À Alep, pas de révolte, sauf chez les étudiants

 
Sur ces vidéos filmées sur le campus d’Alep (nord-ouest de la Syrie), on voit des centaines d’étudiants manifester contre le régime de Bachar Al-Assad, avant que les forces de l’ordre interviennent et procèdent à des arrestations. Dans cette ville où la contestation reste faible, seuls les étudiants se soulèvent. Notre observatrice nous explique pourquoi.
 
Les vidéos sont tournées depuis le bâtiment qui se trouve en face de l’entrée de l’université d’Alep. On entend les personnes qui filment indiquer qu’il s’agit de la nuit du 17 au 18 mai.
 
Vidéo publiée sur YouTube.
 
Vidéo publiée sur YouTube.
 
La vague de contestation a mis un certain temps pour atteindre les grandes villes syriennes, mais Alep demeure tout de même une exception. La deuxième ville du pays ne connaît que des manifestations sporadiques et qui sont quasi-exclusivement menées par les étudiants.
 
Alep est la capitale économique de la Syrie. Elle compte plus de 1,7 million habitants.
Contributeurs

"Alep reste calme car c’est une ville de commerçants"

Oum Chahama habite Alep.
 
Les étudiants qui manifestent ne sont pas d’Alep. Ce sont pour la plupart des jeunes gens venus des autres villes du pays qui vivent dans les foyers universitaires. Ils protestent contre la répression dont sont victimes leurs familles et leurs amis dans leurs villes d’origine.
 
Ces manifestations ont souvent lieu la nuit. En journée, la vie se déroule normalement, à croire qu’il n’y a rien eu la veille. Alep reste calme car c’est une ville de commerçants. Ici, les habitants ont trop peur pour leurs intérêts pour oser se révolter contre le régime. Il y a certes eu quelques rassemblements dernièrement, à l’occasion de la mobilisation nationale du vendredi
 
Mais à peine l’armée est elle arrivée pour disperser les manifestants que tout le monde a déguerpi. D’ailleurs, les forces de sécurité voient bien que les habitants d’Alep ne sont pas aussi déterminés que ceux des autres villes et ils évitent de jeter de l’huile sur le feu. Mes quatre frères ont été arrêtés dernièrement lors d’une manifestation, mais on ne les a gardés que quelques heures au commissariat. On est loin des récits de torture ou des manifestants tués par des soldats qui circulent sur les autres villes.
 
Alep n’est pas non plus une ville frontalière, où la situation sécuritaire est forcément plus tendue. On a du coup l’impression d’être en décalage avec le reste du pays."
Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à France 24.

Commentaires

"Alep n’est pas non plus une

"Alep n’est pas non plus une ville frontalière, où la situation sécuritaire est forcément plus tendue. On a du coup l’impression d’être en décalage avec le reste du pays."
Ce n'est pas parceque les habitants sont "lâches"qu'ils ne manifestent pas.C'est que les hordes des mercenaires n'ont pas d'emprise sur elle(pas une ville frontière).Mais plus grave encore,c'est cette impression qu'on a de moins en moins affaire à des reporters qu'à des "rapporteurs".Ah ,cette Amérique qui a tout corrompu!



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