Obama en visite à Porto Rico : les indépendantistes brûlent le drapeau américain

Pour la première fois depuis 50 ans, un président américain s’est rendu à Porto Rico, une île des Caraïbes placée sous la tutelle de Washington depuis 112 ans. A dix-sept mois de l’élection présidentielle, la venue (stratégique) de Barack Obama visait surtout à courtiser l’électorat hispanique, très divisé sur ses rapports au continent. 
 
Les militants pour l'indépendance de Porto Rico brûlent le drapeau américain, mardi 14 juin, à San Juan, la capitale. Vidéo publiée sur YouTube par LatinoRebels. 
 
Les indépendantistes, qui refusent que Porte Rico devienne le 51e Etat américain, ont profité de cette visite hautement symbolique pour brûler le drapeau américain. Plus vieille formation politique de l'île, le Parti indépendantiste portoricain (PIP) ne pèse pourtant pas bien lourd dans l'électorat. Il a obtenu 2,4% des voix lors des dernières élections sur l’île, en 2004.
 
Porto Rico jouit du statut d’ "Etat libre associé aux Etats-Unis". Cela signifie que les Portoricains sont des citoyens américains, mais ils n’ont pas le droit de vote à la présidentielle et n’ont pas d’élus au Congrès. Le Parti démocrate autorise néanmoins les citoyens de l’île à participer à sa primaire, ce qui explique la venue de Barack Obama. Dans un discours à San Juan, la capitale, le président a rappelé son soutien au principe de double référendum pour le changement de statut de l’île. Les Portoricains devront choisir d'ici à 2013 entre l’indépendance, l'Etat américain ou la souveraineté associée.
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Commentaires

L'identite d'un peuple: Le Drapeau d'un pays

C'est deplorable un tel geste. Le drapeau d'un pays represente son histoire, son identite, ses hommes dont le peuple Portoricain en fait partie car ils ont participe et continu a participe a l'histoire des Etats unis dont si des membres du parti independantiste le font ils detruisent l'historique que leurs ancetres ont eu du mal a construire.parce que meme aujourdhui sur le plan culture la musique hispanique participe au developpement de la diversite americaine.

Le drapeau n'est qu'un tissu

Le drapeau n'est qu'un tissu imprimé. faut pas en faire ce qu'il n'est pas.arrêtez les rêveries ridicules propres à ceux qui le mal en manque du patriotisme. Il y a mieux à faire qu'à glorifier un tissu imprimé.

Comment faire abstraction de

Comment faire abstraction de la charge symbolique que revêtent à la fois le geste et l'objet? Certes, il est bien ridicule de s'émouvoir de ce que l'on brule ici le symbole d'une nation perçue comme impérialiste -et pour cause! Certes, "le drapeau n'est qu'un morceau de tissu imprimé"... alors pas la peine, en effet, d'en faire des tonnes; on ne va pas criminaliser les responsables de cet acte somme toute symbolique, ni se laisser aller à une sensiblerie ridicule. Voyons plutôt quelles réalités se cachent derrière les symboles.
A l'heure d'aujourd'hui, Puerto Rico demeure sous la tutelle des US qui, malgré les injonctions de l'ONU, refusent de relâcher son emprise coloniale, préférant maintenir cet État dans une situation de pseudo-autonomie singulièrement paradoxale. Depuis 1917, les Portoricains sont considérés comme citoyens américains, mais sine suffragio, sans droit de vote aux élections présidentielles. Cette situation demeure d'autant plus surprenante que la première démocratie au monde, comme se plaisent idéologiquement à être désignée les USA, non sans raisons d'ailleurs (géographique et démographique, notamment), dénie le sacro-saint principe "d'autodétermination des peuples à disposer d'eux-même" à l'État portoricain qui, en décembre 1998, a finalement refusé, par référendum, de devenir le 51 États des US. Ainsi, le statut de Puerto Rico fait que le pouvoir exécutif demeure aux mains du gouverneur de l’île, lequel est élu pour 4 ans au suffrage universel, et que l'île demeure sous la coupe de la loi fédérale. Dans ce contexte, l'État fédéral a réclamé la peine de mort pour deux ressortissants portoricains, alors que la peine capitale est bannie de l’île depuis 1929! Certes, le crime dont se rendu coupables les deux portoricains est parfaitement sordide; mais la question n'est pas même de savoir si la société civile sera lavée d'un crime sordide par le meurtre juridiquement ritualisé des deux inculpés! La question, en l'occurrence, est de savoir si l'état fédéral n'est pas en train de commettre un acte d'ingérence parfaitement inacceptable pour une démocratie qui n'a jamais abandonné l'idée de diffuser à la face du monde les vertus de son modèle et de ses modes de vie.
C'est donc bien un acte de rébellion symbolique (quelque peu puérile) que de bruler la bannière étoilée; mais il illustre le refus des portoricains de voir leur propre histoire et leurs propres institutions bafouées par une superpuissance qui tente d'imposer, au prix d'une violence symbolique inacceptable, son modèle historique à un peuple qui n'en veut pas.



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