Forte mobilisation des Malaisiens pour "obtenir des élections propres"

Photographie publiée sur Twitter par @JasonMumbles.
 
Une marée humaine en jaune contre des policiers en rouge, puis une vague d’arrestations musclées. Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie, a été le théâtre samedi d’une grande manifestation, pourtant interdite, pour demander des réformes électorales. Et les organisateurs du mouvement veulent remettre ça tous les samedis.
 
La Malaisie, pays musulman de 28 millions d’habitants, a connu samedi un mouvement inédit de contestation contre le Barisan Nasional (Front national) du Premier ministre Najib Razak. Une coalition multi-ethnique de 14 partis au pouvoir depuis l’indépendance de cette ancienne colonie britannique en 1957.
 
Les manifestants de “Bersih 2.0” (“Bersih” signifie propre en malais et le 2.0 est une référence au rôle prépondérant d’Internet) ont bravé l’interdiction de manifester avant d'être aspergés par les canons à eaux puis les gaz lacrymogènes. La police a ensuite annoncé l’arrestation de 1 667 personnes, dont plusieurs élus partisans de l'ancien vice-Premier ministre et opposant Anwar Ibrahim. Ce dernier, âgé de 62 ans, s'est blessé en tombant dans la bousculade suite à des tirs de gaz et a été hospitalisé pour des contusions.
 
Des manifestants devant la Tour Maybank de Kuala Lumpur. Photo envoyée par l'un de nos Observateurs qui tient à garder l'anonymat.
   
Une mort suspecte a créé des tensions supplémentaires. L'un des manifestants, Baharuddin Ahmad, 56 ans, s'est effondré près des tours jumelles Petronas alors qu'il tentait d'échapper aux gaz lacrymogènes. "Le décès n'a rien à voir avec la manifestation, il est mort d'une attaque cardiaque et ne portait aucune blessure interne ou externe" s’est empressé de déclarer un porte-parole de la police. Mais pour le parti d’action démocratique (DAP, opposition) Baharuddin Ahmad, "est mort ... en raison de difficultés respiratoires durant la manifestation". Une vidéo mettant en cause la lenteur des autorités pour l’évacuer vers un hôpital a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux malaisiens.
 
Créée en octobre 2010, “Bersih” est une coalition de partis et d'ONG d’opposants qui a réalisé une percée aux élections de 2008 et s'inquiète pour le prochain scrutin prévu d'ici à 2013. Ils réclament des réformes électorales comme l'utilisation d'encre indélébile afin d’éviter les votes multiples et une plus stricte vérification des registres électoraux. 
 
Canons à eau, gaz lacrymogènes et hélicoptères pour tenter de contenir la foule : entre 30 000 selon la police et 50 000 manifestants selon les organisateurs. Vidéo publiée sur le profi YouTube de earlku.
 

"J’ai eu l’impression de reprendre possession de mon pays”

Fahmi Fadzil a manifesté samedi à Kuala Lumpur. Il tient un blog et travaille pour Nurul Izzah Anwar, députée et fille du principal opposant au gouvernement, Anwar Ibrahim.
 
J’étais dans les rues de Kuala Lumpur samedi et c’était un moment magique. Je n’avais jamais vu une telle mobilisation, même en 2007. J’ai eu l’impression que mes nombreux amis qui manifestaient pour la première fois ouvraient les yeux. J’ai passé dix heures dans la rue avec eux. Personne n’avait peur. Je me suis senti puissant. J’ai eu l’impression de reprendre possession de mon pays.
  
Nous avons huit revendications clés pour permettre des élections transparentes et équitables. Ces propositions vont d’une meilleure représentation dans les médias à une mesure toute simple : que chaque électeur soit marqué par une encre indélébile au moment de voter pour empêcher les fréquents votes multiples.
 
Pourquoi manifestons-nous en jaune? Et bien car c’est la couleur de la royauté. Nous voulons montrer que, contrairement à la propagande du pouvoir, nous n’avons rien contre le roi.
 
" Il n’y a pas une totale liberté d’expression en Malaisie "
 
Des amis proches ont été arrêtés. Ils n’ont pas été excessivement brutalisés mais la police leur a demandé de justifier leur présence. Il n’y a pas une totale liberté d’expression en Malaisie. En juin, des bloggueurs ont été arrêtés. C’est pour cela que Facebook et Twitter jouent un rôle primordial. Le hashtag #Bersih nous a permis de montrer au monde entier que malgré l’interdiction de manifester nous étions des dizaines de milliers.
 
 En réponse, le gouvernement a vaguement promis un onéreux et complexe système biométrique pour limiter les fraudes. Mais nous voulons simplement de l’encre sur les pouces ! Nous allons donc donner une conférence mardi soir pour appeler à des manifestations hebdomadaires. Nous descendrons dans la rue tous les samedis et nous obtiendrons des élections propres.”

“Le pouvoir a peur qu’une étincelle crée un mouvement de foule ”

Julien Pierre, 27 ans, enseigne le français à l'Université Multimédia de Malaisie.
 
Je n'ai pas assisté aux manifestations de Bersih 2.0 car en tant qu'étranger l’État m’interdit d’adhérer à une association ou de me joindre à une manifestation politique. Je n'étais donc que témoin extérieur. Vendredi soir, j’ai reçu un e-mail de mon employeur me conseillant fermement de ne pas sortir et de ne porter du jaune sous aucun prétexte.
Cette vidéo publiée sur le profil YouTube de Malaysiakini, le principal site des activistes malais est titrée "Le calme avant la tempête". On y voit des policiers tenter, vainement, de filtrer l'arrivée des manifestants dans le centre de la capitale.
 
 " On reproche au Premier ministre de tricher aux élections "
 
Le roi n’a pas beaucoup de pouvoir, mais on reproche au Premier ministre, qui en a beaucoup plus, de tricher aux élections. La coalition d’opposition s’appuie également sur une certaine forme de rage de la part de l’importante communauté chinoise qui souffre de discriminations par rapport à la majorité malaise.
  
La vague d’arrestations qui a conclu cette manifestation s’explique par le fait que le pouvoir a peur qu’une étincelle crée un mouvement de foule. Il suffit d’un rien et depuis l’indépendance, c’est inédit. Ils ne s’attendaient pas à cette foule et je pense que le gouvernement ne va pas en sortir indemne. "
Les policiers s'apprêtant à charger les manifestants à Kuala Lumpur le 9 juillet. Photo envoyée par l'un de nos Observateurs.
 
 
Parodie d'un célèbre jeu pour téléphones : Angry birds. Une application dont le but est d'envoyer avec une catapulte des oiseaux pour détruire des structures où se cachent des cochons. Sur l'image publiée sur Twitter par @JasonMumbles, la catapulte disparaît sous la masse d'oiseaux jaunes, comme les manifestants de Bersih 2.0. Et les cochons portent des casques rouges, comme la police.

Commentaires

le depar de deby

Par ce que la mascarade politicienne du 25 avril 2011 qualifiée par abus de langage d’élections n’a nullement créé les conditions permettant d’établir la base d’un meilleur avenir possible pour le peuple Tchadien,
Parce qu’aucun Tchadien jouissant de la plénitude de son intelligence ne peut considérer une telle farce qui s’est déroulée en l’absence des candidats sérieux de l’opposition civile, mais avec la participation de minables faire valoir dont la campagne électorale a été financée par le Général sultan Idriss Deby Itno, ce qui ne peut à terme qu’enraciner les divisions et les animosités entre les entités sociologiques et politiques de notre pays,
Considérant le soutien dont jouit ce dictateur de la part de la France, puissance coloniale, et de l’Union européenne, alliée de ladite France, qui l’ont déjà adoubé dans un premier temps à travers leurs observateurs qu’ils ont envoyés en mission de certification de l’entourloupe électorale du 25 avril 2011, et qui déjà se préparent à parachever leur crime dès le lendemain de la proclamation des résultats provisoires par la CENI le 09 mai prochain,
Compte tenu des crimes de sang qui ont émaillé ces 21 dernières années le règne d’Idriss Deby Itno qui s’obstine à toujours vouloir diriger notre peuple pendant cinq ans encore, en attendant de se proclamer président à vie,
Considérant les crimes économiques immondes commis par le même Deby et ses partisans ou collaborateurs,
Considérant que notre cher et beau pays le Tchad n’en finit pas de régresser systématiquement sur tous les plans, nonobstant les richesses dont il regorge à cause de la politique de goinfrerie financière innommable du clan Deby qui se comporte comme s’il fallait que ses membres se remplissent vite les poches avant qu’il ne soit tard,
Considérant enfin qu’aucun Patriote Tchadien digne de ce nom ne saurait avaler la pilule amère des résultats de la supercherie électorale organisée par Idriss Deby et appuyée par ses amis étrangers qui nous sera livrée le 09 mai prochain,
Nous jeunes Collectif des Jeunes Patriotes Tchadiens pour la démocratie et la Paix (CJPTDP),
Lançons, dès ce jour, 06 mai 2011, un appel à manifestation populaire, massive et irréversible baptisée « JOURNÉE DE LA COLÈRE DU PEUPLE TCHADIEN », à l’intention de tous nos compatriotes en général, et de la jeunesse Tchadienne en particulier.
Nous appelons à une manifestation le mardi 10 mai 2011
pour dénoncer aux yeux de la communauté internationale, le viol de la dignité du peuple tchadien par la dictature barbare d’Idriss Deby Itno à travers le trucage électoral du 25 avril dernier ;
Nous appelons tous les citoyens à descendre dans la rue, Place de la Nation face au Palais présidentiel dès 06 heures du matin pour manifester notre souhait de voir une véritable démocratie s’installer dans notre pays.
De l’Est à l’Ouest et du Sud au Nord, levez-vous comme un seul homme le 10 mai 2011 pour dire NON !
NON à la perpétuation du régime sanguinaire du Sultan Deby Itno !
« Idriss Deby Itno, BARRA!!!! »



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