Des réfugiés palestiniens profitent de la "nakba" pour traverser la ligne de démarcation entre la Syrie et le Golan

 
Dimanche, des milliers de Palestiniens ont commémoré comme chaque année la "nakba" (la catastrophe), date de la création de l’État d’Israël. À cette occasion, et pour la première fois, des réfugiés palestiniens ont réussi à passer au Golan, un territoire syrien occupé par Israël, pour manifester.
 
Tous les ans, les Palestiniens commémorent le 15 mai 1948, date de la création de l’État d’Israël qui a marqué le début de l’exode pour près de 700 000 Palestiniens.
 
Plusieurs manifestations se sont tenues cette année en Israël (Tel Aviv), dans les territoires palestiniens (Jérusalem Est et Bande de Gaza) et dans les camps de réfugiés au Liban et en Syrie.
 
Au Golan, les festivités ont pris cette année une tournure différente. Alors que les réfugiés palestiniens en Syrie se contentent en général d’entonner des champs sur la ligne de démarcation avec le plateau du Golan, ils ont cette fois décidé de forcer les barrages pour accéder à ce territoire occupé par Israël depuis 1967.
 
Les réfugiés palestiniens des camps syriens passent la ligne de démarcation de 200 mètres séparant la Syrie du village frontalier de Majdal Shams dans le Golan. Vidéo publiée sur YouTube.
 
Cette commémoration de la "nakba" ne s’est jamais soldée par un bilan aussi lourd : 12 personnes sont mortes, dans l’ensemble de territoires palestiniens, lors d'émeutes liées à cette journée.
Contributeurs

"Grâce à eux, on s’est aperçu que la zone de démarcation n’était pas minée"

Shefaa Abu Jebal, 25 ans, habite le village de Majdel Shams au Golan. Elle a accueilli les réfugiés palestiniens qui passaient la ligne de démarcation.
 
Nous nous sommes réunis près de la frontière syrienne en début de matinée car nous savions que les Palestiniens des camps de réfugiés allaient venir, c’était annoncé sur plusieurs pages Facebook.
 
Au début, tout se déroulait comme lors des autres fêtes syriennes : des manifestants prenaient la parole à tour de rôle et l’assistance entonnait des chants patriotiques. Mais vers 13 heures, environ deux cents personnes se sont dirigées vers le barrage qui sépare la Syrie du plateau du Golan. Nous étions tous très surpris. Beaucoup d’entre nous ont pris peur au début que la situation ne dégénère, parce que l’armée israélienne aurait pu tirer, mais aussi parce que nous pensions tous que cette zone était minée [au début de la vidéo, on entend les habitants du Golan crier aux Palestiniens de ne pas avancer car la zone est minée]. On s’est aperçu que ce n’était pas le cas.
 
L’armée israélienne a d’abord été prise de court. Israël avait renforcé la sécurité au niveau de la frontière libanaise, mais ne s’attendait pas à ce que les choses prennent cette tournure côté syrien. Les soldats israéliens ont ensuite tiré des gaz lacrymogènes et deux manifestants ont été abattus.
 
Lorsque les Palestiniens sont arrivés de notre côté, nous avons essayé de les protéger et nous avons soigné leurs blessés. Les soldats israéliens nous ont laissé faire car nous leur avions promis que nous reconduirions ensuite les Palestiniens du côté syrien. Avant de les reconduire à la frontière, nous avons échangé avec eux les drapeaux syriens et palestiniens et ils ont emporté une poignée de terre du Golan.

"Nous avons demandé aux Palestiniens s’ils avaient été incités par les autorités syriennes à venir manifester"
 
Certains disent que cette commémoration arrangeait les autorités syriennes car elle détournait l’attention de ce qui se passe en Syrie. Alors nous avons demandé aux Palestiniens s’ils avaient été incités par les autorités syriennes à venir manifester, mais ils ont nié. Je pense pourtant que ces milliers de réfugiés palestiniens n’auraient pas pu se réunir près des frontières sans l’accord tacite de l’armée syrienne.
 
Je pense que d’autres manifestants vont renouveler l’expérience, surtout que nous savons maintenant que la zone qui nous sépare de la Syrie n’est pas minée. Mais les Israéliens ont tiré aussi les conséquences de ce qui s’est passé dimanche. La présence militaire israélienne est déjà plus importante et on parle à la télévision israélienne de renforcer la barrière de sécurité, notamment en y posant des mines. La police israélienne circulait aujourd’hui à Majdel Chams pour contrôler l’identité de nombreux habitants. On sentait qu’ils voulaient rappeler leur présence."
Cet article a été rédigé encollaboration avec Sarra Grira, journaliste à FRANCE 24.

Commentaires

Rectification

Le journaliste a écrit "Tous les ans, les Palestiniens commémorent le 15 mai 1948, date de la création de l’État d’Israël qui a marqué le début de l’exode pour près de 700 000 Palestiniens.". Ceci est tendancieux et je me permettrait de proposer la phrase suivante: Tous les ans, les Palestiniens commémorent le 15 mai 1948, date de la création de l’État d’Israël qui a marqué le début de l'attaque de la coalition des pays arabes contre cet état, guerre perdue provoquant l’exode de plus de 700 000 Palestiniens." (Officiellement 711'000).

Et ton message il est pas

Et ton message il est pas tendancieux hein?

Rien que des faits.

Non non, rien que des faits. Y-at'il un seul point contestable dans ce que j'ai écrit?

excusez-moi, mwa pa parlé trè

excusez-moi, mwa pa parlé trè biain phranssait, ça veu dir kwa "entonner des champs"?

"entonner des champs"

C'est ce qui se passe quand on a trop fumé d'herbe.



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