Des images de "guerre urbaine" jettent l’opprobre sur les policiers athéniens

 
C'est avec des matraques et des gaz chimiques que les policiers grecs attendaient les manifestants, le 29 juin, dans le centre d'Athènes. Et quand le Parlement, dans l'après-midi, a entériné un  plan d'austérité contesté dans l'opinion, le centre-ville s'est progressivement transformé en champ de bataille. Des vidéos tournées au cœur des affrontements ont émergé sur la Toile, montrant une intervention policière d'une grande brutalité.
 
Deux syndicats majoritaires du privé et du public avaient appelé à la grève générale les 28 et 29 juin. Deux jours durant, les Athéniens ont manifesté sur la place Syntagma, où campent les "Indignés" grecs. Après l’annonce du vote du plan d’austérité le 29 juin, la violence des échauffourées entre forces de l’ordre, manifestants et casseurs est montée d’un cran. Des centaines de personnes ont été transportées à l’hôpital pour des problèmes respiratoires dus à l’utilisation massive de gaz lacrymogènes par la police. À l’aide de cocktails Molotov, des individus ont incendié plusieurs bâtiments du centre-ville.
 
La chaîne de télévision privée Alter a aussitôt diffusé plusieurs de ces images, obligeant le gouvernement à ouvrir une enquête sur la police.
Contributeurs

"La police a enlevé le droit aux Athéniens de manifester"

Nikos Karamfyllis est directeur commercial. Craignant les violences policières, il n’a pas participé à la manifestation du 29 juin, mais il a suivi les événements de près sur Internet.
 
Il y a encore un mois, je participais aux marches pour dénoncer les plans d’austérité. Il y avait des familles entières, des mères avec leur poussette. Mais au fil des journées de mobilisation, la police se montrait de plus en plus nerveuse. J’ai décidé de ne pas aller manifester le 29 juin, parce que je savais que ce serait trop dangereux.
 
Le 29 juin, près du Parlement à Athènes. Vidéo publiée sur YouTube
 
Sur la vidéo, on voit des policiers former une ceinture de sécurité autour du Parlement. À partir de 1 minute 35, on voit un casseur [l’homme porte une cagoule, ndlr] qui échange avec un policier. Ils ont l’air très à l’aise, comme si ces deux-là se connaissaient. Cette séquence est bien la preuve que les casseurs et les policiers ont collaboré dans le but de mieux barrer la route des manifestants [les syndicats et l'opposition grecs ont mis en cause les policiers pour avoir collaborer avec des hommes encagoulés, ndlr]. 
 
Le 29 juin, à l'extérieur de la station de métro Syntagma. Vidéo publiée sur YouTube.
 
Pour soigner les blessés, des médecins se sont abrités dans la station de métro Syntagma. Mais les policiers ont fini par s’introduire à l’intérieur, répondant aux jets de pierres des manifestants. Ils ont alors tiré des gaz lacrymogènes dans la station [voir à 2 minutes], où s’étaient réfugiés plein de gens [voir une vidéo à l'intérieur de la station].
 
Le 29 juin, rue Mitropoleos. Vidéo publiée sur YouTube
 
La rue Mitropoleos est une rue piétonne où vont les touristes parce qu’il y a des cafés et des restaurants. Les gars du MAT [la police anti-émeute] ont débarqué en moto comme des cow-boys, alors qu’ils n’avaient aucune raison de passer par là. L’artère, à sens unique, part de la place Syntagma, où se concentrait la mobilisation. Les motards ont emprunté cette voie sans aucun autre objectif que celui de faire du bruit.
 
Vidéo publiée sur YouTube
 
Cette fois, la police est allée trop loin. Les événements de mercredi ont tourné à la guerre urbaine. Hier soir, le chef de la police s’est publiquement excusé à la télévision. Mais cela n’arrêtera pas la colère des Athéniens, à qui on a enlevé le droit de manifester."
 
Ce billet a été rédigé avec la collaboration de Peggy Bruguière, journaliste à FRANCE 24. 

Commentaires

Mais on dirait que toutes les

Mais on dirait que toutes les polices du monde vont à la même école !!

Sont-ils réellement des fonctionnaires recevant des ordres ?

honteux

scandaleux, l'u.e. devrait dire au gouvernement grec que de tels actes sont contre les droits de l'homme...et la moindre des choses est que le chef de la police demissionne....mais rien ne va etre fait , bien sur, comme d'habitude.et la police grecque qui etait aimee et respectee , tombe maintenant dans la demesure et l'abus de pouvoir.

routine...

C'est la routine habituelle... Les méchants policiers contre les pauvres manifestants angéliques... Si les Grecs avaient payé leurs impôts, s'ils respectaient les lois, la Grece ne serait pas en faillite. C'est trop facile de tout mettre sur le dos des banques mais ce n'est pas la réalité. Ça fait des décenies que l'économie grecque est au bord du trou, là, elle est tombée dedans...

on peux dire beaucoup de

on peux dire beaucoup de choses en dehors des événements mais ça serait prudent avant que tu parles...pense -toi d'abord s.v.p....car comme je vois tu ne connais rien pour la situation et bien pour la crise économique...

Non, ce n'est pas la routine.

Je sais bien que les policiers s'en prennent plein la figure la plupart du temps. Mais là ou il y a des évidences que telles personnes ne leur représentent aucun danger (ie. civils à visage découverts, manifestants qui ne sont pas armés et qui ne les insultent pas), ils n'ont pas à agir de telle façon car il n'y a strictement aucune raison.

La police grecque est elle aussi particulièrement corrompue et les policiers sont sans doute biaisés par leurs propres supérieurs. Elle est symptomatique de l'état dans lequel se trouve le gouvernement de ce pays.

Certes, il y a une partie des sociétés ouest-européenne qui mettent tout sur le dos des banquiers en général (plutôt sur le dos de tous ceux qui gagnent un salaire plus élevé que le leur d'une façon générale, c'est contre toute logique méritocratique) et des policiers, alors que ces mêmes personnes semblent bien peu connaître le monde réel et on bien peu traversé les frontières. Mais faut pas abuser, même quand un peuple n'a pas suivi le bon chemin pour éviter une telle situation financière, rien ne justifie que l'on traite des gens normaux comme des casseurs. Les armes des policiers ne devraient servir qu'à leur propre défense et à la défense de toute personne morale innocente, jamais pour attaquer n'importe qui de la sorte.

Pour finir, il y a une fausse note quand même dans cette article (a mon avis) :

- "on voit un casseur [l’homme porte une cagoule, ndlr] qui échange avec un policier. Ils ont l’air très à l’aise, comme si ces deux-là se connaissaient. Cette séquence est bien la preuve que les casseurs et les policiers ont collaboré dans le but de mieux barrer la route des manifestants."

J'aimerais bien savoir comment le/les journaliste(s) a/ont pu vérifier la véracité de cette information, qui n'est issue que d'un seul point de vue (celui d'un partisan de la manifestation contre l'austérité). Cet évènement à lui seul ne peut constituer une preuve, c'est un indice. Il en faudrait plusieurs pour qu'elle gagne en crédibilité, car je vois mal les anarchistes grecs collaborer avec la police, même corrompue.

Ce fait énoncé là, a mon avis, n'engage donc que ceux qui y croient. Le vrai problème n'est cela dit pas moins la façon dont est gérée la police de haut en bas, comme l'ensemble des institutions grecques. Ce pays là va pas se rétablir de suite. L'Union devrait, en plus des obligations financière, poser des obligations d'épuration et de restructuration des institutions publiques grecques, qui semblent en grande partie complètement défaillantes. Comment voulez-vous qu'un pays retrouve progressivement la bonne voie à nouveau avec des organismes publics gérant les finances, le commerce et l'industrie, et l'intérieur (pour ne prendre que le tronc lié au problème) lorsque ceux-ci ne posent aucune garantie qu'ils fassent ne serait-ce que leur travail?

On voit ici que la police ne fait pas son travail comme elle le devrait (il est tout à fait possible qu'elle ne le fasse simplement pas). Mais le vrai problème, c'est que tout est comme cela en Grèce. Les policiers ici ne sont pas le problème, le problème est autrement plus monstrueux et étendu dans les institutions et la société. Cracher uniquement sur les policiers, de fait, ne sert pas à grand chose et fait perdre à un mouvement contestataire toute crédibilité.

Il s'agit bien de provocateurs liés à la police

On n'a pas besoin de connaître l'identité de la personne filmée pour tirer des conclusions de ce que l'on voit: un individu, peut-être repéré par la foule (on entend quelqu'un qui ameute les manifestants en criant "regardez, regardez") est exfiltré de Syntagma, depuis le carrefour de la rue Phillelinon, remontant encadré de policiers tout le côté droit de la place jusqu'à l'entrée du parc qui entoure le parlement, zone entièrement sous contrôle de la police qui ne laisse personne approcher.
cet individu est entouré de MAT (policiers anti-émeute) qui le serrent de près, laissant croire qu'ils sont en train de l'arrêter, arrivés à la zone qui se trouve à droite du monument aux morts, quatre individus s'approchent, remontant eux aussi de la place, qui sont habillés comme des casseurs, ont des casques de moto et des masques à gaz improvisés. Tout ce petit monde passe derrière la guérite, et remonte tranquillement se mettre à l'abri dans le parc au milieu des "forces de l'ordre" .
Ces images ont été montées à la télé en Grèce, le chef de la police a bien tenté de botter en touche en disant qu'on ne voyait pas le bien le début . Qu'à cela ne tienne, on peut vous le remontrer, dix fois si vous voulez, lui ont répondu ses contradicteurs, et une enquête a finalement été ordonnée.

cette émission visible ici : http://www.youtube.com/watch?v=JWZqR_VPeCc

En 2008, les anarchistes ont effectivement fait du dégât à Athènes, pour cette fois la police a su visiblement tirer parti du personnage incontrôlable du koukouloforos (le porteur de cagoule), pas besoin de se mettre d'accord avec eux, il suffit de déguiser quelques flics...

Par rapport à ce commentaire

Par rapport à ce commentaire : " Cet évènement à lui seul ne peut constituer une preuve, c'est un indice. Il en faudrait plusieurs pour qu'elle gagne en crédibilité, car je vois mal les anarchistes grecs collaborer avec la police, même corrompue."

Ce n'était peut-être justement pas un ou des anarchistes grecs qui collaboraient avec la police, mais bien des agents provocateurs de connivences avec la police. C'est une stratégie employée ici au Québec, voir au Canada. Vous voyez grand rêveur que nous sommes tous parfois, nous préférons continuer à rêver que d'admettre la réalité. Notre système démocratique que ce soit en France, au Canada, en Grèce, En Espagne, etc. forme en soit une autocratie lorsque nous voulons contester la forme véritable d'une vraie démocratie.

Lorsque nous accusons les banquiers de mettre à sac toute la planète et ses habitants, et bien vous prouvez nous le contraire.

Si les citoyens accouraient pour secourir leurs camarades qui se font ramasser par 2,3,4,5,6,7 policiers, qu'est-ce qui arriverait ?

Une justice ? Une infraction à la loi ?

Nous n'avons qu'un seul droit. Nous fermer la gueule et faire oui oui comme vous semblez le faire.

Quand c'est non ?



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