères musulmans

Très bien puisque tout le monde veut un pouvoir Frères musulmans ;;..et comme en 80 ce sera l'exil des modérés profs et intellectuels et le renfermemen de la ville sur elle-même...et d'une Syrie sansses chrétiens sans son multiconfessionnalisme...bravo !

Je suis athé :

Je suis athé et je n'ai pas peur des frères musulmans s'ils représentent majoritairement les syriens. Je fais confiance au peuple. Les peuples ne supportent pas humiliation longtemps. Le peuple syrien se révolte aujourd'hui contre l'oppression du régime de Baas et de la famille El-Assad. Ce même peuple se révoltera, s'il le faut, dans 10 ou 20 ou 30 ans contre le régime qui sera en place, qu'il soit dirigé par les frères musulmans ou par d'autres. L'important c'est qu'il y a des élections libres et transparentes pour choisir les représentants du peuple.

je suis athé....de Charly 101

Très bien , Charly, votre confiance est touchante. Je suis sincère, car en lisant vos lignes, je me suis dit"voici quelqu'un de pur, qui ne voit que par les yeux de la sincérité"
Mais je voudrai vous avertir. L'ISLAM est une magnifique religion, pour qui sait lire avec un coeur ouvert et les yeux éclairés.
Est ce toujours le cas pour les frères musulmants? Je me méfie des théocraties qui sont forcément anti démocratiques, faisant appel à un message révélé, donc, toute polémique est exclue du débat politique.
Ce que veut le peuple c'est la liberté de vivre, de travailler, de croire, et pour permettre cela, la laicité seule peut garantir la liberté individuelle. Car c'est bien de cela qu'il sagit, en démocratie. Un homme libre de ses choix......



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